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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES

"Avec Julie Barennes nous n’étions pas amis au départ"

Julien Guérineau - 10/08/2020
FIBA
En 2005, en République Tchèque, l’Equipe de France U20 remporte le premier titre européen de son histoire dans la catégorie.

Avant la spectaculaire collection signée Arnaud Guppillotte, Francis Denis était le grand spécialiste des podiums chez les jeunes. Champion d’Europe avec les U16 en 2001, son arrivée à la tête des U20 pour un Euro 2004 disputé à domicile s’était conclue sur une médaille d’argent après une défaite en finale contre la Russie. Un an plus tard, Denis retrouvait une génération 85-86 qu’il avait mené au titre en U16. "Elles savaient comment je fonctionnais", souligne-t-il. "Et réciproquement. Je ne pense pas qu’il y avait de la lassitude. J’avais envie de gagner. Et elles aussi. Mais l’équipe n’était plus la même."
Le principal changement est l’absence au cœur de la raquette d’Elodie Godin. A 20 ans, la Berruyère est déjà un élément important de la rotation d’Alain Jardel chez les A. Sans elle les Bleuettes sont condamnées au small ball avant l’heure. Pas une joueuse ne dépasse les 1,86 m et l’inquiétude est bien réelle de ne pas tenir le choc dans la peinture. "Mais j’ai toujours été sur le podium. Donc le but c’était toujours d’être dans les 4", sourit Francis Denis. "Certaines avaient progressé mais nous n’étions pas au complet. C’est un problème récurrent avec les U20."

Sur le terrain, l’équipe trouve rapidement son rythme de croisière. Elle rend une copie parfaite en préparation : 7 matches, 7 victoires. Et l’installation à Brno, en République Tchèque ne grippe pas la belle machine. Mieux même, lors des rencontres serrées, la France trouve systématiquement la solution. L’Espagne (+4) et l’Ukraine (+1) sont écartées et le tableau final s’ouvre devant les Tricolores.  La Grèce ne fait pas un pli en demi-finale (+25) et la Pologne, malgré un avantage énorme de taille sur tous les postes, n’oppose pas beaucoup plus de résistance (+15). Quatre ans après le titre européen en U16, la génération 85-86 s’offre un deuxième sacre. Avec comme artificière en chef Julie Barennes, magistrale dans les moments les plus chauds : 31 points et 15 rebonds contre l’Espagne, 38 points dans le dernier carré. Celle qui est aujourd’hui installée sur le banc de Basket Landes et l’exigeant Francis Denis n’avaient pourtant pas débuté leur collaboration du bon pied : "J’ai appris à la découvrir. Quand elle est arrivée, nous n’étions pas vraiment amis", en rigole le coach. "C’est une fille qui avait l’habitude de vivre très décontractée. En totale contradiction avec ce qu’on attendait. Et c’était contagieux. Ils nous arrivaient souvent de nous fâcher. Mais elle était compétitrice. Et lors de ma dernière compétition j’en ai fait ma capitaine. On a gagné cinq médailles ensemble."

Chez ces U20 2005, Florence Lepron et Pauline Krawzczyk poursuivront leur parcours chez les A. Fatimatou Sacko et Johanne Gomis sont devenus des piliers de la LFB. D’autres ont rencontré le succès loin des parquets. Pas une surprise pour Francis Denis. "Au-delà du potentiel basket, sur le plan humain c’était des filles qui savaient réussir. Des filles de très grande qualité. Je prends l’exemple de Clarisse Costaz, qui a fait Sciences Po. J’ai toujours défendu le fait qu’il n’y avait pas que le basket qui compte. Il faut assumer sa vie au-delà du terrain."