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Hommage à Danielle Peter
Décès de Jean-Pierre Dusseaulx
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« A-po-llo… A-po-llo… »

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« J’étais un joueur ouvert, qui discute avec tout le monde, naturel. C’est peut-être pour ça que les gens m’adoraient. »
Ainsi parle aujourd’hui Serigne Cheikhloun Faye, dit Apollo, d’une période où toute une ville, un département, une région, ont été envoutés par ce géant franco-sénégalais parfois indolent, par séquences irrésistible, généralement joyeux et blagueur, quelquefois boudeur, toujours charismatique. Avant l’avènement de Richard Dacoury, davantage qu’Ed Murphy aussi discret dans la vie de tous les jours qu’il était boulimique sur les planches, Apollo a personnifié le Limoges CSP, en France, en Europe et encore plus intra-muros. Dans son livre Trans Korac Express, Jean-Luc Thomas, alors journaliste au Populaire du Centre, raconte une journée d’Apollo. « 15 heures, le voici qui prend son café dans un bar chic du centre ville. Comme à son habitude il a sacrifié à l’élégance. Tiré à quatre épingles, « Polo » parle basket, plaisante avec ses fidèles, nombreux fidèles, sans être dupe le moins du monde de sa propre popularité. Pas folle la guêpe : voilà une vedette qu’on tutoie facile, mais à qui on ne tape pas sur le ventre, outre qu’il a, de ce point de vue, une stature aisément dissuasive. Le garçon un peu cabot qui accueille tout sourire les compliments de circonstance, est beaucoup plus volontiers la star amie des enfants, dont la sincérité ne souffre aucun doute. »

Apollo Faye et les grands bonhommes verts sont alors des incendiaires, ils ont mis le feu à une ville si calme d’apparence -« le milieu de nulle part » dira Ed Murphy- peu habituée aux émotions sportives, mais solidaire, attachante, bucolique. « Même les gens qui en partent y reviennent alors qu’ils sont dans le Sud, à Nice, en Espagne. La preuve, j’étais à Montpellier et je suis revenu » témoigne Apollo. « Tout le monde se connaît, tu ne passes pas inaperçu. Il y a trois trucs à Limoges : Legrand, la porcelaine et le basket. La religion, c’est le basket. »

A peine excessif. Et les ouailles se sont démultipliées lorsque le CSP est passé de l’église, la salle des Sœurs de la Rivière, à la cathédrale Beaublanc à l’architecture tarabiscotée mais bruyante, aux tribunes latérales plongeantes, et à la capacité extensible presque à l’infini avec ses pourtours à mi-hauteur. « On avait peur qu’il y ait des courants d’air dans le Palais des Sports, qu’il soit à moitié vide. On s’est trompé. Les gens venaient en bus de Toulouse, Clermont, Brive, Châteauroux, Clermont, et Beaublanc était à chaque fois plein. » A son inauguration en 1981, Polo était donc le grand prêtre qui fascinait en gobant la balle dans sa main tel un pamplemousse, en roulant des yeux exorbités, et qui assurait mieux que quiconque le service après-vente. « Il faut dire aussi que la mentalité ici c’est que les gens veulent se montrer,  « j’y étais ! » Alors oui, pour les gros bonnets c’était bien de serrer la main d’Apollo, « c’est notre Apollo national » comme ils disaient. » L’impact fut d’autant plus violent que le triomphe de 1982 passa en direct à 20h30 sur Antenne 2 devant des millions –non déterminés- de téléspectateurs et que pas mal de matches étaient diffusés sur l’antenne de FR3 Limousin.

Apollo, 60 ans, est revenu il y a 13 ans en Haute-Vienne, pour gagner avec Beaune-les-Mines la Coupe du Limousin (!) et surtout devenir VRP pour Midi Pyrénées Synthèse et rayonner sur cinq départements. Il prend place toutes les deux semaines à Beaublanc dans son fauteuil rouge central et constate chaque jour qu’il n’est pas un Roi déchu. « Je suis reconnu jusqu’en Dordogne, en Charente, c’est dingue. Il n’y a pas longtemps j’ai démarché un client en Creuse. La Creuse c’est mort. Je dis bonjour à la dame, je me présente… Ne vous en faites pas, on vous connaît, on vous a tellement regardé à la télé. Si on pensait qu’un jour on vous verrait ici ! » Elle appelle son mari : « viens voir, on a notre Apollo ! »
A son apogée, Apollo avait déclaré à Maxi sur le ton de l’humour, « si je me présentais aux municipales, je serais sûrement élu maire. » Au Sénégal aussi Serigne Cheikhloun était une star. « Arrivé à l’aéroport, tout le monde dit : il est là ! Des tas de gens me courent après. Surtout pour du pognon. Ils croient que je suis Crésus. »

