Equipes de France jeunes

Équipes de France Jeunes

"Je suis toujours surpris par leur enthousiasme"

Par Jérémy Barbier|Aujourd'hui
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© FIBA
Champion d’Europe en 2022 puis 2023 avec les U16, Arnaud Guppillotte est de retour cet été à la tête d’une génération au potentiel intrigant. Fort d’une vingtaine de compétitions internationales sur les différentes catégories d’âge, le sélectionneur explique comment il prépare les cadettes de la nation à assumer leur premier grand rendez-vous sous le maillot bleu.

Pour la première fois depuis de nombreuses années, vous n’étiez pas sur le banc d’une sélection l’été dernier. Vous aviez besoin de prendre un peu de recul ?

J’ai profité d’un peu de repos, que j’espère mérité. C’était une demande de ma part mais aussi une volonté de faire tourner les staffs. Si on excepte l’année Covid, j’ai enchaîné dix-huit années de campagnes, j’avais logiquement besoin de souffler. J’en ai profité pour faire des choses très différentes : je suis allé voir les garçons à la Coupe du Monde U19, j’ai rencontré beaucoup d’entraîneurs dont Vincent Collet et Massimo Cancellieri à qui j’ai pu poser 15 000 questions. J’ai également suivi une formation, participé à l’évaluation des arbitres, fait des animations en entreprise sur le management, etc. Je suis de retour en sélection en étant bien reposé mentalement.

Vous emmenez une nouvelle génération sur sa première grande compétition, comment préparez-vous le groupe à cette échéance ? 
Avec seulement 21 ou 22 jours devant nous, j’ai privilégié l’entraînement à la compétition. Nous avons un premier bloc classique avec trois matchs amicaux en France mais derrière, nous n’aurons aucun tournoi à l’étranger pour évaluer les joueuses. J’ai gonflé le groupe de travail pour maîtriser mes conditions d’entraînement et faire des trials : entraînement le matin et scrimmage l’après-midi. Ça évite les jours mangés par les déplacements et la fatigue accumulée dans des conditions que nous ne maîtrisons pas toujours. Nous serons sans doute mieux préparés mentalement et physiquement, l’inconvénient étant peut-être de manquer un peu de rythme au début de la compétition. C’est un parti pris de ma part.

Quelle a été votre première impression sur ce groupe ?
J’ai une équipe avec énormément de potentiel. C’est la première fois où nous avons autant de joueuses susceptibles de figurer dans la liste des 12. Après notre tour des centres de formation, nous avions coché 34 noms sur l’ensemble de la génération quand d’habitude, nous sommes davantage sur 18 ou 20 joueuses. Et lorsqu’il a fallu dresser une première liste de 20, nous n’étions pas tous d’accord au sein du staff. 

Quasiment toutes les joueuses que vous entraînez tout au long de l’année au Pôle France figuraient dans cette pré-sélection. Considérez-vous qu’elles ont un avantage sur les autres candidates ?
Une basketteuse du Pôle a l’avantage de connaître mes attentes, mon mode de fonctionnement, mon exigence. L’inconvénient pour elle, c’est que je l’évalue toute l’année. Je connais ses forces et ses faiblesses or si j’ai une insatisfaction pendant les stages, ça ne joue pas en sa faveur. Une joueuse qui n’est pas au Pôle peut très bien faire une année moyenne en club mais révéler des ressources nouvelles sur 21 jours de préparation puis 10 de compétition. Elle peut surfer sur quelque chose qui sera surprenant, pour elle comme pour moi. J’évalue la joueuse telle que je la découvre. Elle a cette chance de devenir celle qu’elle désire sur un mois de rassemblement.

C’est un moment spécial qu’un premier tournoi sous le maillot bleu. Qu’observez-vous généralement chez les joueuses qui découvrent ce niveau ?
Depuis 20 ans que j’entraîne les équipes nationales, je suis toujours surpris par leur enthousiasme. Les générations passent mais cette fraîcheur demeure. L’inexpérience de cette catégorie d’âge est compensée par son envie de bien faire. Chez les moins de 16 ans, au-delà d’éduquer à la performance, nous accompagnons les joueuses dans des moments qui sont très importants dans une vie de basketteuse mais également de jeune femme. Honorer une sélection, porter le maillot, voyager à l’étranger, c’est du sport mais aussi de la citoyenneté. Cet Euro est leur porte d’entrée dans les équipes nationales, nous ne devons pas nous louper.

