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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES

"Favoris ? Ils étaient Champions d’Europe U16 !"

Clément Daniou (FFBB) - 01/08/2020
FIBA
Dans des conditions très particulières, la génération 98 va mettre la main sur la médaille d’or lors du Championnat d’Europe U18 2016.

Un Championnat d’Europe U18 qui se déroule en plein mois de décembre. C’est ce qu’a vécu la génération 98 lors de l’année 2016. Initialement prévue au mois de juillet en Turquie, la compétition est décalée en fin d’année. La raison ? Dans la nuit du 16 au 17 juillet, une partie de l’armée turque tente d’organiser un coup d’État afin de renverser le pouvoir en place et son président Erdogan, sans succès. "Il faut savoir que ça a été très compliqué pour cette équipe. En plus de la tentative de coup d’État en Turquie, il me manquait un garçon comme Killian Tillie qui était blessé ou encore la nationalité de Sekou Doumbouya qui n’existait pas au mois de juin mais qui existait en octobre suivant", analyse Tahar Assed, entraîneur de l’équipe et actuel Directeur du Pôle France BasketBall. Championne d’Europe U16 en 2014, la génération 98 emmené par Frank Ntilikina et Baptiste Tchouaffé arrive donc à Samsun avec l’étiquette de favori collée en grand sur le front. "C’était aussi bien dans la tête des adversaires que dans celles des joueurs", note Tahar Assed.

Placés dans la poule de la mort en compagnie de la Russie, la Slovénie et la Serbie, les Bleuets vont être incroyables de maîtrise et se qualifier pour les quarts de finale en étant invaincus. Après avoir renvoyé à ses études la Bosnie-Herzégovine, la France va renverser l’Italie et la Lituanie pour s’octroyer le titre suprême sous l’impulsion d’un Ntilikina de gala (23 points, 9 passes décisives à 8/11 puis 31 points à 11/16 dont 7/10 à 3 points). "Ce qui m’a le plus intéressé dans cette compétition c’est d’avoir réussi à créer un intérêt commun. Quand on sait qu’au départ tous les joueurs n’étaient potentiellement pas tous présents ou que certains se questionnaient sur l’effectif, il a vite fallu trouver un vecteur commun pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde."

Plus qu’une somme d’individualités, l’équipe coachée par Tahar Assed est étonnante de partage et d’entraide. En retrait et peu en réussite sur les trois matchs de poule, le leader Frank Ntilikina fait grise mine. Bien secondé par Sekou Doumbouya, dominateur et meilleur scoreur de l’équipe même s’il participe alors au Championnat d’Europe avec deux ans d’avance, celui qui sera surnommé The French Prince par les fans New-Yorkais quelques mois plus tard va se réveiller progressivement pour éclabousser de son talent les matchs à enjeux. "Il a fait un super travail en demi-finale et en finale. Il a pris le leadership et c’est à ça que l’on reconnait les grands joueurs. C’était extraordinaire mais si les autres n’avaient pas été à la hauteur lors des premiers matchs, est-ce qu’il aurait pu finir de cette manière ? On  va d’abord remercier tous les copains qui ont bossé dès le premier match", lance Tahar Assed. Avant d’enchaîner. "S’il n’y avait pas eu des joueurs comme Baptisté Tchouaffé, Bastien Vautier, Digue Diawara… Tous ces garçons que l’on met parfois dans l’ombre à côté de joueurs comme Ntilikina. Ils ont mis la main à la pâte pour qualifier l’équipe. J’accorde autant d’importance à ceux qui ont qualifié l’équipe. Puis Frank nous sort deux derniers matchs de très haut niveau et on le remerciera jamais assez pour ça."

Dix ans après la génération 88-89, l’Équipe de France U18 masculine est de nouveau sur le toit de l’Europe. Aujourd’hui et avec du recul, cette génération 98, bien aidé par Sekou Doumbouya (2000) et Ivan Février (1999), peut se targuer d’avoir réussi là où beaucoup ont échoué. En plaçant trois joueurs en NBA puisque Adam Mokoka s’est greffé aux deux autres précédemment cités, un top joueur de Jeep Élite en la personne d’Abdoulaye N’Doye et pléthores de joueurs à surveiller de très près comme Bathiste Tchouaffé, Digue Diawara, Ivan Février ou Bastien Vautier, elle peut aisément être considérée comme un millésime.