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Coupe du Monde FIBA 2014

La France jouera pour le bronze

Bellenger/IS/FFBB
Julien Guérineau (à Madrid) - 12/09/2014
L’Equipe de France a été dominée 85-90 par la Serbie vendredi soir à Madrid. Il lui faudra rapidement surmonter sa déception puisqu’elle retrouvera le parquet dès 18h00 samedi face à la Lituanie. En jeu une place sur le podium, une première dans son histoire au Mondial.
Si la recette n’allait pas être la même, Vincent Collet avait prévenu ses troupes : "ne pas oublier le mode d’emploi." C’est malheureusement ce que les Bleus ont fait contre la Serbie, notamment lors d’une première mi-temps ratée au cours de laquelle Milos Teodosic a livré un véritable récital. L’entraîneur tricolore avait pourtant fait du chef d’orchestre serbe l’ennemi public numéro un. Si la Serbie a joué le plus beau basket du tournoi en huitième puis en quart de finale, elle le doit en grande partie au meneur du CSKA. Mais le génial barbu a bénéficié de largesses que son immense talent lui a permis de pleinement exploiter. "Nous n’étions pas redescendus de notre nuage contre une équipe tout à fait prête", analysait Vincent Collet. "Il y a des choses sur lesquelles nous avions beaucoup insisté et que nous n’avons pas faites. On voulait défendre haut et on les a attendus à la ligne à trois-points pendant toute une mi-temps. Nous avons été immatures sur certaines séquences, certains comportements. Tout le monde voulait, j’en suis sûr faire un grand match. Mais ce n’est pas suffisant. Le grand match il faut le faire ensemble. On ne bat pas la Serbie en demi-finale d’une Coupe du Monde avec des individualités mais en respectant ce qu’on a mis en place. Et en première mi-temps on ne l’a pas fait."
 
La feuille de stats de Teodosic lors des 20 premières minutes tenait ainsi du sublime : 18 points à 7/8 aux tirs, 3 passes décisives. Dans son sillage c’est toute la ligne extérieure serbe qui se régalait. Alors que la France avait laissé l’Espagne à 52 points mercredi soir, elle en avait concédé 46 en une mi-temps contre la Serbie. "Teodosic met beaucoup de tirs mais quand on le laisse jouer évidemment qu’il met dedans", pestait Evan Fournier après le match. "Sur la fin il ne fait plus rien parce que nous avons été bien plus agressifs. Mais on commence à le faire trop tard. Nous ne sommes pas rentrés dans le match. Nous étions softs, pas concentrés. C’est là qu’on perd."


 
Largués à -14 à la pause les Bleus ont ensuite subi l’impact du revenant Nenad Krstic près du cercle. L’écart n’avait pas bougé ou presque au début du quatrième quart-temps (-15) et la question de gérer les organismes avant le match pour le bronze aurait pu se poser. Tout au contraire, la France s’est alors lancée dans un retour phénoménal sur les ailes d’Evan Fournier et d’un Nicolas Batum incandescent, auteur de 35 points à 8/12 à longue distance, son record de points en équipe nationale et le record historique d’un international lors d’une Coupe du Monde. Après une pluie de tirs primés, l’écart aura été réduit à deux points (82-84) mais les Serbes sauront toujours trouver la solution pour ne pas s’effondrer.
 
Les Tricolores peuvent donc nourrir de sérieux regrets quant à leur entame totalement manquée. "On ne mérite pas gagner. Ils ont joué dès le début alors qu’on ne joue qu’une mi-temps. C’est tout", tranchait Evan Fournier. "Une défaite comme ça tu ne l’oublies jamais." Le capitaine Boris Diaw livrait la même analyse : "Forcément nous sommes déçus mais on ne méritait pas de gagner ce match. On essaye de revenir mais nous n’étions pas concentrés dès le début. Je pense qu’on a encore une marge de progression par rapport à ça. C’est un manque de maturité : ils sont rentrés très agressifs et nous n’étions pas prêts."
 
Désormais, la France n’a que quelques heures pour panser ses plaies. Elle a rendez-vous à 18h00 avec la Lituanie, qui a bénéficié d’une journée de plus de récupération, pour un remake de la finale de l’EuroBasket 2013. "On va voir si nous sommes durs mentalement. Ce n’est pas évident mais il le faut. Dans ce cas-là le physique est moins important que le mental", estimait Evan Fournier. "Il faut gagner demain", poursuivait Nicolas Batum."Si on ne trouve pas la motivation ça ne sert à rien de faire ce sport. La finale c’est fini, on ne la jouera pas. Maintenant il ne faut pas se prendre la tête et passer à autre chose. Restons conquérants, une médaille ça n’a jamais été fait dans le basket français." En 2005, au lendemain d’un dénouement encore plus cruel contre la Grèce, l’Equipe de France avait survolé un match contre l’Espagne pour remporter une médaille de bronze à l’EuroBasket. C’est à ce souvenir que devront se raccrocher les Bleus pour monter pour la première fois sur un podium mondial.
 

 

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