Avec des individualités qui apprennent encore leurs fondamentaux, comment mettez-vous en place un collectif performant ?
Avant le premier rassemblement, toutes les joueuses ont reçu les contenus d’entraînement et les formes de jeu en vidéo. Leur challenge, c’est de comprendre la théorie en visionnant ces supports. Lorsqu’elles sortent du train, elles font du 5 contre 0 et je ne parle pas, je vois comment elles s’approprient les contenus. Ensuite, nous commençons à travailler sur les forces individuelles de chacune pour les mettre en valeur. Puis nous mettons le collectif en musique autour de trois ou quatre grands concepts : le spacing, le timing, l’intensité, le partage du ballon, etc.

Vous évoquez une génération avec beaucoup de potentiel, comment se traduit-il ?
Elle me fait un peu penser à la génération 2001 (ndlr  : génération de Janelle Salaün, Iliana Rupert, Marine Fauthoux, etc.) avec des joueuses profilées haut niveau, un vrai combo entre des basketteuses créatives et d’autres un peu plus physiques et opérationnelles. Il n’y a pas de trou dans les postes même si, sur le plan physique notamment, nous sommes encore au stade du potentiel. Elles ne sont pas encore prêtes mais le temps va jouer pour elles de manière très favorable.

Et cette immaturité physique n’empêche pas de viser un bon résultat...
Avec une génération comme celle-ci, ce serait vraiment ouvrir un parapluie de dire que nous y allons sans ambition. Bien sûr, en U16, il est toujours compliqué de présager des forces en présence. La Croatie, notre premier adversaire, aligne cinq joueuses qui ont déjà fait un Euro l’année dernière. La Roumanie, nation hôte, c’est le match piège par excellence. Côté Serbie, il y a deux joueuses de très grande taille assez fortes. Plusieurs nations proposent de belles générations sur cette classe d’âge mais si nous nous concentrons sur nous-mêmes, nous devons viser le podium au minimum. 

 

Nom Prénom Naissance Poste Taille Club
CORNELIE Ashley 21/01/2010 3/4 184 Bourges Basket
DAVID-ESSAGA Lindiwe  12/01/2010 1/2  180 PFBB (BC La Tronche Meylan)
DE PINA MONTEIRO Jayssie  28/04/2010 1/2  173 Bourges Basket
DOUCOURE Binta 10/11/2010 5 190 Bourges Basket
EBENGO Masiala 11/04/2011 5 192 PFBB (SMS Basket 91)
GOSSELIN Emma 27/05/2010 3/4  187 PFBB (Landerneau Bretagne Basket)
JEAN-LOUIS Maë 11/03/2010 2 177 PFBB (MGUN Nîmes Basket)
KANAYAN N’SIMBA Kimberly 20/05/2010 1 165 PFBB (ARVOR Basket Lorient)
OWONA Amalia  12/11/2010 3 182 PFBB (AS Saint Delphin)
RIGAUX Assiana 06/07/2010 1 165 Bourges Basket
TRAORE Annaelle 25/03/2010 3 183 Pays Voironnais
ZOMO Sharone 07/01/2010 5/4 185 PFBB (Val d’Europe Montévrain BC)

Entraîneur : Arnaud Guppillote
Assistants : Sylvie Gruszczynski, Christophe Pontcharraud, Fabien Unovis

Programme Euro 16 féminines – (Pitesti) Roumanie 
Phase de poule 
Vendredi 14 août à 12h00 : France-Croatie
Samedi 15 août à 17h00France-Roumanie
Dimanche 16 août à 12h00 : France-Serbie

Mardi 18 août : Huitièmes de finale
Mercredi 19 août : Quarts de finale 
Vendredi 21 août :
Demi-finales 
Samedi 22 août : Finale

Suivez les rencontres de l'Euro U16 féminin en direct sur www.youtube.com/fiba