Le décollage d’Apollo
« Des gens se disent « Apollo, c’est américain. Il doit venir des Etats-Unis. »
Le père tient une petite entreprise de menuiserie et maçonnerie à Dakar. Le fils quitte l’école au niveau de la 3e. Il est remarqué par les recruteurs de l’Association Sportive des Forces Armées du Sénégal au moment du service militaire. Sa stature, forcément, ne peut pas laisser indifférents les entraîneurs de basket. Il bosse pour rattraper son retard à l’allumage. Sa technique est encore précaire mais son décollage vertical si impressionnant que le général Diallo le surnomme « Apollo » en référence à la fusée américaine qui est allée jusque dans la lune. « Il y a peu de salles et c’est même difficile, par exemple, de trouver de bonnes chaussures de sport pour les basketteurs. Moi, c’était mon cordonnier qui me les faisait sur mesure… avec un bout en plastique. »
Apollo dispute plusieurs championnats d’Afrique et puis la finale des clubs champions au Caire avec le Dial-Diop de Dakar contre le Hit-Trésor de Bangui. En face Mathieu Bisseni, future sommité d’Orthez et son équipier avec les Bleus, et comme coach Charles Tassin, un ex-international. Tassin lui indique la direction de la France. Apollo n’est pas refroidi par le climat européen, il déteste la chaleur. En revanche, il n’a pas encore assimilé les subtilités des règlements. Il dit « oui » à tout le monde, Oloron, Brest, Cabourg. Il choisit finalement Cabourg, cité balnéaire à une petite trentaine de kilomètres de Caen, mais à cause de toutes ces licences signées il est suspendu un an. Apollo est impétueux et les ennuis avec la fédé ne sont pas terminés. « Par la suite, j’ai pu faire monter Cabourg en Nationale 2 mais j’ai été suspendu pour avoir craché à la figure d’un arbitre lors d’un match à Limoges » explique t-il alors dans L’Equipe.
Apollo se plaint continuellement de douleurs aux pieds. « Fait-il du cinéma ? » se demandent alors joueurs et fans. « Il n’y a que mon pédicure et moi qui pouvions savoir » répond-il aujourd’hui. « Ça m’a pris au Sénégal et ça dure toujours. Je suis obligé de me couper les cornes sinon je souffre. Ça fait gonfler les pieds. Après les matches ça m’empêchait de dormir, rien que le frottement contre les draps. C’était horrible, tu peux tuer quelqu’un ! » Et il rit. Jaune.
Fêtard
En Nationale 2, Limoges croise le destin de Cabourg et d’Apollo. « Je m’entendais bien avec Richard Billet, que je considère comme un frère, et Lionel Moltimore. Après le match Richard m’a sorti en boîte de nuit. Les gens m’ont dit « on a vu le match, t’es super spectaculaire, c’est ce qu’il manque à Limoges, l’année prochaine il faut venir jouer ici. »
A l’évidence, Apollo est chaudement recommandé par l’Américain. Comment ne pas être impressionné par ce pivot hors normes de 2,08 m et 110 kg ? Seulement la réputation du natif de Dakar peut faire peur. Est-il caractériel, fêtard, enfant gâté, incoachable ? Le Caen BC, club phare de 1ère division, a préféré ne pas prendre le risque alors qu’Apollo vit en ville et est prêt à jouer gratuitement !
« Une réputation de fêtard et d’indolence découragèrent les velléités de recrutement qui auraient pu effleurer les esprits caennais ou berckois » écrit Jean-Luc Thomas. « Si bien que, lorsque l’on entend épisodiquement à Limoges que Faye n’en fait qu’à sa tête et que les voies de la motivation sont chez lui bien impénétrables, il faut se souvenir que si ces reproches n’avaient pas été formulées, le CSP n’aurait peut-être jamais eu dans ses rangs le meilleur pivot français. »
« Moi, je ne me prive de rien. Le soir, par exemple, j’aime bien bouffer avec des copains et de temps en temps après les matches, je vais en boîte. Le patron m’offre le champagne. Je suis un peu le roi ici. Tout ça ne m’empêche pas de me concentrer sur le basket. C’est une question de choix dans son rythme de vie » dit-il, avec retenue, dans un reportage que Maxi-Basket lui consacre dans son numéro 5 où Polo apparaît en couverture, magnifique, en smoking et nœud pap’.
« Oui, j’aime faire la fête, mais si je l’avais toujours fait, je n’aurais jamais joué au basket » rigole le sexagénaire. « J’aimais bien aller me promener mais ce n’est pas pour ça que je me soûlais la gueule. Tiens, la veille de la demi-finale de Coupe Korac contre Zadar, je me suis dit « Apollo soit sérieux », je suis resté chez moi mais je n’ai pas fermé l’œil de la nuit et sur le terrain j’ai été nul. »
Le CSP a pris le risque car il sait qu’en cas de succès il va toucher le jackpot. Avec Apollo en son centre, une telle artillerie lourde, il possède une guerre d’avance sur l’adversaire et peut concentrer son recrutement américain sur des extérieurs et des ailiers-forts. Et Polo va faire preuve d’une étonnante capacité d’adaptation. Le deuxième marqueur de la Nationale I (l’équivalent de la Pro A) se meut en joueur de devoir sous le règne d’André Buffière. Rebond et dissuasion succèdent aux cartons. « Je pouvais marquer 50 points si je le voulais mais il y a des matches où je n’ai même pas voulu marquer le moindre panier. J’étais seul, je ressortais la balle. C’était ça notre force, on voulait que Limoges soit devant, c’est tout. On avait un bon meneur, Sénégal, Dacoury, et surtout notre Charlie Chaplin (Ed Murphy) Personne ne voulait tirer son épingle du jeu en disant « je suis meilleur que l’autre ». On n’était pas liés en dehors du basket mais on s’entendait bien sur le terrain, on ne s’engueulait jamais. »
« La première année, c’était difficile » se souvient le bientôt nonagénaire André Buffière. « C’était le patronage là-bas, tout le monde tapait sur le ventre du président, c’était la catastrophe. D’ailleurs la première chose que l’on a faite c’était de partir en Amérique, à Houston. Ils récompensaient les gars avant d’avoir un résultat ! J’ai essayé de faire un entrainement, impossible, il y avait 50°. Ils n’arrivaient pas à l’heure aux entrainements… La première fois Faye m’a dit qu’il avait crevé, j’ai fait semblant de le croire ! »
