Ligue Féminine

3 questions à Laetitia Guapo

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Interview 3x3
Auteur: 
Guillaume Karli/FFBB
Date d’écriture: 
Vendredi, 3. Juillet 2020
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Entretien avec la joueuse française numéro 1 mondial, Laetitia Guapo, qui nous parle de ses débuts dans le 3x3, de son statut de numéro 1 au ranking FIBA et de la Superleague 3x3.
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L'ascenseur tarbais

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C'est une anecdote encore présente dans la mémoire de l'une des actrices principales, Isis Arrondo. Au cours d'un 1/16è de finale de Coupe de France largement dominé par le pensionnaire de LFB face à Colomiers (NF1), la meneuse tarbaise se trouve sous le cercle, encadrée par Isabelle Yacoubou et Liz Moeggenberg, alors que son équipe effectue une remise en jeu en ligne de fond. "Je n'ai pas un grand souvenir de la rencontre mis à part cette petite touche qu'on avait répétée dans la semaine. Je ne sais plus d'où c'est parti mais c'est sûrement Isa (Yacoubou) et François Gomez. On s'était entraînés et j'ai dû être choisie parce que j'étais la plus légère" plaisante Arrondo.

"Flore Perotto (passée par Lattes Montpellier), qui jouait à Colomiers, m'avait dit que ça n'était pas possible, que je ne pouvais pas sauter aussi haut". Mais que s'est-il passé au juste ? Rien de moins qu'un hommage du TGB à la culture rugbystique locale puisque, soulevée par ses acolytes Yacoubou et Moeggenberg, Isis Arrondo se saisit du ballon en haute altitude et tente de conclure une action jamais réalisée sur un parquet. Devant une foule médusée, les hommes en gris mettent rapidement fin à la tentative bigourdane : "Ils ont sifflé avant même que j'ai eu le temps de tirer" se rappelle celle qui n'avait jamais vu le cercle d'aussi près. "On leur a demandé ce qu'ils sifflaient. Ils nous ont dit « on ne sait pas mais ce n'est pas du basket ». Même eux étaient dépassés. Ca avait fait rigoler tout le monde. C'était sympa".

Eric Sans, qui officiait ce soir-là, s'en souvient comme si c'était hier : "Pour moi c'était un match important car je n'avais pas l'habitude de siffler à ce niveau. C'était déjà déstabilisant. (Sur l'action) On reste figé l'espace d'une seconde avec mon collègue, la salle est figée, un silence se fait. Tout le monde est sidéré par ce qui vient de se passer, la meneuse de jeu est morte de rire et mon collègue prend la décision tout de suite d'annuler. Je suis à côté de François Gomez et très théâtralement, avec un sourire complice, il me dit : alors il se passe quoi maintenant ?". Les hommes en gris doivent se justifier : "J'ai cru bon de lui répondre qu'il y avait un vide réglementaire mais que si mon collègue a annulé, c'est qu'il a une bonne raison. Je n'avais aucun argument à lui opposer. François Gomez nous a eus, on a subi sa malice de plein fouet". "Ce qui était cool, c'est qu'elles n'ont pas pris ça comme un manque de respect" indique Arrondo. Une version confirmée par l'homme au sifflet : "Tout ça s'est déroulé dans une ambiance très bon enfant".

Le pire dans l'histoire, c'est qu'Isis Arrondo a raté sa tentative. "J'étais trop loin et je n'ai pas pu m'approcher. J'ai dû faire un petit tir à la con. Quel dommage ! Bon les arbitres avaient sifflé avant mais j'aurais trop aimé m'approcher, rester accrochée et leur dire que j'avais marqué" s'enflamme la meneuse. Une chose est sûre, la joueuse comme l'arbitre sont encore dans le flou. "Je ne sais pas si c'est autorisé et si ça ne l'est pas, pourquoi. Je suis curieuse de savoir la violation exacte" pour Arrondo; "si ça devait se reproduire, je pense que les arbitres refuseraient le panier mais pourquoi..." s'interroge Sans. Bruno Vauthier, responsable de la formation des officiels à la FFBB, siffle la fin avec un code de jeu à la main : "A la suite de cette action et d'une autre similaire en NM3, nous avons alerté la FIBA. Si à l'époque il n'y avait rien, la règle a évolué. L'article 25-7 du règlement indique qu'il est interdit de soulever un partenaire pour jouer le ballon".

Désormais en LF2 à Angers, "une équipe qui a beaucoup d'ambition", Isis Arrondo ne regarde pas ses années en Ligue Féminine avec nostalgie. "La LFB ne me manque pas, j'ai eu des supers années à Tarbes et Nantes. Je prends beaucoup de plaisir avec Angers pour chercher cette montée. J'ai vécu une descente avec Mourenx à l'époque, il faut que j'équilibre mon ratio donc j'aimerais bien vivre une montée et je pourrais partir à la retraite le coeur léger". Une autre histoire d'ascenseur...

