Équipe de France masculine

Francisco, esprit outsider

Par Julien Guérineau|Aujourd'hui
Préparation Qualifications Cm2027 Fra Srb Sylvain Francisco
Malgré son statut de star de l’EuroLeague, Sylvain Francisco continue de considérer que sa place en Équipe de France n’a rien de garantie. 

Il a, malgré lui, animé le marché européen des transferts cet été. Intronisé nouveau joueur de l’ASVEL durant la fenêtre FIBA de juillet, c’est comme directeur du jeu du Panathinaïkos Athènes que Sylvain Francisco est revenu pour la fenêtre FIBA d’août. La conséquence d’un budget revu à la baisse du côté du club lyonnais de Tony Parker. "Ce n’était pas à moi de m’occuper de ça", a balayé calmement celui qui a été élu dans le cinq idéal de l’EuroLeague avec le Zalgiris Kaunas. "C’était le boulot de mes agents. C’était dur parce que le projet en place à l’ASVEL était très intéressant avec l’ambition d’être une grosse équipe d’EuroLeague et viser le Final Four. Nous avons beaucoup parlé avec Tony Parker. Mais à un moment j’ai dit à mes agents : il faut qu’on parte."

Le richissime Pana lui aura servi de point de chute. A Athènes, Francisco rejoindra une colonie tricolore (Moustapha Fall, Guerschon Yabusele, Mathias Lessort) avec en tête la conquête du titre continental. De quoi oublier la déception de ne pas avoir réalisé son rêve NBA. Malgré des contacts avancés, avec les Chicago Bulls notamment, la signature tardive de LeBron James, qui avait mis tout le marché sur pause, a enterré ses espoirs. "J’étais un peu saoulé mais je ne pouvais pas le contrôler", glisse-t-il.

A 28 ans, le meneur aux 35 sélections, n’a peut-être pas tiré un trait sur ses ambitions américaines, mais se concentre dans un premier temps sur son avenir avec les Bleus. Capitaine en février dernier et auteur d'un panier au buzzer pour une victoire en Hongrie, deuxième marqueur de l’Équipe de France sur les qualifications à la Coupe du Monde (13,7 pts), capable de coups de chaud mémorables (32 points, 7 rebonds, 5 passes face à la Slovénie à l’EuroBasket 2025), le Francilien n’en considère pas pour autant que sa présence en sélection est une évidence. "Je garde la mentalité d’un joueur qui a tout à prouver. Du jour au lendemain tout peut disparaître", insiste-t-il. Face à la Serbie, à Orléans, c’est lui qui a sorti son équipe d’un mauvais pas dans le quatrième quart-temps (20 pts en 21’).  

Un rôle qui pourrait être amené à évoluer en fonction des configurations d’équipe des Bleus. "J’ai l’impression que chaque année il y a quelque chose qui change", note-t-il. "Ce ne sont jamais les mêmes joueurs et c’est ça qui est dur. Je pensais qu’on aurait tout le monde pour cette fenêtre mais il n’y a pas Guerschon (Yabusele), Elie (Okobo), Zaccharie (Risacher), Bilal (Coulibaly)… La question c’est d’apprendre à jouer autour de Victor. Nous sommes des joueurs expérimentés et le plus important c’est de beaucoup communiquer entre nous. Je trouve que l’évolution est positive pour l’instant." Une évolution à valider jeudi soir, à l’Accor Arena, face à la Slovénie.