Maître de cérémonie
« Le basket j’en n’ai pas fait pour le pognon mais juste pour vivre » insiste Apollo. « D’ailleurs j’en ai gagné davantage en 2e division à Montpellier. »
A l’époque dans le Popu, Apollo explique son choix : « je discute souvent avec des joueurs d’autres clubs et je ne suis pas loin de penser que Limoges a les meilleurs dirigeants de France. Chacun est à sa place dans le club et on n’y profère jamais de paroles en l’air. Toutes les promesses sont tenues. »
Pas trop d’argent, mais beaucoup de gloire. Apollo a largement contribué à la conquête des deux Korac consécutives (1982 et 83), les deux premières dans un sport collectif pour un club français. Ainsi à Rome, le CSP exécute le Bancoroma pourtant en tête du championnat d’Italie sur deux derniers lancers-francs du pivot franco-sénégalais. « J’étais très concentré comme à chaque fois que je veux faire quelque chose de bien » dira-t-il au micro de Claude Monnerie, le journaliste de FR3. Dans l’avion des supporters, au retour de Berlin, haut lieu de la finale de 83, Apollo, à la manière des hôtesses, distribuera les rafraîchissements, proposera à chacun un autographe en remontant le couloir rangée par rangée et en taillant la bavette avec qui le veut. A l’arrivée à l’aéroport de Limoges, c’est encore lui qui sera le maître de cérémonie pour déclencher l’hystérie. Ses 18 points, sa puissance, avaient fait vaciller une deuxième fois le Sibenka Sibenik de Drazen Petrovic. A plus de 30 ans, il était devenu l’un des pivots les plus redoutables du continent. Par pics plus que dans la régularité.
« Si j’étais parti à Orthez à l’époque, Limoges aurait-il eu le même trajet ? » se demande-t-il avec le recul, révélant que l’Elan Béarnais du temps du coach Jean Luent l’avait pris en chasse. « Ils me proposaient 100.000 F » assure t-il. « J’ai dit pourquoi pas. Seulement à l’époque il fallait une lettre de sortie pour changer de club sinon il fallait attendre deux ans sans jouer, Limoges n’a jamais donné le feu vert. »
Son départ de Limoges s’est fait en grinçant et encore aujourd’hui la plaie est toujours ouverte. « Avec tout ce que j’ai fait pour le CSP, il n’y a pas eu de reconnaissance. Des gens me demandent pourquoi je ne rentre pas au club, pour recruter ou former des jeunes, mais c’est à eux de me le demander. »
Et si Apollo avait été pris en mains plus tôt, si la concurrence en France avait été plus féroce l’obligeant à se mettre en quatre pour conserver son statut, si les portes de la NBA n’avaient pas été alors fermées à triple tour pour tout ce qui n’était pas Américain ? « Pour Bob Purkhiser (joueur et coach américain des années 70), il avait sa place en NBA » rapporte André Buffière. Avec des si… Serigne Cheikhloun n’aurait pas été Apollo, le Darryl « Chocolate Thunder » Dawkins du basket français avec ses clowneries à ravir les foules. Dawkins ? Un jour de novembre 82 alors que l’équipe de France est en tournée aux Etats-Unis, Apollo marche dans les rues de Manhattan en compagnie de Richard Dacoury. Un type l’aperçoit, le prenant pour la superstar des New Jersey Nets :
- Hey Darryl ! J’ai vu ton match hier, t’es un mec super.
« Moi mort de rire » raconte Apollo. « Je lui ai fait des dédicaces en signant Darryl Dawkins. Le mec tout content nous tape dans les mains. J’ai regardé Richard. « Qu’est-ce qu’il me raconte ? Je suis plus beau que Dawkins ! »
Démissions
L’équipe de France ? Une relation amour-haine. 79 sélections ramassées de 1979 à 1983 et une de rab deux ans plus tard. Une belle aventure dans la feu Coupe Intercontinentale. Un fiasco aussi, à Beaublanc, à l’Euro’83 face à l’Italie. 13-42 après 12 minutes de jeu. Le public qui conspue Apollo lassé de ses caprices et qui réclame « Vestris… Vestris » à corps et à cris. Un crime de lèse-majesté pour Appolo 1er, Roi de Limoges. « On a dit qu’on m’avait vu en boîte de nuit » raconte-t-il près de 30 ans après les faits. « On était logé à l’hôtel du Golfe et moi j’habitais rue François Perrin. Ce soir-là tout le monde est sorti en ville, je suis resté chez moi. Sauf qu’à l’époque on écoutait de la musique pour se concentrer avec des walkmans. J’aimais la musique funk. J’ai demandé à (Pierre) Dao (le coach) la permission pour aller chercher une K7 dans une boîte, Le Moulin des Cendrilles. Le DJ m’en préparait une mais l’enregistrement n’était pas terminé. Je me suis assis au bar, d’habitude je prenais un whisky, là j’ai bu un jus d’orange. Je n’ai rien fait de mal. J’ai pris la K7, je suis rentré chez moi. Seulement les journalistes ont écrit « on a vu Apollo en boîte de nuit. »
Au-delà de l’anecdote qui à l’époque fit scandale et servit d’illustration –avec le départ à l’aube en pleine compet’ d’Alain Larrouquis mécontent de son temps de jeu- au « manque de professionnalisme » des internationaux, Apollo reste un peu amer sur cette période en bleu : « j’ai démissionné trois ou quatre fois de l’équipe de France. J’étais en colère sur le coup et après je réfléchissais, il ne fallait pas que je lâche. J’avais des copains, Bisseni, Larrouquis, Brosterhous, les deux de Limoges. Mais à l’époque, il y avait des joueurs protégés et dans une équipe ça fout la merde. On me reprochait de faire ça et un autre qui faisait pire à côté, on ne lui disait rien. Je disais « vous n’allez pas me casser les couilles, je me barre ! »
Récemment Apollo a pris une décision : sa vie, ses mémoires, il va les raconter dans une autobiographie. Il cherche un éditeur et un collaborateur. Un personnage, une histoire comme celle de Serigne Cheikhloun Faye, on n’en reverra pas avant plusieurs lunes dans le basket français. Et même dans le sport français.
 