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La petite histoire de...
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Vendredi, 3. Juillet 2020
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Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. Le 18 février 2009 à Colomiers, la malice du coach de Tarbes François Gomez avait décontenancé arbitres, adversaires et spectateurs. Récit d'une soirée entrée dans l'Histoire et remise au goût du jour pendant le confinement par le TGB.
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"Je voulais qu’on soit confiné, j’étais précurseur"

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Des kilomètres et des kilomètres en bus. Des heures et des heures. Ensemble. Pas le choix. De la campagne serbe à Bucarest, en Roumanie. Un road trip de huit heures qui peut terminer en crêpage de chignon ou en union sacrée. "8 heures dans un bus, ça crée des souvenirs, on a vraiment traversé des paysages idylliques. Mais c’est ce que je voulais, qu’on soit un peu confiné, j’étais précurseur", sourit Jérôme Fournier, l’entraîneur des U18 féminines en 2012. C’est sa deuxième campagne avec la catégorie. La précédente, trois ans plus tôt, s’est conclue sur une médaille d’argent à l’issue d’une finale perdue contre l’Espagne. "Je fais ce métier pour plein de raisons. Une des raisons qui m’amine c’est la compétition. Et la compétition pour moi n’a de sens qu’à partir du moment où il y a victoire. Je ne sais pas qui a inventé les podiums en se disant que ça serait bien de récompenser le deuxième, le troisième. Une compétition soit tu la gagnes soit tu la perds."

Et en U18, la France a plutôt l’habitude la perdre. En 1981, 2002, 2009 et 2011 elle trébuche sur la dernière marche. Alors, en 2012, faute d’une connaissance précise de la génération 94-95, Jérôme Fournier mise sur une longue préparation à l’étranger et une vie en communauté qui doit permettre aux talents tricolores de performer le jour J. La méthode fonctionne et le 26 juillet l’Equipe de France débute son Euro par une victoire sur l’Espagne. Elle enchaîne sur trois nouveaux succès, cale contre la Russie, avant de reprendre sa marche terminant première de sa poule. La Croatie et les Pays-Bas sont écartés en quart et en demi-finale pour s’offrir une deuxième chance contre la Russie, "la meilleure équipe du tournoi" selon Jérôme Fournier.

Les Bleues s’appuient dans le tournoi sur une rotation assez limitée et sur le talent de deux futures internationales chez les A, Olivia Epoupa et Valériane Ayayi. L’ailière est la meilleure scoreuse du groupe mais va vivre une mauvaise soirée en finale. 1/6 aux tirs et un passage par l’infirmerie en cours de rencontre : "Elle fait son plus mauvais match de la compétition. Mais à sa décharge elle se fait péter la lèvre, part dans le vestiaire se faire recoudre et revient finir le match. Valériane est souvent considérée comme une princesse mais les gens ne la connaissent pas vraiment." Le dernier acte est particulièrement tendu. A 10 minutes du buzzer, la Russie mène encore 44-46. Mais une puce d’1,64 m va faire basculer la rencontre. Olivia Epoupa se démultiplie. Elle se fend de 20 points, 12 rebonds, 5 passes décisives et 2 interceptions pour ponctuer une phase finale de rêve et faire main basse sur le titre de MVP, deux ans après avoir obtenu pareil honneur dans la catégorie U16. "Olivia surprend en permanence. Quand elle était jeune elle était même à se surprendre elle-même. En 2010 à l’Euro U16 elle avait raté un lay-up à 1 contre 0 face aux Russes en demi-finale qui avait sans doute coûté le match à l’équipe. Elle avait fini en pleurs. Et sa force c’est qu’elle ne fait jamais deux fois la même erreur."

Au bout du suspense, la France s’impose 65-61 pour monter sur la plus haute marche du podium. Jérôme Fournier retrouvera cette génération en 2014 en U20 pour une nouvelle médaille d’or et un nouveau titre de MVP pour Epoupa, la seule joueuse européenne à avoir été élu meilleure joueuse dans trois catégories d’âge différentes. De quoi recevoir les louanges de son entraîneur : "Personne dans notre histoire ne fait ces choses-là… C’est une championne. Et qui n’a pas besoin des autres. Qui n’a pas besoin du système pour la porter."

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Jeudi, 2. Juillet 2020
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En 2012, l’Equipe de France U18 remporte la première médaille d’or de la catégorie dans le sillage de la MVP de la compétition, Olivia Epoupa.
crédit: 
FIBA
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"Revoir l'équipe de la génération 85-86"

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Bonjour Aurélie, que deviens-tu ?
Lors de ma dernière saison de joueuse j'ai passé mon DE (Diplôme d'État) pour entraîner, préparer ma reconversion. Depuis j'entraîne, je reste au bord des parquets mais de l'autre côté de la ligne. Quand j'ai arrêté, je suis partie au club de Vichy-Clermont, chez les garçons. J'ai fait trois ans là-bas avec la prénationale, les U18 Élite et un peu la Pro B avec Guillaume Vizade. Maintenant je suis salariée du club de Beaumont, à côté de Clermont-Ferrand. J'entraîne l'équipe première qui est en NF3 et aussi des équipes jeunes.

Sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau suis-tu encore le championnat de Ligue Féminine ?
Je suis, j'ai encore des amies qui y jouent. Je ne suis pas au top du top, notamment en début de saison sur les transferts, mais une fois que le championnat est lancé je dirais 7/10. Je regarde les résultats de Calais sur la LF2, Lyon parce que c'est pas loin de chez moi et que mon amie Paoline Salagnac y jouait jusqu'à cette année. Je me tiens au courant de qui performe ou pas.

