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A l'étranger

"Un mélange de joie et de frustration"

Propos recueillis par Arnaud Dunikowski - 18/03/2020
Frédéric Dusart, entraîneur de Villeneuve d'Ascq de 2012 à 2019, a découvert le championnat belge avec Braine cette saison. Les Castors viennent d'être sacrées championnes de Belgique à l'issue de la saison régulière, les playoffs ayant été annulés en raison de l'épidémie Covid-19.

Bonjour Frédéric, comment ça va ?
Je vais très bien, je suis chez moi à Villeneuve d'Ascq avec ma famille. J'ai été prof des écoles pendant un an puis prof d'EPS, je le redeviens un peu avec mes enfants qui ont 5 et 8 ans. On fait les devoirs, on s'occupe comme on peut.

Votre équipe de Braine a été désignée championne de Belgique sans que les playoffs ne soient joués. Dans ces conditions, ce titre a t-il une saveur différente ?
C'est un mélange de joie et de frustration, de ne pas l'avoir gagné sur des playoffs mais surtout avec les joueuses et le public, autour d'une célébration. J'ai quitté les joueuses jeudi avant le match contre Valence (1/4 de finale d'Eurocoupe, ndlr), on a été averti à 10h30 qu'on ne jouerait pas le soir. On pensait se revoir ce lundi et en fait non. J'ai appris qu'on était champion samedi matin. Avec les recommandations de confinement, on n'a pas pu fêter ça avec les partenaires, les supporters, les joueuses. C'est une fin de saison bizarre. Sur la saison régulière, on est devant assez largement et c'est mérité pour Braine.

Comment s'est passée cette première expérience à l'étranger ?
Même si Braine n'est qu'à une heure de route de chez moi, ça reste une culture assez différente. J'ai été confronté de plein fouet à la séparation entre les Flamands et les Wallons. En championnat, le nombre d'européennes n'est pas limité donc j'avais deux Belges, une Française et les sept autres joueuses ne parlaient pas un mot de français. C'est une culture basket différente, il a fallu s'adapter.

La saison prochaine, vous serez toujours à Braine ?
Oui. J'avais signé jusqu'en 2021 et j'ai été prolongé d'un an, jusqu'en juin 2022.

Quelles différences y a-t-il entre le chapionnat belge et la Ligue Féminine ?
Le style de jeu n'est pas le même qu'en France, c'est beaucoup basé sur le un contre un, sur le jeu rapide, c'est moins structuré. On va dire que le championnat est divisé en deux avec 6 clubs assez organisés et les 6 autres sont plutôt semi-professionnels. Braine est le plus gros budget de Belgique mais serait le plus petit en LFB. Le club prend le risque de jouer l'Euroligue avec une salle non homologuée donc on doit aller à Charleroi (à 45km de distance, ndlr). En termes de structure c'est mois développé qu'en France par contre il y a des projets intéressants. Il y a une vraie culture de tirer le maximum que l'on peut avec les moyens que l'on a. Personne ne se plaint. On a beaucoup de choses contrariantes mais on passe au-dessus de tout ça.

Avez-vous suivi le championnat LFB cette saison ?
J'avoue que j'ai moins suivi que d'habitude, forcément. C'est clair que trois équipes se détachent avec Bourges, Lattes Montpellier et Lyon. Charleville est vraiment pas loin aussi. Le championnat est hiérarchisé de manière assez claire. Mais ça reste un championnat homogène, comme tous les ans, et un moment de déconcentration ou des problèmes de blessures peuvent vite conduire à des défaites inattendues.