Catégorie: 
Surtitre: 
Apollo Faye, Limoges 1977-85
Poids: 
-994
Auteur: 
Pascal Legendre
Date d’écriture: 
Jeudi, 2. Mai 2013
Vignette: 
Chapeau: 
Journaliste spécialisé dans le basket depuis 30 ans, fondateur de Maxi-Basket et de divers magazines de sport, auteur du blog Ilovebasket.com, Pascal Legendre nous propose ici un article sur Apollo Faye.Jamais basketteur français n'a été aussi adulé qu’'Apollo à Limoges. Beaublanc et la salle de la rue des Soeœurs de la Rivière résonnent encore de son surnom scandé par un public qui découvrait le basket.

Lefèbvre, le 1er Français drafté en NBA

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Le reportage est daté de février 1961. On voit le géant débonnaire déambuler dans Paris du côté de la place de la République. Les rues sont pavées et un flic avec un képi agite son bâton blanc pour faire la circulation. « Jean-Claude Lefèbvre, le géant du Racing, a recouvré la santé et continue de se promener dans la rue, comme vous et moi, en suscitant simplement un peu de curiosité de ci, de là » commente la voix off. Le Parisien entre dans une cabine téléphonique, forcément en se baissant. Il prend le combiné et appelle un interlocuteur imaginaire. « Ici Jean-Claude Lefèbvre, 2,18 m, 125 kilos, pointure 55… Bien voilà, vous savez tout. »
Ensuite, pendant cinq minutes, les téléspectateurs de l’ORTF eurent droit au même plan fixe : le basketteur et le journaliste assis à la table d’un restaurant. C’est incroyablement kitch. Jean-Claude répond avec un sourire imperturbable à quelques questions dont certaines, avec le recul, nous apparaissent bien sottes. On y apprend que son père fait 1,87 m et sa mère deux centimètres de moins, qu’un arrière-grand-père avait été mesuré à 1,97 m, et aussi que Jean-Claude « n’ose pas remonter plus loin car j’ai peur de trouver des ascendants qui seraient plus grands que moi. A 10 ans, lorsque j’ai fait ma communion, je me rappelle que j’étais plus grand que le curé qui faisait déjà 1,75 m. »
Sinon Vincent Pourchot (2,22m), Jean-Claude Lefèbvre est le plus grand basketteur français de tous les temps, à égalité avec Frédéric Weisz et, pour situer son gigantisme, il faut savoir que la Nationale 1 de l’époque - la Pro A actuelle - ne dénombrait que neuf double mètres. Jean-Paul Beugnot et Pierre Cordevant représentaient les cimes françaises avec leurs 2,04 m. Jean-Claude a tout d’abord pratiqué le lancer du poids au CA Montreuil. Victime d’une entorse du genou, il ira consulter à l’INS le docteur Andrivet, qui le mettra en relation avec Robert Busnel, alors entraîneur de l’équipe de France de basket.
Busnel est persuadé avoir capturé l’oiseau rare avec ce jeune fils de paysan originaire d’Epiais-les-Louvres, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Paris. Lefèbvre laisse tomber les études et Busnel lui donne des cours accélérés de basket quatre heures par jour. Il a déjà 18 ans et ne sait rien faire avec un ballon et ses deux mains. « Pas de muscles, pas de vitesse, pas de détente mais une réelle volonté de réussite malgré les ampoules et les courbatures » écrit Gérard Bosc dans Une Histoire du Basket Français… « Le garçon souffre aussi de quelques difficultés hormonales et porte, comme Krouminch - un pivot soviétique qui a la même taille -, quelques stigmates de gigantisme. Retenu très rapidement en équipe de France - première sélection en février 1957 - il ne fait pas l’unanimité bien que ses prestations ne soient pas mauvaises. A Roanne, où Busnel le place pour s’aguerrir, il n’arrive pas à s’exprimer et perd une année. » De fait, jusqu’à la fin de sa carrière, Jean-Claude va souffrir de l’incompréhension de ses équipiers, de ses adversaires, des autres et de leur « normalité »…

L’université de Stockton et Turiaf
Robert Busnel, lui, estime que le géant peut être l’arme fatale lors des Jeux Olympiques de Rome. Lorsque Jim McGregor le découvre lors d’un tournoi aux Pays-Bas et propose de l’envoyer en formation dans une université américaine, Busnel incite son protégé à tenter l’aventure. McGregor est un globe-trotter polyglotte, qui coachera quantité d’équipes à travers la planète et sera longtemps un agent de joueurs incontournable. « Jolly Jim » a notamment entraîné le Whitworth College à Spokane, dans l’Etat de Washington, entre Seattle et Portland. C’est là-bas qu’il va envoyer le Français, mais dans la fac concurrente, l’université de Gonzaga, une institution privée catholique. Son antre habituel est alors le Gonzaga gymnasium qui ne peut recevoir que 1 500 spectateurs, mais l’équipe peut éventuellement être abritée par le Spokane Coliseum, qui est doté d’une capacité de 7 500 places pour le basket-ball.
Il faut bien comprendre que la NCAA est alors, vue d’Europe, un monde aussi inconnu que les galaxies de l’amas du Centaure. A notre connaissance, Lefèbvre est le premier Français à s’y rendre, du moins dans un major college.  « C’était l’université où avait étudié le chanteur Bing Crosby et je me souviens qu’il avait fait un don pour construire une bibliothèque » nous avait commenté Jean-Claude. C’est bien plus tard que le dreamteamer John Stockton rendra la fac célèbre, puis que Ronny Turiaf et le Brésilien du Mans João Paulo Batista revêtiront le maillot des Bulldogs.
C’est un pote du coach Thor Henry Anderson qui a payé les billets d’avion. Un reportage dans Sport Illustrated raconte que Lefèbvre est arrivé sur place muni de ses pyjamas, de serviettes de toilette, d’une garde-robe modeste mais bien taillée, et de « neuf mots d’anglais » Et aussi d’une paire de baskets, taille 17, trop petite pour lui. Il lui faut du 19, mais pas un magasin n’en possède en ville. Un chausseur promet d’en fournir au plus vite une paire avec une semelle en éponge. Lefèbvre doit suivre des cours d’anglais - avec un professeur particulier -, de théâtre français depuis 1930, d’histoire de la littérature française, de tragédies de Racine et d’économie. « Comme je ne parlais pas anglais, j’ai dû obtenir une autorisation spéciale pour être accepté au college. La première année, j’ai passé les examens en français. La seconde, en anglais. Les études, le basket, c’était quelque chose de sérieux. Je me souviens que trois joueurs avaient été surpris un soir dans une taverne et ils avaient été virés aussitôt de l’équipe. » Sports Illustrated précise que « Lefèbvre a rapidement acheté un dictionnaire français-anglais, quatre bouteilles de lotion de rasage, un appareil photo et un ordinateur portable (sic) pour étudier les schémas de jeu et le tableau noir d’Anderson. » Notre homme se fait également dix dollars d’argent de poche par semaine en effectuant quelques tâches sur le campus, notamment en installant des étagères en hauteur dans la bibliothèque !

50 points dans un match
Le Spokane Chronicle salue l’arrivée du Français, dans sa langue natale, d’un « Golly, Quel Homme ! »  A l’évidence, la présence du big man provoque une grosse effervescence dans la région. Le prestigieux magazine Life viendra également faire un reportage sur le phénomène. Anderson, qui fait à la fois fonction de coach et de promoteur, estime alors que le nombre d’abonnés va passer de 300 à plus d’un millier. « Il semble se déplacer parfaitement et je suis satisfait de son agilité. Son hook shot est vraiment bon pour un big man, mais il a besoin d’expérience, notamment au rebond »  commente-t-il.
La suite des événements ? Elle s’est perdue dans le temps ou reste probablement enfouie dans la mémoire collective des vieux fans de Gonzaga. Les archives nous délivrent juste quelques pistes.
Lefèbvre est équipier de Frank Burgess, qui sera trois fois le top-scoreur de l’équipe - 32,4 points de moyenne en senior, ce qui sera le meilleur score de toute la NCAA -, avant de jouer professionnel à Hawaï dans l’American Basketball League, puis de devenir avocat. Ça n’empêchera pas Jean-Claude, le 18 février 1958 - merci au media guide de Gonzaga ! - de marquer 50 points - avec 20 paniers et 10 lancers - contre Witworth, dans ce que l’on peut appeler le derby de Spokane. Aujourd’hui encore, cette marque constitue la deuxième performance all-time de l’université de Gonzaga derrière les 52 points de Frank Burgess, accomplis trois ans plus tard. Lefèbvre nous dira avoir joué contre un certain Elgin Baylor de l’université de Seattle qui sera ensuite une star des Lakers et un piètre general manager aux Clippers. On n’en sait guère davantage, sinon qu’après le retour du Français au pays, Sport Illustrated notera « qu’après avoir essayé sans succès de faire un basketteur du Français de 7 pieds et 3 pouces Jean-Claude Lefèbvre, Gonzaga continue l’expérience avec un grand Grec George Trontzos, 2,15m, et un Suédois de 2,05m, Hans Albertson. »
« Busnel m’avait envoyé aux Etats-Unis pour que je me perfectionne avec, comme objectif, les Jeux de Rome. Malheureusement, je suis tombé malade et je ne suis pas allé aux JO. Ma maladie s’est prolongée durant un an et je ne suis pas non plus retourné à Gonzaga. Je n’ai pas eu ainsi le loisir de passer mes diplômes » expliquera Jean-Claude.