Quelle est l'adversaire la plus coriace que tu as rencontrée ?
Il y en a eu pleins. Sur mon poste de jeu il y a forcément Céline Dumerc, il n'y a pas mieux en France. Et si je remonte un peu plus il y a Ana Belen Alvaro (internationale espagnole passée par Valenciennes) et Ticha Penicheiro (internationale portugaise aux 15 saisons WNBA, vue à Valenciennes). J'étais jeune donc je pense que je les regardais avec des étoiles dans les yeux.

La coéquipière la plus fantasque...
Lauren Neaves. Sur le terrain une énorme battante et en-dehors, qu'est-ce qu'on a pu rigoler.

Quel match aimerais-tu rejouer ?
Je vais prendre un match qu'on a perdu, avec l'Équipe de France U20. C'est la finale du championnat d'Europe, en France (2004), on joue contre la Russie qu'on a battue en poule de 1 point. En finale on se fait ramasser (64-80) et c'est dommage car c'était chez nous. On aurait voulu finir mieux que ça. Pour les émotions il y a la première médaille au championnat d'Europe avec la génération 85/86 (Euro U16 en 2001), coachée par Francis Denis. C'était un match extraordinaire, on gagne de je ne sais plus combien (68-66 contre la Russie). Les émotions que l'on a eues sur ce match là sont tellement énormes.

Et celui que tu ne voudrais pas rejouer ?
Quand je me suis blessée à l'épaule mais je ne sais plus contre qui. C'est toujours des mauvais souvenirs. Je crois que c'était à Calais contre Saint-Amand, je veux passer un écran et mon épaule reste dans Tiffany Stansbury, un beau bébé. Je ne voudrais pas revivre ça. J'étais out un moment, c'était pas cool.

Quelle coéquipière aimerais-tu revoir ?
J'aimerais revoir celles avec qui j'ai eu ma première médaille à l'Euro, on pourrait se réunir toutes ensemble, l'équipe. Pour reparler de tout ça, être dans la nostalgie mais sympa. On vit toutes un peu à 200 à l'heure, on bouge en permanence. J'en ai pas une en particulier.

Quelle personne a marqué ta carrière ?
Je dirais Alicia Lopez Verdu qui a joué avec moi à Saint-Amand. J'avais une vingtaine d'années et elle était déjà expérimentée, elle avait vécu des campagnes internationales avec l'Espagne. Je pense qu'elle m'a beaucoup appris dans la maturité, la gestion de certaines choses. Ca m'a marquée. On se contacte parfois brièvement pour savoir comme ça va. Au niveau de ma carrière elle m'a aidée à passer un cap.

Son parcours
2000-2001 Centre Fédéral Toulouse
2002-2005 Clermont-Ferrand (LFB-NF1)
2005-2007 Saint-Amand-les-Eaux (LFB)
2007-2015 Calais (LFB-NF1)

Son palmarès
Championne d’Europe U20 en 2005
Médaillée d’argent à l’Euro U20 en 2004
Championne d’Europe U16 en 2001

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Surtitre: 
Que deviens-tu...Aurélie Cibert ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mardi, 30. Juin 2020
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Aurélie Cibert (9 saisons LFB, 235 matches joués) est liée pour toujours au COB Calais, club dont elle a porté le maillot jaune et bleu de 2007 à 2015. Naviguant entre LFB et LF2 au gré des résultats, la meneuse n'a jamais quitté la Côté d'Opale même si elle s'en est éloignée depuis sa retraite. Elle a retrouvé ses racines auvergnates et entraîne à côté de Clermont-Ferrand.
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Pro de la balle et du sifflet

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L'illustre Chantal Julien avait montré la voie, celle qui mène d'une carrière de joueuse professionnelle à celle d'arbitre au plus haut niveau français. Mais la réussite de cette pionnière s'étant déroulée avant la création de la Ligue Féminine de Basket en 1998, l'arrivée en 2005 de Carole Delauné David sur un parquet de LFB avec un sifflet est donc un événement. La Normande jouait encore à Mondeville quelques années auparavant.

Formée à l'Avant Garde Caennaise puis à Mondeville, elle découvre le monde professionnel lors de la saison 97-98. Entre 1998 et 2000, elle participe à 54 rencontres de LFB (4.5points/match en moyenne) sous les couleurs de l'USOM, vitrine du basket normand. "Igor Groudine était le coach", rappelle Delauné David. "On sortait de la Nationale 1A qui restait un peu amateur même si des joueuses étaient rémunérées. Le développement économique et de vision n'a plus rien à voir, la création de l'Open, la mise en avant des joueuses", se remémore-t-elle. "D'un point de vue basket, si je me donne 20 ans de moins, est-ce que je serais capable de jouer en Ligue Féminine ? Waouh ! Physiquement ça a pris de l'ampleur, de la vitesse. Je me sentirais dépassée".

