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NM1 - Saison 2019/2020

« Faire aussi bien, voire mieux »

25/05/2020
Crédit Photo : Aurore Vitré
Julien Cortey revient pour nous sur sa première année sur le banc de l’Aurore, l’impact incroyable de Robert Turner III et les ambitions de Vitré pour la saison prochaine.

Pouvez-vous nous faire un retour rapide sur la saison de votre équipe ? Il y a eu des hauts et des bas mais au final une qualification dans le groupe B.
Oui je commencerai exactement avec cela : des hauts et des bas mais avec un état d’esprit remarquable et des joueurs qui n’ont jamais lâchés mentalement. C’était ma première saison hors de Feurs, je m’étais mis un peu en danger de ce côté là dans un club où il y a eu un changement de président également. C’était une année de transition pour moi et pour le club qui vivait sa 2ème saison en NM1.
A la vue de tout cela j’ai pris cette saison très au sérieux car je savais qu’elle pouvait être risquée. On a alterné le bon et le moins bon, on a eu du mal à trouver de la stabilité jusqu’à la fin de la première phase où l’on a été capable de battre Tours, Caen ou Dax par exemple. On finit à 13V-13D, donc si on parle en terme de résultat c’est très satisfaisant car on a fait mieux que la saison précédente. Et au classement, nous terminons avec Bordeaux derrière les gros budgets du championnat. Mais quand on regarde le contenu je trouve que l’on a été trop inconstant à certain moment.


Cette saison on a pu assister à des énormes performances de Robert Turner III, il sera toujours des vôtres la saison prochaine, pouvez vous nous parler du joueur mais aussi de l’homme ?
Rob c’est un bon coup du mercato de l’été dernier. Il sortait d’Espagne où il n’avait pas fini la saison, j’ai eu de bons échos sur lui par Fabrice Courcier qui l’avait coaché à Orchies.
En tant que joueur il a fallu qu’il trouve ses marques comme tous les nouveaux en début de saison, surtout qu’il a un jeu un peu atypique. Il faut lui laisser le temps car au final il apporte vraiment une plus-value à l’équipe que ce soit en attaque mais aussi en défense. Il a besoin de liberté, on a appris à se découvrir, nous avons mis un peu de temps à trouver nos marques et s’il fait une saison aussi énorme c’est que ses coéquipiers l’ont suivi et accepté complètement son rôle.
Il ne fait pas qu’attaquer, toute la saison c’est lui qui a quasiment toujours défendu sur le meilleur joueur d’en face, il a un état d’esprit irréprochable, il bosse beaucoup. Son professionnalisme le rend légitime dans son rôle aux yeux de ses coéquipiers. 
Il a un très bon shoot à mi-distance mais aussi à trois points, il attaque fort le cercle, pour moi c’est un joueur qui est surdimensionné pour la division.
Au delà du basket, c’est un super mec. Il est humble, gentil, il pense aux autres avant lui, il a toujours un mot pour ses coéquipiers. C’est l’opposé de ce qu’il peut dégager sur le terrain où on peut le penser arrogant. Dans un groupe il est génial.

Un joueur comme cela, c’est difficile à retenir ?
Financièrement on était loin de pouvoir s’aligner sur plusieurs propositions, certaines venaient de Pro B. Rob ne pense pas à très court terme mais plutôt à moyen terme. Il sait qu’il a besoin de la confiance de son coach, il sait qu’il a un jeu atypique et qu’il ne peut pas fonctionner avec tout le monde. C’est surtout un gros compétiteur, un homme de challenge et il a été séduit par le projet de construire l’équipe autour de lui. C’est quelque chose qui se fait très rarement en France de construire autour d’un étranger, il s’est senti valorisé et il a envie d’amener Vitré le plus haut possible.

Il y a eu déjà quelques mouvements dans l’effectif pour la saison prochaine, quelles seront les attentes en 2020/2021 ?
On va déjà essayer de faire aussi bien que cette année voir mieux. Même si on sait qu’avec la crise et les budgets qui baissent on est encore un peu dans le flou. Dans le jeu on veut avoir plus de stabilité, j’ai aussi une volonté d’apporter plus de qualité physique à l’équipe, je suis un coach qui suis plus axé sur la défense donc renforcer cet aspect défensif que l’on avait déjà cette année. 
L’idée c’était d’ajouter des profils un peu plus physiques pour être plus impactant de ce côté là du terrain.

La situation actuelle change t-elle des choses dans la façon de recruter, échanger avec les joueurs ?
Ça change un peu la donne dans la communication mais sinon pas tellement. Je suis quelqu’un qui anticipe, je savais les profils  de joueurs que j’allais chercher depuis un moment. Il y a des contraintes financières qui ont changé bien évidemment mais sur les joueurs et les postes que je recherchais j’étais déjà préparé.
Avec les joueurs, on communique beaucoup sur What’sApp. Au lieu de leur donner un programme de préparation physique je leur donne plutôt des conseils pour faire attention à leur corps. Cela fait 2 mois qu’ils sont chez eux, ils ont perdu en masse musculaire, ils ont perdu en VMA… donc ils ne peuvent pas réattaquer directement comme si de rien était. Je veux surtout faire de la prévention en disant : doucement, chaque chose en son temps.


On entend beaucoup parler de la belle ambiance dans la salle de la Poultière, vous pouvez nous en dire un peu plus ?
J’ai joué à la Poultière la saison dernière avec Feurs, ce qui m’avait marqué c’est que le public est à 50cm, on sent leur souffle dans le dos. C’est vraiment un chaudron, les supporters sont très proches du terrain, il n’y a pas beaucoup d’espace donc quand on joue pour Vitré on se sent porté par ce public.
J’ai l’image du duel entre Turner et Turpin avec le public qui les accompagne, c’était impressionnant.
Il y a un vrai public, 900 abonnés, il y a des gens qui passent la semaine à l’entrainement, beaucoup de bénévoles, il y a un vrai engouement basket ici. On le sent le samedi soir, les gens arrivent tôt, il y a même un peu de monde au shooting du matin.
On affiche salle comble presque tous les matchs, pour de la NM1 c’est formidable. Pour nous c’est vraiment un avantage de jouer à domicile.