Il n’ira jamais aux Lakers
Sa draft ? Cette saison-là - 1959-60 -, la National Basketball Association ne compte que HUIT équipes, réparties dans deux Divisions, sachant qu’il n’y en a aucune dans toute la partie ouest du pays. C’est justement le moment que choisissent les Lakers pour partir de Minnesota et emménager à Los Angeles. Ils draftent au 1er tour un certain Jerry West de West Virginia, qui sera leur emblème - et celui de la NBA - pendant quatre décennies. Et puis, ce sont Jim Hagan, Wally Frank… Jean-Claude Lefèbvre est retenu au 9e tour, en 64e position Le premier Français et, probablement, le premier « véritable » Européen de l’Histoire.
Quelle importance accorder à cette draft ? Très relative. Un 9e tour, c’est un gadget. C’est bien sûr son immense taille qui a fait de Jean-Claude Lefèbvre un pionnier. Et puis, les Lakers, en installant la franchise en Californie du Sud, ont cherché à recruter dans le Far West, avec notamment John Werhas de USC et Sterling Forbes de Pepperdine. « Je ne me rappelle plus très bien comment j’ai été averti. Par courrier, je crois. Ce dont je suis sûr, c’est que j’étais déjà revenu en France lorsque j’ai appris la nouvelle. Non, je ne suis pas allé faire le camp des Lakers. De toute façon, comme je le disais, j’étais tombé malade et je ne pouvais plus jouer au basket. » D’ailleurs, si Jan-Claude entretiendra toujours une correspondance avec ses anciens équipiers, plus jamais il ne remettra les pieds aux USA.
Après avoir passé trois mois alité et un an sans jouer, Jean-Claude Lefèbvre portera le maillot du Racing Paris en 2e division. On le verra ensuite à Antibes et Charleville. Entre 1956 et 1963, il aura porté 57 fois le maillot de l’équipe de France avec, à la clé, le Championnat du monde à Rio. Il marquera d’ailleurs à cette occasion 21 et 22 points contre l’URSS. « Jean-Claude était moins physique qu’un Krouminch, mais plus mobile. C’est pour cela, à mon avis, qu’il a intéressé les pros. Comme il avait commencé le basket très tard, il aurait été mûr vers trente ans » nous commentera Jean-Paul Beugnot, considéré à l’époque comme l’un des meilleurs pivots européens.
En fait, Jean-Claude Lefèbvre mettra un point final à sa brève carrière à 26 ans. Il avait entamé des études de kiné à Charleville, tout en étant aide-moniteur dans un centre de rééducation. Et puis, il retournera dans la ferme de ses parents, pour faire de l’élevage de poules, de la céréale, de la betterave. Un peu plus tard, il s’occupera d’une équipe féminine d’un village voisin. On verra plusieurs fois son imposante stature lors de matches à Coubertin, à Paris. Il décèdera en 1999. Sans trop savoir qu’il a marqué à jamais l’histoire du basket français.


Histoire d’un scoop
En 1960, il n’y avait pas Internet, peu de moyens de communication, le basket américain snobait totalement le reste du monde. Combien de basketteurs français s’étaient rendus aux Etats-Unis ? Une poignée non identifiable. « C’est lui qui m’a expliqué ce que voulait dire « drafté ». Je ne connaissais pas ce mot-là. Pour nous, ça ressemblait à une sélection régionale ou quelque chose comme ça… »  nous dira Jean-Paul Beugnot.
Trente ans plus tard, la NBA n’était toujours pas installée en Europe, et se rendre à un match NBA était encore une Aventure avec un grand A. La National Basketball Association ne nous abreuvait pas encore de communiqués et pour obtenir ses fameux media guides, et ses écritures sacrées, il fallait les commander en espérant que le club accepte de nous les envoyer en payant lui-même les frais postaux ! Celui des Los Angeles Lakers, saison 88-89, est tombé entre les mains de l’auteur de cet article, qui s’est mis à le parcourir religieusement. Page 36, un chapitre intitulé « Laker story ». Et cette illumination : « Claude Lefevre (sic) » de Gonzaga au 9e tour de la draft de 1960… Personne à l’époque n’était au courant en France ! Vraiment. C’était une sorte de scoop à retardement. Nous étions remontés jusqu’à Jean-Claude Lefèbvre grâce aux indices donnés par Jean-Paul Beugnot. Il était donc cultivateur en banlieue parisienne. Les témoignages des deux géants du basket français des années 50 inclus dans cet article datent de cette époque. Jean-Paul a rejoint depuis Jean-Claude au paradis des basketteurs.

Pascal Legendre

Catégorie: 
Surtitre: 
Amicale des Internationaux
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Mardi, 16. Avril 2013
Vignette: 
Chapeau: 
Journaliste spécialisé dans le basket depuis 30 ans, fondateur de Maxi-Basket et de divers magazines de sport, auteur du blog ilovebasket.com, Pascal Legendre nous propose ici un article sur Jean-Claude Lefèbvre qui avec ses 2,18m est devenu, il y a un demi siècle, le premier Français drafté par une franchise NBA, les Lakers qui passaient alors de Minneapolis à Los Angeles. Il nous explique comment l'’événement est devenu un scoop trente ans plus tard.