A 24 ans, elle quitte le milieu pro et s'engage à Ifs, un autre club de la banlieue caennaise, en tant qu'entraîneur-joueuse en...pré-nationale. Elle mènera son équipe jusqu'en NF1 avant de prendre un poste de responsable technique de zone à la Fédération Française de Basket en septembre 2005. C'est pendant cette période ifoise que cette touche-à-tout de la balle orange a attrapé le virus de l'arbitrage : "J'ai toujours été attirée par toutes les facettes du basket, j'ai été joueuse pro, aujourd'hui je suis dirigeante, l'arbitrage faisait partie de tout ça. Je m'étais toujours dit que quand j'arrêterai de jouer en pro, je commencerai ma formation d'arbitre". Dès 2000, elle se lance et gravit rapidement les échelons sous la coupe de Pascal Dorizon, le patron de l'arbitrage français. Alors que la LFB inaugure, en octobre 2005, l'Open LFB à Coubertin, Carole Delauné David officie lors du match entre Clermont-Ferrand et Calais pour sa première en Ligue Féminine : "Je venais de commençer à travailler à la FFBB. J'étais avec avec Freddy Lepercq, mon nouveau collègue de l'époque, et surtout j'arbitrais Elena Nikipolskaia avec qui j'avais joué pendant deux ans à Mondeville. Je connaissais le niveau de jeu, les joueuses. C'était un sacré avantage".

Passée de l'autre côté de la barrière, elle avoue que les premières saisons ont été délicates à gérer notamment dans la relation avec d'anciennes coéquipières ou adversaires. "Il n'y avait pas de cadeau mais pas forcément de mon côté. Les filles étaient là pour jouer et pour gagner donc si elles avaient quelque chose à dire, elles me le disaient. C'était un peu compliqué, le protocole des arbitres, on fait super attention. Comme je commençais, j'avais encore des réflexes. La gestion humaine était faite à ma manière et qui n'était la plus adéquate pour le haut niveau", sourit-elle. Avec le temps et l'expérience, Carole Delauné David s'affirme, devient arbitre FIBA en 2007 et atteint le Graal en 2012 avec une nomination pour officier lors des Jeux Olympiques de Londres.

Seule femme à exercer au plus haut niveau français lorsque Chantal Julien s'est arrêtée, Carole Delauné David a dû se faire une place pendant plusieurs saisons dans un milieu essentiellement masculin. "L'activité d'arbitre n'est pas attirante, il faut le dire. On a beaucoup de pression, de contestations, on doit avoir un fort caractère. Je pense que ça peut faire peur". S'il est vrai que l'univers des refs s'est fortement féminisé depuis plusieurs années, très rares sont les anciennes joueuses pro à oser franchir le cap. "On n'en vit pas de l'arbitrage, c'est ça le problème. Nathalie Lesdema avait commencé l'arbitrage mais elle a vite arrêté...Son nom a pu la servir comme la desservir, elle n'a pas pu monter aussi vite qu'on l'aurait souhaité", regrette la Normande qui devra attendre encore un peu avant d'avoir à son tour une héritière.

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La petite histoire de...Carole Delauné David
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Jeudi, 18. Juin 2020
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Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. Joueuse professionnelle à Mondeville lors du lancement de la LFB, Carole Delauné David est la seule à avoir porté un maillot et une chemise d'arbitre en Ligue Féminine.
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"Je ne dormais pas deux jours avant"

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Bonjour Polina, que deviens-tu ?
J'habite toujours à Tarbes. Je travaille au Conservatoire, l'école de musique. Ca me plaît énormément, je vais entamer ma septième année. C'est comme le sport qui exige de la discipline, de la rigueur sauf qu'à la place d'avoir un ballon dans les mains, tu as un instrument. On a autour de 1000 élèves, le plus jeune a 4 ans. J'admire ce que font les gosses. On créé du lien avec eux, les parents.

Suis-tu toujours la Ligue Féminine ?
Oui bien sûr. Quand je peux je vais voir des matches. C'est dommage que ça se soit fini comme ça cette année. Peut-être que c'est bien aussi pour Tarbes parce qu'elles étaient un peu en difficulté. Je vais régulièrement aux matches puisque j'ai décidé d'arrêter le basket. J'entraînais une équipe séniors garçons en pré-nationale, j'ai pris du recul. Je me suis rendue compte que je m'investis à 100% sans avoir le même retour. Peut-être qu'avec mon passage au haut-niveau, le mot "amuser" n'existe pas trop. Pour moi c'est la compétition. Le samedi je peux donc aller aux matches du TGB, de l'Union (Tarbes-Lourdes, club évoluant en NM1). J'ai du temps libre.

Quelle est l'adversaire la plus coriace que tu as rencontrée ?
Je n'aimais pas, avec mon plus grand respect, jouer contre Isabelle Fijalkowski. C'est une très bonne joueuse, avec son petit shoot, le jeu dos au panier et ses coudes qui faisaient mal. Elle les plaçait au bon moment, les arbitres ne le voyait pas et c'était ça le plus énervant. J'ai adoré les matches contre Isabelle et en même temps j'avais peur.

La coéquipière la plus fantasque...
Il y en a une qui nous faisait rire c'était Gunta Basko, à l'époque. Sinon l'Américaine Katryna Gaither (joueuse de Tarbes de 2003 à 2006), elle était malade, avec la fièvre, elle toussait, elle avait le rhume, elle avait mal. Elle était toujours à l'entraînement, elle ne cherchait pas d'excuse. Elle ne se la "pétait" pas comme on dit. Un jour je lui ai dit "toi, tu n'es pas une Américaine". On l'appelait Maya l'abeille, elle était partout, elle faisait un boulot monstre.

