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Coupe du Monde FIBA 2014

Chef d'oeuvre absolu

Julien Guérineau (à Madrid) - 10/09/2014
Bellenger/IS/FFBB
L'Equipe de France a réalisé un exploit exceptionnel en battant l'Espagne 65-52 à Madrid. Elle se qualifie pour les demi-finales de la Coupe du Monde pour la première fois de son histoire.
Tenir, tenir, tenir. Le plus longtemps possible. Pour instiller le doute, faire naître la peur. La peur de s’effondrer devant une salle toute entière acquis à leur cause et un pays qui n’attend qu’une finale face aux Etats-Unis. Vincent Collet avait une idée bien précise de la manière de bousculer l’Espagne et a eu quasiment quatre jours pour préparer ses troupes techniquement et psychologiquement. Son plan de jeu il ne l’a bien évidemment pas dévoilé mais ses troupes l’ont appliqué à la lettre lors d’un match absolument remarquable. 
 
A machacar titrait le grand quotidien sportif Marca mercredi matin. "Ecrasez-les". Le soir, les "Orenga dimisión" descendaient des travées d’un Palacio de Deportes incrédule. Devant le roi, l’Espagne est sortie de "sa" Coupe du Monde, dominée par une Equipe de France qui a maîtrisé son sujet pendant 40 minutes ou presque. La deuxième attaque du tournoi (88,2 points par match) a été totalement étouffée, trahie par son adresse extérieur (2/22 à trois-points) et sortie de sa zone de confort par des Bleus qui ont rayé de la carte Marc Gasol et Serge Ibaka (2/14, 6 rebonds) et limité l’impact de Pau Gasol. Grâce à un contrôle impeccable du rebond défensif et une concentration de tous les instants, qui n’a laissé que deux points en contre-attaque aux locaux, la France a presque constamment fait la course en tête et porté l’estocade dans le dernier quart-temps (23-9) dans le sillage de Thomas Heurtel et Rudy Gobert. "La voie était très étroite et il fallait absolument respecter ce que nous avions décidé de faire", souriait Vincent Collet en conférence de presse.
 
Et malgré la jeunesse de son effectif, l’Equipe de France est restée strictement fidèle à sa partition, n’en déviant que quelques instants lors du troisième quart-temps. "Mais même lors de nos passages difficiles, la digue n’a jamais lâché", notait Collet, soulignant au passage la performance de ses deux pivots. Joffrey Lauvergne (10 rebonds) et Rudy Gobert (13 prises) ont en effet régné dans les airs, n’offrant quasiment aucune seconde chance à leurs vis-à-vis.

 
En attaque, Boris Diaw, en difficulté depuis plusieurs matches, a montré la voie, plaçant deux tirs primés dans le premier quart-temps pour éviter tout risque d’embrasement de la salle. "Il a été exceptionnel parce qu’il a lancé le match et ensuite il n’a cessé de rameuter les troupes. La première difficulté ce soir était que les joueurs soient convaincus que tout ce qu’on disait n’était pas que des paroles." Ils l’ont fait de bout en bout, infligeant à Pau Gasol sa première défaite face à la France après une série de dix succès commencée en 2001.
 
Reste que malgré l’énormité de l’exploit, la France va devoir rapidement retomber sur terre pour aller chercher la première médaille mondiale de son histoire. "On connaît le fonctionnement de ces championnats", mettait immédiatement en garde Vincent Collet. "J’ai vu jouer les Serbes avant de venir et ils ont été énormes. La règle qui veut qu’on a du mal à battre deux fois la même équipe dans un grand championnat peut s’appliquer à nous. L’idée est ne pas gâcher. Il reste trois très fortes équipes dont une au-dessus du lot. Les deux autres sont dans nos cordes mais je pense qu’elles nous sont légèrement supérieures. Mais cette équipe mérite d’aller chercher une médaille."
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