A la découverte de Max Joseph-Noël

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Max Joseph-Noël : « J’avais honte que ma femme gagne plus d’argent que moi »

Il fut le premier international venu des Antilles. Max Joseph-Noël, 73 ans aujourd’hui, fut une météorite dans le ciel du basket français. Son parcours atypique est vraiment étonnant.
« Les journalistes sont toujours en train d’exagérer ! Je mesure 1,92 m. On m’a signalé à 1,94 m et même parfois 1,96 m. J’ai par contre une envergure de 2,05 m et je sautais un peu plus haut que les autres mais surtout avec les bras, j’allais piquer des balles ou les contrer. C’était ma spécialité comme Serge Ibaka ! Je jouais pivot, j’étais l’un des plus petits du championnat. Je faisais 80 kg à mon arrivée en métropole et après une année j’ai pris 7-8 kg sans faire de muscu. Robert Busnel, qui était le patron de l’équipe de France, disait « faire de la musculation, ça enlève de l’adresse ! » Alors que l’on voyait aux actualités les pros américains, et même les universitaires, qui étaient solides. Il est allé aux Etats-Unis, il a fait venir Bob Cousy (NDLR : meneur de jeu emblématique des Boston Celtics des années 50-60, d’origine française), il a été ébloui, et il fallait tout faire comme les Américains. Comme quoi…

René Lavergne disait de moi que je n’étais pas bon car j’étais un produit de Monoprix ? Pourquoi ? Joe Jaunay était l’entraîneur de Caraman, à 25 km de Toulouse qu’il a fait monter en 1ère division. Je le rencontre à Printafix, un concurrent de Monoprix, en plein centre de Toulouse.

- Monsieur, vous me reconnaissez, je suis Joe Jaunay, le meilleur entraineur de basket de la région.

- Non monsieur !

- Êtes-vous intéressé pour jouer au basket ?

Je lui ai donné mon adresse et il m’a dit qu’il m’écrirait. J’étais sportif mais je n’avais pas fait de sport de haute compétition dans ma jeunesse car à 11 ans j’ai eu le genou gauche pété suite à un accident et on m’avait interdit de faire du sport. J’en ai fait en cachette à Fort-de-France, un peu de foot, un peu de basket. Je suis arrivé en France à 17 ans pour faire ma terminale. Après avoir vu Jaunay, et sans nouvelles de sa part, je suis allé au TUC, le club universitaire, mais on ne s’est pas occupé de moi. Le hasard a voulu que je le rencontre une deuxième fois, l’été suivant, toujours à Printafix. Il avait perdu mon adresse et il m’a demandé si ça m’intéressait toujours, je lui ai répondu que oui.

Tout le mois de juillet il m’a entrainé tout seul, trois heures le matin, trois heures l’après-midi. J’ai débuté de zéro mais j’étais un athlète. En deux mois il m’a appris à récupérer et à remettre dedans. J’avais interdiction de dribbler en match. Dès septembre je me rendais trois fois par semaine à Caraman pour les entrainements. C’était la seule équipe de 1ère division avec un terrain macadamisé en plein air. Il y avait 2.000 habitants dans le village, c’était vraiment le basket à la campagne. J’ai débuté en 1ère division en octobre contre le Racing Club de France qui était champion de France !

Je n’ai joué qu’une année à Caraman. Jaunay est tombé malade, il y a eu un clash avec les dirigeants, le club est descendu en 2e division. Louis Bertorelle, notre vedette, est parti au RCM Toulouse avec Boyer qui faisait 1,96 m. J’ai suivi Jaunay à Castres en Régionale 1. J’ai continué à me former et c’est là que j’ai rencontré ma femme. J’ai rejoint le RCMT, de 1960 à 65. Il y avait Bertorelle et en meneur de jeu mon meilleur ami, Jean Luent (NDLR : futur entraineur d’Orthez et de l’équipe de France).

En 64, à la demande de l’entraîneur André Buffière, j’accepte de faire des stages au Bataillon de Joinville et je suis retenu en équipe de France militaires. Il y avait Alain Gilles, Daniel Ledent, Jacky Renaud, on est champion du Monde à Damas !

J’ai fait ensuite 12 ou 13 matches en équipe de France mais il n’y en a que 7 qui ont compté (NDLR : d’avril 64 à janvier 65). Et là, j’ai dit « terminé ! » J’ai arrêté ma carrière à 27 ans. J’étais en plein boom, mais on était des amateurs chef ! J’étais chargé de famille et j’avais honte que ma femme gagne plus d’argent que moi. J’ai passé mon concours en octobre 1965 et je suis devenu directeur d’hôpital public. J’ai eu des propositions de La Vendéenne de La Roche/Yon et du Stade Clermontois en N2. Refus. Je travaillais 60h par semaine. J’ai été en poste à Dreux et j’ai quand même été entraineur-joueur à l’Alliance, en Régionale.

J’ai suivi l’Euro cet été et j’étais présent à Toulouse pour le France-Canada. Je préfère le basket féminin car les filles jouent plus en équipe. Ah ! si… Jordan, Magic, Bird, Pippen, la Dream Team de Barcelone, ça c’était du basket collectif ! »

Propos recueillis par Pascal LEGENDRE

Catégorie: 
Surtitre: 
Amicale des Internationaux
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Jeudi, 4. Avril 2013
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Chapeau: 
Journaliste spécialisé dans le basket depuis 30 ans, fondateur de Maxi-Basket et de divers magazines de sport, auteur du blog ilovebasket.com, Pascal Legendre nous propose ici une interview de Max Joseph-Noël, le premier Antillais à avoir porté le maillot de l’'Equipe de France (7 sélections en 1964 et 1965).

Max Dorigo, l’'ailier avant-gardiste

Corps: 

 

Né de parents italiens, Maxime Dorigo commence le basket à 14 ans. Il prend la nationalité française lors de son service militaire. C’est pourquoi ses coéquipiers le surnomment affectueusement "Le Rital". A l’aise à mi-distance et en pénétration, l’ailier est un redoutable attaquant. Elégant dans son style de jeu, Max Dorigo peut aussi bien prendre les tirs que faire des passes pour ses partenaires. Il se révèle au championnat d’Europe en 1959 et explose au Mondial en 1963. Il est le meilleur marqueur de ce Mondial et fait parti du meilleur 5. Après cette compétition internationale, il reçoit des propositions de Milan et Varèse, mais il préfère rester fidèle à son club de coeur, l'Alsace Bagnolet, avec lequel il remporte trois titres de champion de France.

