Basket 3x3

Des certitudes, des regrets et une place à défendre parmi l'élite mondiale

Par Tom Thuillier|Aujourd'hui
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Au terme d'une semaine intense dans le centre de Varsovie, les Équipes de France 3x3 repartent de Pologne sans médaille mais avec la confirmation qu'elles figurent toujours parmi les nations qui comptent sur la scène internationale. Dans un contexte mondial toujours plus dense, les enseignements sont nombreux à moins de deux ans des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.

Au pied du Palais de la Culture et de la Science, devant plusieurs milliers de spectateurs réunis chaque jour dans une enceinte à ciel ouvert, la Coupe du Monde 2026 a offert une nouvelle démonstration de ce qui fait la singularité du 3x3. Un terrain installé au cœur de la ville, une proximité permanente avec le public et une intensité sportive rarement égalée. Pour les Équipes de France, cette édition polonaise a également confirmé une tendance de fond : le niveau mondial continue de se resserrer.

Les Bleus à un souffle du podium

Après leur médaille d'argent olympique à Paris 2024, les hommes de Karim Souchu avaient à cœur de confirmer leur place parmi les références mondiales de la discipline. Mission accomplie sur le plan du niveau de jeu, même si le résultat final laisse forcément un goût amer. La phase de poule avait déjà donné le ton. Vainqueurs de la Belgique, de Porto Rico et du Brésil, les Français n'ont été battus que par la Lituanie, championne d'Europe en titre. Contraints de passer par les huitièmes de finale, ils ont ensuite éliminé Madagascar puis réalisé une performance de premier ordre face aux États-Unis en quart de finale. Leur parcours s'est finalement arrêté aux portes de la finale face à l'Allemagne, avant une nouvelle défaite d'un souffle contre la Serbie lors du match pour la troisième place. « On est dans le dernier carré, donc c'est vrai que c'est une satisfaction, mais c'est aussi une déception de ne pas ramener une médaille. On voit que ça se joue à rien du tout », analyse Karim Souchu. Le sélectionneur résume parfaitement le sentiment laissé par cette compétition. Battus sur des détails dans les moments décisifs, les Bleus ont pourtant démontré qu'ils avaient toute leur place parmi les meilleures nations de la planète. « Tous les matchs de demi-finale, garçons ou filles, se jouent à un point. Littéralement. Aujourd'hui, la marge d'erreur est vraiment très minime », poursuit-il.

Un 3x3 mondial de plus en plus dense

Au-delà du parcours français, cette Coupe du Monde a illustré l'évolution rapide du niveau international. L'élimination prématurée de l'Espagne, championne du monde en titre chez les hommes, ou encore le parcours exceptionnel de Madagascar ont rappelé qu'aucune rencontre n'était désormais gagnée d'avance. « Il n'y a plus de petites équipes », confirme Karim Souchu. « On a vu Madagascar sortir l'Espagne. Aujourd'hui, sur ces compétitions, il faut arriver avec une équipe prête à en découdre parce qu'il n'y a plus de matchs faciles comme ça pouvait être le cas auparavant ». Dans ce contexte, la France continue néanmoins d'avancer avec un modèle de plus en plus structuré. Les quatre joueurs retenus à Varsovie évoluent toute l'année au sein des équipes professionnelles de Toulouse 3x3 et Bordeaux 3x3, engagées sur le circuit international. « C'est un avantage d'avoir des professionnels du 3x3. Ce sont des joueurs qui connaissent parfaitement la discipline et toutes ses spécificités », estime Karim Souchu.

Des Bleues frustrées mais compétitives

Du côté féminin, le parcours a été plus contrasté mais riche d'enseignements. Placées dans une poule relevée, les Bleues ont dû batailler jusqu'au bout pour décrocher leur qualification. Battues par l'Ukraine (10-11) et la Japon (13-16) lors de la phase de groupes, elles ont longtemps évolué sur un fil avant de valider leur place en phase finale. Le huitième de finale a lui aussi été particulièrement disputé. Les Françaises ont dû puiser dans leurs ressources pour poursuivre leur aventure, mais cette qualification a laissé des traces. Marie-Michelle Milapie s'est blessée au cours de la rencontre, privant l'équipe d'un élément majeur au moment d'aborder le quart de finale face aux États-Unis. Réduites à trois joueuses contre l'une des nations les plus athlétiques de la compétition, les Bleues ont pourtant longtemps tenu tête aux Américaines avant de s’incliner (16-18). « J'avais dit avant la compétition que tout était possible pour nous si nous étions épargnés physiquement. Malheureusement, le sort en a voulu autrement. Malgré cela, même à trois joueuses, je pense que le match était prenable », explique François Brisson. Au-delà du résultat brut, le sélectionneur retient néanmoins la progression affichée par son groupe tout au long de la préparation et de la compétition « on a vu des choses intéressantes dans la continuité du travail engagé ces derniers mois. Défensivement, nous avons franchi un cap. Nous savons aussi sur quels secteurs nous devons encore progresser offensivement pour rivaliser avec les meilleures équipes mondiales ». Dans une discipline où les écarts se réduisent d'année en année, cette campagne mondiale confirme que les Françaises restent compétitives au plus haut niveau, même si elles repartent de Varsovie avec le sentiment d'avoir laissé passer une belle opportunité.

Une étape importante sur la route de Los Angeles

Si aucune médaille n'est venue récompenser les efforts français, cette Coupe du Monde représente néanmoins une étape importante dans la course aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Chaque résultat international compte dans l'accumulation de points FIBA qui déterminera les futures qualifications olympiques. « C'est encourageant parce que nous sommes sur la bonne voie », explique Karim Souchu. « Mais il faut continuer à progresser. Nous sommes dans le dernier carré mondial, mais les quatre demi-finalistes sont européens et nous savons qu'il y aura très peu de places pour l'Europe aux Jeux ». Même constat du côté féminin où la bataille avec les grandes nations européennes s'annonce particulièrement disputée. Une chose est certaine : malgré les regrets laissés par Varsovie, les Équipes de France ont démontré qu'elles possédaient toujours les armes pour rivaliser avec les meilleures sélections du monde. À deux ans de Los Angeles, la route est encore longue, mais les fondations restent solides.