Quel match aimerais-tu rejouer ?
Les matches que j'adorais, pour revivre l'adrénaline, l'ambiance, le public, c'était contre Bourges et Valenciennes au Quai de l'Adour. Tout le monde attendait ces matches avec impatience. Ca frittait, c'était physique, je ne dormais pas deux jours avant, tu sentais cette boule à l'estomac. J'aimerais revivre ça pour une journée.

Et celui que tu ne voudrais pas rejouer ?
Un match m'a beaucoup marquée à l'époque contre Strasbourg, qui était dernier et qui n'avait pas gagné un match. On a perdu de 20 poins à la maison. C'était une déception pas possible, à ce moment-là j'avais honte, je n'ai pas dormi de la nuit. Et bien sûr on a eu entraînement le dimanche matin à 8 heures. On a été bien secouées par l'entraîneur, le Président.

Quelle coéquipière aimerais-tu revoir ?
Toutes ! J'ai partagé quelque chose avec chacune.

Quelle personne a marqué ta carrière ?
Tout le monde a marqué ma carrière. Chacun m'a enseigné un petit quelque chose même s'il y avait des choses contradictoires, entre un entraîneur une année et un autre l'année d'après par exemple. Tout ça a été un bagage qui a rempli mon expérience.

Son parcours en LFB
1995-1998 Tarbes (NF1A)
1998-2005 Tarbes
2005-2008 Mourenx
2008-2009 Tarbes

Son palmarès
Championne WNBA en 1999
Vainqueur de la Coupe Ronchetti en 1996
Vainqueur de la Coupe de France en 1996, 1997 et 1998
MVP étrangère de LFB en 1999 et 2000

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Que deviens-tu...Polina Tzekova ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mardi, 16. Juin 2020
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Polina Tzekova est arrivée dans l'hexagone en 1995 à Tarbes. A l'exception d'un intermède de trois saisons à Mourenx, la pivot franco-bulgare, double MVP étrangère du championnat, n'a porté que le maillot du TGB durant sa carrière en LFB (10 saisons, 248 matches joués). Un endroit qui lui plaît puisqu'elle vit et travaille toujours au pied des Pyrénées.
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L'art de rebondir

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Née en 1987 à Nouméa, Soana Lucet découvre le basket sur le tard : "J'avais 15 ans. Ca a commencé lors de ma première année de lycée, on allait jouer lors des intercours. Quand je suis rentrée, j'ai dit à ma mère que j'aimerais bien aller dans un club. Le club près de chez moi s'appelle l'AS 6ème donc j'ai commencé là-bas". Pour continuer à vivre son rêve, elle doit quitter son île mais très peu de basketteurs néo-calédoniens ont franchi ce cap et encore moins chez les filles. "Ça ne se faisait pas. On m'avait dit que je pouvais peut-être aller en N3 mais il n'y avait rien de concret. Je devais prendre mes valises, aller en France où je ne connaissais personne et partir à l'aventure", raconte l'ailière.

Finalement repérée par un coach américain lors d'un tournoi en Nouvelle-Zélande, Soana Lucet fait le grand saut pour les États-Unis où elle intègre le College of Southern Idaho en 2007. Elle y passe deux ans et demi, notamment pour y apprendre l'anglais, et découvre la vie universaire au pays de l'Oncle Sam : "J'arrivais de mon île où l'on joue sur du goudron. Quand il pleut on ne peut pas s'entraîner. J'avais déjà joué sur des terrains en parquet mais quand je vois la machine à shoots, le campus... C'est le rêve américain, grandiose" , se souvient Lucet. Elle rejoint ensuite l'Université d'Arizona où elle compile 12,9 points et 6,1 rebonds lors de ses deux saisons sous le mailot des Wildcats.

Non draftée en WNBA, elle lance sa carrière professionnelle en France, à Arras en 2011. "C'était le premier truc concret que j'ai eu donc j'ai dit ok".  L'aventure chez les Demoiselles tourne court et après seulement huit matches (2,3 points), elle doit déjà faire ses valises. "Ça a été très dur, je ne savais pas comment ça se passait, le business. Je l'ai vécu comme un échec, il faut aussi savoir que j'étais blessée. En plus j'étais loin de tout, seule". Elle prend la direction de Braine (Belgique) où elle donne satisfaction et reste une saison supplémentaire. Elle retente sa chance en Ligue Féminine, à Angers, en 2013.

Les choses ne se passent pas comme prévu puisqu'elle ne joue que 13 matches et doit à nouveau s'éloigner du championnat français : "Je pense qu'on ne se convenait pas mutuellement. Comme le basket est une passion, je me suis toujours dit que si je n'étais pas heureuse, je ne resterais pas dans une telle situation". Elle se relance en Allemagne, à Fribourg puis Wasserburg, décroche des titres (deux championnats et deux coupes nationales) et joue l'Eurocoupe. Dans un championnat "qui est l'équivalent du haut de tableau de la LF2", Soana Lucet retrouve ses sensations. Angers, qui entre-temps a été relégué et a changé d'entraîneur, lui donne une nouvelle chance : "Je ne m'attendais pas à ce qu'on me rappelle même si les dirigeants m'ont toujours appréciée. Le projet sportif m'intéressait et j'avais deux amies, Isis Arrondo et Camille Aubert, qui y étaient. Je n'ai pas hésité même si c'était en Ligue 2".