Voir le vidéo sur Maxime Dorigo 

 

CV Max Dorigo

Né le 27 septembre 1936 à Paris
1, 92 m
Ailier

En Equipe de France 


Nombre de sélections : 71Nombre de points : 846
Record : 30
Première sélection : le 6 avril 1958 à Barcelone (Espagne) contre l’Espagne
Dernière sélection : le 25 mai 1966 à Paris contre la Chine
- 1 Mondial (1963)
- 1 Euro (1959)
- 1 JO (1960)

Palmarès en Equipe de France  

Médaillé de bronze à l’Euro (1959)

En club


Parcours :
JA Charonne (1950-1955), JDA Ménilmontant (1955-1957), Alsace Bagnolet (1957-1972).
Titres : Champion de France (1961, 1962, 1967)

Palmarès individuel 


Meilleur marqueur du championnat du Monde (1963)Elu dans le meilleur cinq du Mondial (1963)
MVP français (1963)

Distinctions 


Ordre National du mérite : 1971Elu à l’Académie du Basket : 2004
Gloire du Sport : 2011

 

 

Catégorie: 
Surtitre: 
Amicale des Internationaux
Poids: 
-994
Auteur: 
Anne SEIGNER
Date d’écriture: 
Jeudi, 28. Mars 2013
Vignette: 
Chapeau: 
Pour faire vivre l’'histoire du basket au travers de ses « Légendes », l'’Amicale des Internationaux présente une nouvelle vidéo historique consacrée à Maxime Dorigo dit « Max ». Cette vidéo, format 2 mm, a été réalisée par Lorrain FLORES.

Le programme 2013 de l'Amicale

Corps: 
L'Amicale des Internationaux a mis son programme 2013 en ligne. 
Chaque membre de l'Amicale, peut s'incrire dès à présent, pour les différents évènements organisés par la FFBB auprès de Dorothée DIOP
@ffbb.com>
 
Prochain rassemblement : l'Assemblée Générale de l'Amicale des Internationaux qui se tiendra à Paris le samedi 4 mai, un moment fort pour parler des projets 2013 et se retrouver pour un dîner convivial le samedi soir.
 
Le lendemain, 5 mai, les Internationaux sont invités par la FFBB à assister aux Finales de la Coupe de France à Paris-Bercy.
 
Les Internationaux seront également présents lors des matches de préparation des Equipes de France (féminine et masculine) à l'Euro 2013, pour les soutenir.
 
Alors "Tous avec les Bleu(e)s" !
 
Retrouvez le programme de l'Amicale des Internationaux en cliquant ici.
Catégorie: 
Surtitre: 
Amicale des Internationaux
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Mardi, 26. Mars 2013
Vignette: 
Chapeau: 
Retrouvez l'agenda 2013 de l'Amicale des Internationaux.

Décès de Suzy Bastié

Corps: 
La Fédération Française de BasketBall adresse toutes ses condoléances à la famille et aux proches de Mme Suzy Bastié.
 
Les obsèques seront célébrées ce mardi 19 mars à 17h en l’église St Jean de Gaillac (81600). 
Catégorie: 
Surtitre: 
Décès
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Lundi, 18. Mars 2013
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Chapeau: 
Suzy Bastié est décédée ce dimanche 17 mars à l’âge de 79 ans. Sous le maillot de l’'Équipe de France, elle avait participé aux Championnats d'’Europe 1956 et 1958. Elle fût également entraîneur-adjoint de l'Équipe de France féminine de 1968 à 1980 et décrocha une médaille d'’argent au Championnat d'’Europe de 1970.

Cathy Malfois, la référence des années 80

Corps: 

Cathy Malfois débute à 15 ans en Nationale 1 au Clermont Université Club et en Equipe de France à 17 ans. Elle a participé, avec l’arrivée de Pierre Galle, à la montée en puissance de l’AS Montferrand avant de retourner chez le voisin clermontois. Douée techniquement et athlétiquement, l’arrière a étonné par ses capacités et sa facilité. Après le CUC, elle est la première Française à jouer à l’étranger, précisément à Gdansk, en Pologne. Elle est l'une des meilleures joueuses françaises des années 80. Elle est élue dans le top 5 de l'Eurobasket 1977 et dans le top 10 des joueuses du 20e siècle par le magazine Maxi Basket. Après sa carrière de joueuse, elle enchaîne sur celle d’entraîneur. Enfin elle n’oublie pas de transmettre son expérience en écrivant un premier ouvrage sur le mini-basket puis un second sur l'entraînement des adolescents.

Cathy Malfois
Née le 5 août 1955 à Paris
1,81 m
Arrière

En équipe de France
Nombre de sélections : 166
Nombre de points : 1713
Record : 32
Première sélection : le 22 février 1972 à Novi Sad (Yougoslavie) contre la Yougoslavie
Dernière sélection : le 11 septembre 1987 à Cadix (Espagne) contre la Suède
- 1 Mondial (1979)
- 4 Euros (1976, 1978, 1980, 1987)

En club
Parcours joueuse : Clermont UC (1965-1974), Monaco (1974-1975), Toulon (1975-1976), Gdansk (Pologne, 1976-1977), Toulon (1977-1978), Gdansk (Pologne, 1978-1979), Clermont UC (1979-1981), AS Montferrand (1981-1986).
Parcours entraîneur : Assistante Equipe de France Juniors Féminine (1987), Besançon (NF3, 1987-1988), Bourges (1988-1992), Châteauroux (1992-1994), Assistante Equipe de France A’ Féminine (2001), Responsable du Pôle Espoirs de Bretagne (1999-2002).

Titres joueuse :
Meilleure jeune sportive de l'année (1972, tous sports confondus),
Championne de France (1971, 1972, 1973, 1979, 1981).

Titres entraîneur :
Coupe de France (1990, 1991)
Championnat de France N1B (1991)
Championnat de France N2 : 1995

Palmarès individuel :
MVP du championnat de France (1985, 1986)
Elue dans le top 5 européen (Euro 1977)

Distinctions :
Elue à l’Académie du basket : 2008

Anne Seigner

Catégorie: 
Surtitre: 
Légendes du basket
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Mardi, 12. Mars 2013
Vignette: 
Chapeau: 
Pour faire vivre l’'histoire du basket au travers de ses « Légendes », l’Amicale des Internationaux, soutenue par la FFBB, présente une nouvelle vidéo historique consacrée à Cathy Malfois. Cette vidéo, format 2 min, a été réalisée par Solène Salvador.

Louis Bertorelle, précurseur du jump shoot

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Recruté par Joé Jaunay, l’ailier s’initie au tir en suspension à la JS Caraman. Avec son bras roulé légendaire, il fait les beaux jours de Toulouse. Joueur technique, adroit, excellent shooteur, l’international était redouté de ses adversaires. Sélectionné 63 fois sous le maillot tricolore, il dispute les Jeux Olympiques en 1960. Après sa carrière il entraîne et suit toujours le club toulousain. Figure du basket français, il s’est éteint en début d’année.

