La tétralogie du soir : une surprise, une frayeur, une accélération, une émotion.
Les Bleus sont entrés sur le parquet du Kindarena en ayant appris l’improbable victoire, plus tôt dans la soirée, de la Hongrie à domicile contre la Finlande, qui présentait pourtant un profil très proche de son équipe type. Un succès qui pourrait avoir son importance d’ici la fin de la première phase et bouscule déjà quelque peu l’ordre, a priori, établi.
Ils ont ensuite vécu cinq minutes cauchemardesques. 0/7 aux tirs, 1/4 aux lancers-francs et le scenario du pire qui prenait forme. Julien Mahé, l’entraîneur de Nanterre et désormais de la Belgique, ne cachait pourtant pas ses doutes cette semaine sur le potentiel de son équipe, largement entamé avec les forfaits de quelques éléments majeurs. Frédéric Fauthoux, s’il n’était pas désormais habitué à une telle situation, aurait pu tenir le même discours mais le Team France a toujours su faire face aux défis d’un calendrier aberrant qui rebat les cartes à chaque fenêtre FIBA. La Serbie, larguée de plus de 20 points à la pause contre la Suisse, ou l’Italie, battue à domicile par l’Islande, avaient rappelé cette réalité jeudi soir. Le risque était donc bien réel et se matérialisait par un 3-11 au tableau de marque.
Malgré les entrées salvatrices de Nicolas Lang, Andrew Albicy et Killian Tillie, les Bleus ne parvenaient jamais à trouver le moindre rythme ou la moindre fluidité dans une attaque hésitante et maladroite (20-28, 16e). Quelques inspirations de Benjamin Sene (9 pts) et une défense efficace limitaient cependant les dégâts à l’heure de regagner les vestiaires. Il fallait dès lors une légère montée en gamme pour respirer un peu mieux. Changement de braquet qui allait intervenir au milieu du troisième quart-temps grâce à des rotations largement supérieures en qualité et au poignet de Nicolas Lang (47-39).
En retrouvant de l'adresse, la France s'évitait quelques maux de tête et trouvaient les guerriers (Lionel Gaudoux) et les scoreurs (Benjamin Sene, Axel Bouteille) pour faire la différence. Disposant d'un matelas d'une dizaine de points, elle gérait avec efficacité son avance et s'assurait de ne pas gâcher le dernier temps fort de la soirée.
Une victoire capitale en poche, elle permettait à Andrew Albicy de recevoir, au milieu du terrain, un bel hommage pour son dernier match sur le sol français. Le capitaine avait encore une fois été exemplaire lors de la soirée et a versé une petite larme en découvrant une vidéo saluant ses 109 sélections et un visuel offert par Jean-Aimé Toupane, venu saluer celui qui fut son joueur et MVP lors de la conquête de l’or européen en U20, en 2010.