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Joueur 3x3

From the streets to the World Tour

FIBA
Christina Ly/FFBB - 19/11/2019
Des playgrounds urbains à ceux du World Tour, Hervé Touré a parcouru bien du chemin, mené par un leitmotiv : la gagne. Un crédo qui l’a déjà conduit à de beaux titres en 5x5 (Champion de France en 2002, MVP en Iran en 2015, Vainqueur de la Ligue Sudamericana en 2017…) et qui le dirige maintenant vers une belle carrière 3x3. Parcours d’un hyperactif ambitieux.

From the Lyon' streets…

Avant de participer au FIBA 3x3 World Tour, avant de rejoindre la team Lyon, avant sa longue carrière de basketteur 5x5 à l’international (avant de lancer sa propre application mobile appelée LifeXtend, avant d’écrire trois ouvrages sur les médias) – avant tout cela – Hervé Touré jouait déjà au 3x3 : "Ma pré-carrière a démarré dans la rue. Je passais énormément de temps à jouer dehors donc c’était beaucoup de 3x3. Avec des amis, comme nous n'arrivions pas toujours à être disponible en même temps, le 3x3 était quelque chose de naturel."

Il se souvient : "Le 3x3 permettait plus de choses. Il y avait plus de liberté et de créativité. C’est un peu ce que je retrouve dans le 3x3 moderne. En étant 3 sur un demi-terrain, il y a forcément des espaces donc il faut bien les exploiter et avoir une palette de jeu extrêmement variée, beaucoup plus variée qu’au 5x5."

La discipline devenue olympique, Hervé Touré la compare au jeu d’échecs : "Dans le 3x3 actuel, il faut être hyper réactif, avoir un très bon instinct et une belle capacité d’anticipation. Sur un 5x5, il y a le temps de mettre des systèmes en place, à créer une diversion pour atteindre un but, un shoot, etc. En 3x3, en 12 secondes, c’est comme jouer aux échecs, en plus instinctif. Il faut jouer très rapidement, être beaucoup plus aguerri que sur du 5x5."

La différence entre les deux ne se situe pas qu’au niveau des matchs : "En 3x3, la préparation physique est plus exacerbée qu’en 5x5. Il faut davantage travailler ses qualités physiques. Lors de mon premier tournoi 3x3, on était 3 au lieu de 4. Les gens nous ont dit que ça allait être compliqué, mais on était là : "Non, ça va aller. Ça ne dure que 10 minutes." Au final, on a perdu en demi-finale sur la dernière action car on était épuisé et je commençais à avoir des courbatures partout alors que je m’entraînais tout le temps. Du coup, j’ai bien intégré la leçon et j’ai modifié ma préparation par la suite. Une personne qui est habituée au 5x5, si elle ne se prépare pas de la bonne manière, elle peut avoir de grandes surprises en jouant au 3x3."

… to the World Tour 2019

Malgré un passage obligé au TQO pour espérer une qualification aux prochains JO, la France peut compter sur des joueurs comme Hervé Touré pour mettre le drapeau tricolore sur la carte.

L’été dernier, il rejoint la team Lyon avec Raphaël Wilson, Sammy Girma et Raphaël Giaimo. "Déjà, ce qui me plaît dans cette équipe, ce sont des gens bien. Puis, on représente notre ville. Après, ce qui est aussi intéressant c’est qu’ils ont tous leur talent particulier." Le talent d’Hervé Touré ? Sammy Girma nous le disait : son expérience.

Et ce n’est pas le concerné qui dira le contraire : "J’ai eu la chance de faire une belle carrière en 5x5, de gagner des titres. J’ai fait quasiment toutes les compétitions internationales. De tout cela est ressorti une bonne compréhension du basket que je peux aujourd’hui dupliquer au 3x3. Dans l’équipe, j’essaie d’amener plus de discipline pour que notre manière de jouer soit tellement fluide que l’adversaire en face ait du mal à lire notre jeu. J’essaie de faire en sorte que tous les talents individuels s’épanouissent et puissent arriver à être encore plus performants."

Un travail qui a porté ses fruits sur le dernier World Tour où Hervé Touré et ses coéquipiers représentaient la seule équipe française : "Lors de notre match contre Gagarin à Manille, l’impact physique était tel qu’on a lutté. Puis, on a réalisé un véritable jeu d’échecs sur la fin pour renverser le match et arriver à se qualifier pour la finale. C’était notre objectif. Voir que l’on était capable d’aller en finale sur un Challenger, c’était un bon souvenir." Maintenant, l’objectif pour la saison prochaine est clair : "C’est de gagner un Challenger et, ensuite, un Master sur le World Tour. Il faut que l’on mette une équipe française sur la carte."

Malgré la compétition, un bel esprit règne sur ce circuit : "Les gens viennent te voir, te disent bonjour, on rigole ensemble, il y a du plaisir à se retrouver. On trouve une belle communauté dans le 3x3. C’est ça qui est bien dans cette discipline. Il y a une vraie cohésion, même en dehors du terrain. Sur notre dernier match à Jeddah, je suis ressorti ultra énervé et, spontanément, des joueurs viennent me voir, me tapent l’épaule et viennent me réconforter. On sent qu’il y a un vrai respect, de vraies valeurs. Et dans le sport moderne, c’est de plus en plus rare et j’espère que le 3x3 restera préserver de ça." En espérant que ce souhait soit entendu.

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