CV Louis Bertorelle

Né le 5 août 1932 à Saint Juéry
Décédé le 27 février 2012 à Seilh
1, 90 m
Ailier
En équipe de France
Nombre de sélections : 63
Nombre de points : 301
Record : 20
Première sélection : le 24 avril 1952 à Milan (Italie) contre la Suisse
Dernière sélection : le 10 septembre 1960 à Rome (Italie) contre la Hongrie
- 1 mondial (1954)
- 2 euros (1955, 1957)
- 1 JO (1960)

En club
Parcours : Saint Juéry Olympique (1948-1951), JS Caraman (1951-1956), CEP Lorient (1956-1957), JS Caraman (1957-1958), RCM Toulouse (1958-1971).

Palmarès individuel : 3 060 points en Nationale 1

Distinctions :
Académie du basket : 2008
Médaille de bronze Jeunesse et Sports : 2005
Médaille d’or FFBB : 1999

Catégorie: 
Surtitre: 
Nouvelle vidéo « Légendes du basket »
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Vendredi, 21. Décembre 2012
Vignette: 
Chapeau: 
Pour faire vivre l’'histoire du basket au travers de ses « légendes », l'’Amicale des Internationaux, soutenue par la FFBB, présente une nouvelle vidéo historique consacrée à Louis Bertorelle. Cette vidéo, format 2min, a été réalisée par Lorrain Flores.

Dubuisson récompensé aux Gloires du Sport

Corps: 
« Cette cérémonie était super ! », relate, enthousiaste, l’ailier qui a porté 259 fois le maillot de l’équipe de France. « C’était dur émotionnellement, j’ai eu la chair de poule toute la soirée ». Le détenteur du record de points inscrit en bleu (51 points en 1985 face à la Grèce) évoque sans détour un destin hors du commun. Après sa carrière de basketteur, il en entame une d’entraîneur. Alors qu’il doit renouveler son contrat avec Nancy, il est victime d’un accident de moto en 2001. « A cause de ce grave accident, je ne pouvais plus entraîner, plus faire mon métier et le basket c’était toute ma vie, ça été très dur. Etre récompensé comme ça aujourd’hui, c’est génial », avoue Dub qui ne boude pas son plaisir.
Le soutien de son épouse Madlena, une légende également du basket féminin européen, l’a aidé à s’en sortir. Professionnellement il rebondit grâce à Jean-François Lamour, «  je suis entré au Ministère des Sports de la Jeunesse de l’Education Populaire et de la vie associative à la Direction Départementale des Alpes Maritimes, je m’occupe des grands événements sportifs et je suis référent handicap. Après trois ans comme stagiaire, j’ai été titularisé. J’ai de la volonté, je suis reparti », explique celui qui est en train d’écrire un livre bibliographique.
Ravi de revoir des champions comme Patrice Martin ou Michèle Mouton eux aussi gloires du sport 2012, Hervé Dubuisson a reçu l’éloge de Xavier Le Cerf. « C’est un grand ami, il était témoin à mon mariage, c’est un petit frère, l’éloge était génial ».
 
Hervé Dubuisson rejoint le cercle fermé des basketteurs qui ont reçu ce titre. Il est le 9e après  Robert Busnel (1994), André Buffière (1995), Anne-Marie Colchen (2002), Jacky Chazalon (2003), Alain Gilles (2007), Roger Antoine (2008), Max Dorigo (2011) et Richard Dacoury (2011).
 
La 20e édition des Gloires du Sport a célébré
Jean-Claude Brondani - judo
Roger Closset - escrime
Jean Cottard – personnalité
Brigitte Deydier - judo
Hervé Dubuisson – basket-ball
Patrice Martin – ski nautique 
Michèle Mouton – sports automobile
Claude Piquemal - athlétisme
Florian Rousseau - cyclisme
Philippe Streiff - personnalité.
 
L’Amicale des Internationaux félicite Hervé Dubuisson.    
 
Catégorie: 
Poids: 
-994
Date d’écriture: 
Lundi, 17. Décembre 2012
Vignette: 
Chapeau: 
Lundi 26 novembre au CNOSF, Hervé Dubuisson a reçu avec émotion et fierté, le titre de Gloire du Sport.

Une rue Jacques Cachemire à Pointe à Pitre

Corps: 

Le Guadeloupéen Jacques Cachemire est fier d’être ainsi honoré, « l’honneur au travail ? Oui,  pour le travail ? Oui, dans mon style de travail ? Oui !  Dans ces conditions, cette récompense agrémenterait ma panoplie sur la belle philosophie de la vie. Tout bonheur se trouve dans le travail… ». L’ailier aux 250 sélections en équipe de France et aux 2837 points apprécie ce rôle « d’éclaireur. C'est comme ouvrir une porte vers l'espoir à tous ceux qui comme moi viennent des quartiers défavorisés. Le travail a un goût, je l'adore... ».

Un jour peut-être il habitera dans la rue qui porte son nom. Avant de venir jouer en Métropole en 1967, le basketteur jouait sur le terrain de la place de la Victoire, « il y avait un vrai engouement », se souvient-il. Justement en souvenir de cet engouement la mairie vient de lancer un programme d’aménagement d’un terrain sur cette place. « On trouve des terrains à New York, Madrid, Barcelone, Paris, Pékin, Rome, Moscou, pourquoi pas à Pointe à Pitre ? », s’interroge le double champion de France.

Elu à l’Académie du basket en 2007, Jacques Cachemire souhaite transmettre ses connaissances, « j'aime mon sport et je me considère toujours comme un professionnel». Il est prêt à relever de nouveaux défis.

Pour en savoir plus : http://www.calameo.com/read/001713565d49a0a868352





 

Catégorie: 
Surtitre: 
Hommage
Poids: 
-994
Auteur: 
Amicale des Internationaux
Date d’écriture: 
Mardi, 30. Octobre 2012
Vignette: 
Chapeau: 
Pointe à Pitre a inauguré les 18 et 19 octobre un nouveau quartier issu du programme de transformation urbaine. Un équipement public porte le nom de Roger Bambuck, le sprinteur et deux rues sont appelées rue Jacques Cicofran et Jacques Cachemire pour honorer les basketteurs qui ont marqué leur génération. Ces champions sont « un exemple d'’engagement, de réussite et d’'abnégation », affirme le maire Jacques Bangou.

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