LF2

Interview - Ligue Féminine 2

Le retour tonitruant de Pauline Lanfant

Par Thomas Puentes|7 févr. 2025
Itw Pauline Lanfant
© Cyril Douyere / STB Féminin
Après avoir connu la division avec Mondeville aux prémices de sa carrière, la jeune arrière du STB Féminin (22 ans - 1,75m) fait son grand retour dans la deuxième division française en véritable leader offensif du promu normand. Retour sur son changement de statut et son nouveau rôle sous le maillot du Havre.

Certes, c’est ta première saison sous le maillot du Havre en Ligue Féminine 2 mais c’est un championnat que tu connais, notamment dans lequel tu as évolué pendant deux saisons avec Mondeville. Qu’est-ce que cela fait de retrouver ce niveau de compétition ?

Franchement, c’est un réel plaisir. Rien que le fait de revoir des joueuses contre qui j’ai déjà joué à Mondeville, c’est quelque chose. Et puis le fait d’avoir pu faire monter mon équipe en Ligue Féminine 2, c’est encore plus gratifiant.

Après ne pas avoir été conservé par Mondeville à la suite de la saison 2021-22 après près de quinze années dans le club, tu as pris la direction du Havre. Pourquoi ce choix ? Qu’est-ce que tu recherchais en allant là-bas ?

Je voulais tenter l'aventure dans un club de Nationale Féminine 1 pour avoir un rôle plus important, chercher du temps de jeu et plus de responsabilités que je n’avais pas en Ligue Féminine 2. Le Havre représentait une bonne opportunité, car c’est un club qui a toujours eu de bons résultats en NF1, qui joue le haut de tableau et qui a un rythme d’entraînement similaire à celui de Mondeville. Donc, je ne perdais pas cet aspect-là donc pour moi c’était hyper intéressant en plus du temps de jeu et des responsabilités.

Qu’est-ce que ces deux saisons en NF1 t’ont apporté ? Et quelles différences vois-tu entre la NF1 et la LF2 ?

Ma première année a été difficile, car je devais m’adapter à un niveau différent. À Mondeville, en Ligue Féminine 2, on jouait le haut de tableau avec un collectif bien huilé. En NF1, j’ai trouvé le jeu plus brouillon, davantage centré sur l’individualité et de un-contre-un. Ça m’a surpris au début et je me suis fait “Houlà, ça fait tout drôle”. La première saison, c’était de la découverte mais en deuxième année, j’ai compris qu’il fallait que je prenne plus d’initiatives et que je me montre davantage. C’est là que j’ai vraiment franchi un cap et j’ai complétement changé par rapport au moment où j’étais à Mondeville.

Individuellement, ton retour en Ligue Féminine 2 est une réussite, notamment au niveau des statistiques (13,5 points, 3,9 rebonds, 2,5 passes et 1,4 interceptions de moyenne pour 9,2 d’évaluation en 34 minutes). Comment expliques tu cette évolution et ce changement de statut ?

Parfois, je regarde d’anciennes vidéos et je me rends compte du chemin parcouru. Ça fait plaisir de voir mon évolution. À Mondeville, j’étais en fin de rotation avec peu de minutes. Aujourd’hui, au Havre, j’ai des responsabilités et je continue à les assumer en Ligue Féminine 2 comme la saison passée en Nationale Féminine 1. C’est une vraie progression, et je suis fière de ça, d’avoir réussi cela en quelques années.

Tu as aussi retrouvé Mondeville cette saison et réalisé une grosse performance avec 22 points et 11 rebonds. Qu’est-ce que ça t’a fait de revenir là-bas et de livrer un tel match ? Y avait-il un sentiment de revanche ?

Un peu, oui (rires). Cela fait plaisir déjà mais cela m’a fait bizarre d’être dans les vestiaires visiteurs de la Halle Bérégovoy. Il y avait du stress au début, mais après, je me suis lâchée. Je voulais montrer que je n’étais plus la petite Pauline Lanfant de Mondeville, la petite jeune qui venait aider en Ligue Féminine 2, la petite joueuse de rotation qu’on connaissait à l'USOM. J’ai prouvé que j’ai évolué et que je suis devenue une leader offensive. C’était une belle revanche, oui.

Comment décrirais-tu ton équipe du Havre cette saison ?

Au début, on a eu du mal à se mettre dedans. La mayonnaise n’avait pas encore pris, mais aujourd’hui, on a trouvé un vrai collectif. On a prouvé qu’on pouvait tenir tête aux grosses équipes, comme Mondeville, contre qui on ne perd que d’un point alors que d’autres ont pris 20 points d’écart. Après c’est vrai qu’il y a une grosse marche entre la NF1 et la LF2, notre recrutement est peut-être plus modeste par rapport à d’autres clubs de Ligue Féminine 2, mais on ne va pas se laisser abattre et essayer de gagner le plus de matchs pour se maintenir dans la division.

Vous êtes actuellement onzième en championnat, dans une lutte serrée où le classement est très dense. Vous êtes un peu en retrait dans la course au Top 8 tout comme Saint-Amand et Aulnoye. Qu’est-ce qui vous manque pour franchir un cap et raccrocher le wagon ?

Je pense qu’on manque un peu de cardio dans le sens où on a du mal à tenir l’intensité tout le match. On tient bien pendant trois quart-temps, mais on baisse en intensité dans le dernier quart et à ce moment, l’équipe adverse repasse devant. Or, un match dure 40 minutes, pas 35 ou 38. Le coach (Laurent Chamu) redécouvre aussi la Ligue Féminine 2,. donc il a fallu du temps pour se ré-adapter. Mais avec notre victoire dans le derby contre Alençon, on a une bonne dynamique pour relancer la saison.

Et toi, quels sont tes objectifs personnels pour la suite ? Certes, c’est ta première année à ce niveau avec ce niveau de responsabilité mais est-ce qu’il y a une envie de rejoindre la première division comme ta mère (Caroline Lanfant, joueuse de Mondeville dans les années 1990) ?

Bien sûr ! Mon objectif est d’aller le plus haut possible. Je ne me mets pas de barrières. Si un jour l’EuroLeague ou l’EuroCup se présentent, je foncerai. Mais d’abord, je veux accéder à La Boulangère Wonderligue.

Pour en savoir plus sur Pauline Lanfant, découvrez son profil.

 

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