Ses performances attirent l'oeil du voisin Roche Vendée qui a réussi son baptême en LFB (10e). Elle s'engage en faveur des Tigresses à la rentrée 2018 pour une troisième tentative en Ligue Féminine. Cette fois c'est la bonne, la Néo-Calédonienne trouve sa place dans l'effectif vendéen (10,8 points et 5,1 rebonds) et participe activement à la belle saison du RVBC (5e) qui se qualifie pour l'Eurocoupe. Lors de l'exercice 2019-2020, ses statistiques ont peu bougé (9,0 points et 5,4 rebonds), signe d'une stabilité enfin trouvée en France. "L'environnement n'était pas favorable pour moi à l'époque. Là je me retrouve bien dans ce que Manu (Body) et Jacky (Moreau) proposent, c'est pour ça que ça fonctionne" , analyse celle qui jouera sa troisième saison consécutive en Vendée en septembre prochain. De là à finir sa carrière sur les rives de l'Yon ? "Je me sens bien ici, je suis bien entourée, on a bon petit groupe. Pour l'avenir je ne sais pas, j'ai appris vite dans mes premières années que c'est du business. Si la saison prochaine je ne fais pas le taf, le RVBC ne sera pas favorable à ce que je resigne. C'est comme ça, c'est le business et maintenant j'en suis consciente, je sais comment ça se passe".

Installée dans une équipe de Ligue Féminine, Soana Lucet a atteint son rêve de devenir une basketteuse professionnelle, la première issue de Nouvelle-Calédonie. Quand elle retrouve son île, une fois par an l'été, elle fait forcément la fierté des jeunes filles qui ont désormais un modèle à suivre : "Je suis beaucoup sollicitée par mon club, l'AS 6ème. Il m'a toujours soutenue, c'est une famille. Je fais les entraînements des filles, elles me posent plein de questions, j'essaye de partager le peu de savoir que j'ai". Et beaucoup de persévérance.

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La petite histoire de...Soana Lucet
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mercredi, 10. Juin 2020
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Catégorie 2: 
Chapeau: 
Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. Soana Lucet, seule basketteuse néo-calédonienne à avoir percé dans le milieu professionnel, s'est relevée de deux échecs en LFB en 2011 et 2013 pour devenir un pilier de Roche Vendée.
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"Nous étions comme dans une famille"

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Comment vas-tu Ana?
D'abord un bonjour de Croatie à tous les fans français de basket. Je suis donc en Croatie, je prends du bon temps avec ma famille. Ca a été une période incensée partout dans le monde donc on apprécie d'autant plus ce que l'on a et de prendre soin de sa famille et de ses amis. Je vais bien, ma vie a complètement changé maitenant avec des enfants. C'est le meilleur sentiment au monde que d'être maman et j'adore ce role.

Que deviens-tu ?
Depuis que j'ai quitté la France (en 2013), beaucoup de choses se sont passées. J'ai perdu mon père et ça a été la période la plus dur de ma vie. C'est pour ça que j'avais décidé de ne pas revenir en France. J'ai attendu des offres et j'en ai reçu une de Turquie en octobre. Ca m'a permis de rester plus longtemps auprès de ma maman. J'ai joué deux saisons en Turquie (2013-2015), j'ai vraiment apprécié le basket et la vie là-bas même si c'est bien différent de la France où tout est planifié, organisé. J'ai ensuite eu une blessure et j'ai eu une offre de Salamanque mais pour quelques mois seulement et après Noël j'ai signé à Sopron. C'est à cette période que j'ai commencé à penser à ma vie après le basket. J'ai décidé d'étudier et j'ai eu un diplôme de préparateur physique en 2018. Je suis rentrée en Croatie pour ma dernière saison de basket. J'ai aidé une équipe avec des jeunes (ZKK Novi Zagreb) pour laquelle j'avais déjà jouée à 16 ans quand j'ai quitté Split pour Zagreb. Je pense que c'était la meilleure façon de finir. Ca m'a rappelé ma jeunesse quand je ne connaissais rien à l'argent, aux contrats, aux managers... Avec ces jeunes c'était rafraîchissant, les voir jouer, leur donner des conseils, elles m'appellaient "mama". Je les regardais comme mes enfants et j'ai adoré chaque seconde. J'ai donc arrêté ma carrière en mai 2017, je me suis mariée en 2018 puis j'ai eu une fille, Petra. Il y a 4 mois, j'ai eu un garçon, Toma Srecko. Et aujourd'hui je suis la plus heureuse d'avoir ma famille à mes côtés.

Suis-tu toujours la Ligue Féminine ou les résultats d'un club en particulier ?
Je suis autant que je peux mais je dois avouer que ma vie a complètement changé et donc je n'ai pas beaucoup de temps libre. Je suis plus le BLMA (Lattes Montpellier).

