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EQUIPE DE FRANCE A MASCULINE

"Un coup de pied au cul"

par Julien Guérineau, à Rio - 07/08/2016
Bellenger/IS/FFBB
Les Bleus ont totalement manqué leur entrée en matière dans le tournoi olympique. Vincent Collet appelle à un réveil rapide et une remise en question.

"Je n’ai pas hurlé dans le vestiaire… mais j’ai dit des choses. Je ne vous dirai pas quoi. Mais je leur ai dit beaucoup de choses." Vincent Collet n’a pas fait vibrer les murs de la Carioca Arena après la défaite de ses hommes en ouverture des Jeux Olympiques. Mais il a placé chacun face à ses responsabilités après une prestation très éloignée de ce qui est attendu des Bleus. A l’exception de cinq minutes juste avant la mi-temps, l’Equipe de France n’a pas existé dans l’agressivité face à une Australie parfaitement en place et portée par un Andrew Bogut dominateur : 18 points, 4 rebonds, 5 passes à 9/10 aux tirs. "Andrew a fait un boulot extraordinaire pour se remettre sur pied. Son genou a tenu, ce qu’on ne savait pas c’était l’état de ses poumons", souriait en conférence de presse Andrej Lemanis. "Nous sommes rentrés trop gentiment dans ce match. Ensuite ils bougent très bien la balle et jouent très bien ensemble. Donc quand tu n’es pas dur et que tu les laisses faire…", se désolait son vis-à-vis, Rudy Gobert.

Déjà défaits à trois reprises lors du tournoi de Cordoba, les Bleus poursuivent leur mauvaise série. C’est une première sous l’ère Collet et l’urgence est désormais réelle de corriger le tir. "C’est décevant même si on sait que cela fait partie des choses que l’on voit régulièrement dans les tournois", estime le coach. "La vision générale est collective mais une remise en question individuelle est nécessaire. Il faut se réveiller et mesurer le niveau du tournoi. L’Australie était forte aujourd’hui et nous n’avons pas su nous opposer à sa mécanique collective. Sur certains aspects nous n’avons pas du tout respecté ce que nous voulions faire. Est-ce le stress ? La volonté de trop bien faire ? Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain mais il faut se réveiller." Trop passive sur les porteurs de balle la France a été punie près d’une quinzaine de fois sur des coupes au panier et des alley-oops. Un chiffre ahurissant pour une formation moins défensive que ces dernières années mais qui ne peut laisser une telle liberté à des adversaires d’un calibre largement supérieur à ceux affrontés à Manille. "Ce qui est important désormais c’est la réaction", annonce Vincent Collet. "Quand tu prends un gros coup de pied au cul, ça te fait mal et ça t’aide à te réveiller. Maintenant il faut se cracher dans les mains et arrêter de se regarder." Ses joueurs ont désormais 48 heures pour retrouver la flamme et un niveau plus en rapport avec leur standing. "Même si on parle de collectif, le collectif vit également à travers ses individualités et les relations entre elles", prévient leur entraîneur. Lundi soir à 3h15, la Chine doit sentir le vent de la révolte.