Quel est ton meilleur souvenir en Ligue Féminine ?
On pense toujours aux championnats ou aux médailles que l'on a gagnés et bien sûr que ce sont de bons souvenirs. Mais je dirais aussi que l'une de mes meilleures années, là où j'ai adoré jouer au basket, c'était à Mourenx. Cette petite salle, pleine de fans, nous étions comme une famille. Chacun essayait de faire de son mieux pour l'équipe et le club. J'ai ressenti ça aussi à Montpellier. Je pense qu'à la fin d'une carrière, les fans sont ceux qui te montrent réellement combien ils t'apprécient et se rappellent de ton jeu.

Et le pire ?
C'est quand je me suis déchiré le ligament croisé lors de ma première saison à Tarbes. J'ai été opérée, je n'avais que 20 ans et dans cette situation j'ai décidé de signer à Aix-en-Provence pour la saison d'après ce qui a déçu les gens de Tarbes. Donc jusqu'à la fin de la saison on a eu quelques problèmes mais aujourd'hui, je ne pense pas qu'il y ait de mauvais sentiments. Ca s'est fait pour certaines raisons et on apprend tous de nos erreurs. Les fans me le rappelaient chaque saison quand je jouait contre Tarbes, qu'ils n'avait pas aimé que je parte.

As-tu encore des amies qui jouent en LFB ?
J'ai des amies qui jouent dans la ligue française et c'est une des meilleures choses qui reste après avoir joué au basket. Avec certaines tu parles plus, avec d'autres moins et je pense que les réseaux sociaux sont coupables de ça parce qu'on sait tout ce qui se passe dans la vie des autres. Parfois c'est plus facile de ne pas appeler ou envoyer un message parce que tu sais déjà. Je mentionne une personne spéciale pour moi, Ana Maria Filip. Elle est venue à mon mariage, je l'ai connue jeune à Bourges et je peux dire qu'elle a bien grandi. C'est une femme et une joueuse forte. Elle n'abandonne jamais.

Son parcours en LFB
2003-2004 Tarbes
2004-2005 Aix-en-Provence
2006-2008 Mourenx
2008-2010 Bourges
2010-2013 Lattes Montpellier

Son palmarès en LFB
Championne de France LFB en 2009
Vainqueur de la Coupe de France en 2009, 2010, 2011 et 2013

Catégorie: 
Surtitre: 
Que deviens-tu...Ana Lelas ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mercredi, 10. Juin 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Découverte à Tarbes en 2003, Ana Lelas a joué pendant neuf saisons en Ligué Féminine et porté les maillots du TGB, Aix-en-Provence, Mourenx, Bourges et Lattes Montpellier (216 matches joués). Après une carrière bien remplie qui s'est terminée en 2017, l'ailière est retournée vivre en Croatie où elle a fondé une famille.
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Générations complémentaires

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"C’est pour moi une très belle génération", estime Jérôme Fournier, l’entraîneur des U20 féminines. "Dans la continuité de l’été dernier cela aurait permis de solliciter les 2000 qui ont déjà participé à l’Euro 2019, associées à cette formidable génération 2001 qui a fait la démonstration, avec des effectifs à géométrie variable, qu’elle pouvait toujours performer."

Il y a un an, à Klatsvy, en République Tchèque, la France avait décroché une médaille de bronze et s’était appuyée sur 4 éléments nées en 2000, toujours éligibles aujourd’hui dans la catégorie U20. L’une d’elles, qui faisait ses débuts en compétition internationale, avait été une véritable révélation. A 19 ans, Serena Manala est un profil rare dans le basket féminin français. Ses 2,02 m et sa puissance en font potentiellement une arme fatale, à condition de s’adapter à ses caractéristiques. "Ce n’est pas une petite adaptation, c’est une grande adaptation", sourit Jérôme Fournier. "Tous les repères changent avec elle. Ce n’est pas qu’elle est mieux traitée, c’est qu’elle est traitée différemment. Le travail réalisé en 2019 était exceptionnel. On imaginait que ce serait encore mieux cet été. Je crois vraiment en Serena. Qu’en l’accompagnant on peut l’amener en Equipe de France."

A ses côtés, Océane Monpierre, Hélène Jakovljevic et Nabala Fofana avaient également posé un pied sur le podium. Du trio, Monpierre est celle qui a trouvé le plus large champ d’expression en Ligue Féminine. Avec Roche Vendée elle passe 18 minutes en moyenne sur les parquets de LFB pour 7,6 points et 3,4 rebonds de moyenne. Non retenue il y a un an, l’intérieure Sixtine Macquet semble avoir réalisé ces derniers mois d’immenses progrès. Le 19 janvier dernier elle s’est ainsi fendue de 22 points en 24 minutes face à Montpellier. Une efficacité que l’on retrouve dans son rendement impressionnant de 6,2 points en 11 minutes par match.

Elles sont rares cependant à pouvoir évoluer dans l’élite et comme chez les 1999 avant elles, nombre de joueuses avaient décidé de poursuivre leur aventure basket aux Etats-Unis. Les expatriés constituaient près de 50% de l’équipe en 2019 et si plusieurs étudiantes US figuraient encore dans le groupe élargi pensé par Jérôme Fournier, leur impact allait diminuant : "L’équipe reposait en partie sur les Américaines il y a un an. Leur apport aurait été plus marginal cette année."

Une situation liée notamment à la présence de la génération 2001, championne d’Europe U16 en 2017 et troisième du championnat d’Europe U18 2019 malgré les absences de Marine Fauthoux, Iliana Rupert, Zoé Wadoux et Kendra Chery. Un résultat qui démontre la richesse de cette génération. "Le vivier est très important et le mélange vraiment très intéressant, la complémentarité réelle." D’autant plus vrai qui si les grands gabarits figuraient majoritairement chez les plus âgées, les arrières pullulent chez les plus jeunes. "Il y a des joueuses qui aiment scorer, avec de l’agressivité dans le tir et le drive. J’ai toujours aimé avec un process défensif. Et c’est notre public en France. Mais pour le coup cette équipe avait bien plus de talent offensif." Pas épargnée par les blessures, Wadoux demeure une redoutable menace extérieure. A 19 ans Chery est déjà bien intégrée dans la rotation de Roche Vendée en LFB (16 minutes). Il en va de même pour Marie Pardon à Tarbes (4,5 points en 23 minutes) tandis que Janelle Salaun, élue dans le cinq idéal de l’Euro U18 l’été dernier, a été plus discrète dans une plus grosse cylindrée (10 minutes à Charleville).

Si la NCAA était la destination tendance il y a peu, c’est désormais la Ligue Féminine 2 qui a retenu les préférences des prospects. Elles sont nombreuses à y tenir un véritable rôle. De quoi répondre à une problématique qui avait pénalisé la catégorie depuis quelques années. Là où les U18 ont décroché 9 podiums en 10 ans, les U20 n’en ont obtenu que 3. "En France nos jeunes joueuses jouent peu, contrairement aux autres nations", pointe du doigt Jérôme Fournier. "L’avance que le système du Pôle France et des centres de formation nous offraient en U16 ou U18 se comblaient par la suite." Une analyse que l’entraîneur fédéral tempère cependant. "La catégorie U20 aujourd’hui encore plus qu’hier affronte un frein à la performance collective, c’est le fait qu’elle ne pouvait compter sur les meilleures joueuses. De Valériane Ayayi en 2014 et je peux prends toutes les années dans la foulée. Tant mieux pour notre système. Quand tu n’as pas une génération exceptionnelle, c’est plus difficile. Mais on ne va pas refaire l’histoire."

Valériane Ayayi, Alexia Chartereau, Marine Fauthoux, Iliana Rupert, le basket français n’a eu de cesse de se renouveler depuis plusieurs années, assurant un maintien constant au sein du gratin mondial. La génération 2000, si elle ne comptait pas dans ses rangs des talents de cette dimension, laissera malgré tout une marque dans l’histoire. "Je voulais faire en sorte qu’elles puissent faire le deuil d’une équipe nationale sur une bonne note", conclut Jérôme Fournier. "Au-delà de la médaille de bronze de l’année dernière, l’état d’esprit dans lequel elles se sont investies et leur mentalité étaient extraordinaires. C’est une génération qui aime l’Equipe de France et il y avait beaucoup de tristesse de leur part à ne pas terminer sur une compétition."

Génération 2000

Joueuse Taille Poste Club
Coralie Chabrier 1,69 1 LDLC Asvel Féminin
Margot De Freitas 1,88 4-5 Toulouse MB (LF2)
Nabala Fofana 1,86 5 Nantes Rezé
Caroline Germond 1,70 1 South Plains College (JuCo)
Maria Guramare 1,88 4 Harvard (NCAA)
Hélène Jakovljevic 1,77 2 Landernau Basket
Diaba Konate 1,70 1 Idaho State (NCAA)
Sixtine Macquet 1,96 5 Charnay Basket
Serena Manala 2,02 5 Basket Lattes Montpellier
Jessica Mavambou 1,84 4 As Aulnoye (LF2)
Sirine Mehadji 1,90 4-5 Basket Landes
Océane Monpierre 1,70 1 Roche Vendée BC
Kenza Salgues 1,75 2 Miami (NCAA)


Génération 2001

Joueuse Taille Poste Club
Kendra Chery 1,85 3-4 Roche Vendée Basket
Yohanna Ewodo 1,82 3 C' Chartes BF (LF2)
Ewl Guennoc 1,74 1 USO Mondeville Basket (LF2)
Camille Hillotte 1,81 2-3 C' Chartes BF (LF2)
Jade Hamaoui 1,81 2 Bourges Basket
Anaia Hoard 1,78 2 Wake Forest (NCAA)
Tenin Magassa 1,90 5 COB Calais (LF2)
Eve Mahoutou 1,82 3-4 Reims BF (LF2)
Marie Pardon 1,78 1 Tarbes GB
Janelle Salaun 1,88 3-4 Flammes Carolo 
Zoé Wadoux 1,78 2 ESB Villeneuve D'Ascq 
Eve Wembanyama 1,82 5 LDLC ASVEL Féminin
Olivia Yale 1,78 2-3 Reims BF (LF2)

 

Surtitre: 
EDF Jeunes
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Lundi, 8. Juin 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
C’est à Sopron, en Hongrie, que l’Equipe de France U20 féminine devait disputer son Championnat d’Europe, du 8 au 16 août. Cet été leur entraîneur, Jérôme Fournier, pouvait travailler sur deux années d’âge (2000 et 2001), une possibilité qui offrait de réelles perspectives aux Bleuettes.
crédit: 
FIBA
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