Women's Series FIBA 3x3
Est-ce déjà un soulagement d’avoir décroché cette qualification pour la finale mondiale à Shanghai ?
Non, ce n’est pas vraiment un soulagement. C’était plutôt l’un des objectifs que nous nous étions fixés. On savait qu’il fallait être performants sportivement sur les tournois. On s’était dit qu’il fallait être, à chaque fois, dans les quatre premières équipes. Il y a eu une ou deux étapes où nous avons terminé un peu plus loin, mais nous avons aussi joué trois finales que nous avons perdues d’un point. C’était donc clairement un objectif. D’autant plus que, dans cette course à la qualification, nous avons été confrontés à une décision du gouvernement français de nous protéger et de ne pas nous permettre de participer à certains tournois, notamment en Azerbaïdjan. Dans cette course, nous sommes, avec les Pays-Bas, l’équipe qui aura disputé le moins de Women’s Series. Nous en avons joué huit, alors que les autres équipes sont toutes au-dessus, certaines allant jusqu’à douze ou treize tournois. Forcément, cela représente autant d’occasions supplémentaires d’engranger des points.
Y a-t-il malgré tout un petit regret de ne pas avoir remporté d’étape ? Et avez-vous ressenti une pression particulière en sachant que vous auriez moins de tournois pour vous qualifier ?
La pression fait partie du quotidien d’une Équipe de France. Que ce soit avec les U25, France ou Paris, à chaque fois qu’une équipe sort, il y a cette pression, parce qu’on pense avoir des joueuses capables de rivaliser. Donc oui, nous avons cette pression à chaque tournoi. Concernant le fait de ne pas avoir gagné d’étape, cela faisait partie d’un processus. L’année dernière, nous avions effectué une très large revue d’effectif avec peu de temps de préparation, nous n’avions donc pas vraiment installé un roster, un effectif stable. Cette année, il s’agissait davantage de construire et d’installer ce groupe. On peut prendre l’exemple des Pays-Bas : avant les Jeux de Paris, ils avaient eux aussi essayé beaucoup de choses et commencé à installer leur équipe. Ils ne s’étaient pas qualifiés pour les Jeux de Paris, mais ils ont ensuite commencé à performer l’année suivante. Cela demande du temps au plus haut niveau international. J’ai pu constater la différence entre les Women’s Series de l’an dernier, qui ne comptaient pas encore dans le décompte des points pour la qualification olympique, et celles de cette année. Les équipes sont beaucoup plus préparées et donc plus performantes. Chaque erreur se paie aussi beaucoup plus vite. Nous sommes dans cette construction. L’an dernier, nous avions identifié les joueuses susceptibles d’apparaître dans ce projet olympique, et cette saison nous a permis de franchir une étape supplémentaire. Maintenant, il faut performer. Nous arrivons sur les dernières étapes, où nous devons mettre certaines choses en avant et corriger ce qui doit l’être pour pouvoir prétendre à une victoire sur une Series, mais aussi pour passer un quart de finale ou gagner des matches face à des équipes qui sont déjà prêtes. Je pense que nous n’en sommes pas loin. En tout cas, les joueuses ont toujours montré cette envie de progresser, de repousser leurs limites et de s’investir. Je pense que cela va venir maintenant. Nous ne sommes évidemment pas seuls dans cette course.
Quel objectif sportif fixez-vous pour la finale mondiale de Shanghai ?
L’objectif, c’est surtout de se dire qu’on ne s’interdit rien. Toutes les équipes que nous avons affrontées, il n’y en a aucune contre laquelle nous avons été complètement dépassés du début à la fin. Contre les Pays-Bas, à Batam par exemple, nous avons eu deux dernières minutes où nous avons perdu un peu le contrôle de ce que nous voulions faire, et nous l’avons payé cash. La question est donc de savoir si nous allons pouvoir les titiller là-bas. L’Espagne a adopté une stratégie un peu différente. Elle a davantage préparé son équipe à l’entraînement, a moins joué de tournois et est arrivée à Bordeaux avec une équipe plus préparée. On voit que cela paie aussi. Nous sommes dans l’emballage final. Chaque équipe est bonne et préparée. Pour moi, c’est un peu comme si nous avions passé les poules et qu’arrivaient maintenant les quarts, les demies et la finale : ce sont uniquement des matches couperets qui nous attendent. Je sens en tout cas une équipe prête à en découdre, avec des opportunités à saisir contre chaque adversaire.
On a également vu cette année, notamment lors du Women’s Series Finals, beaucoup d’équipes commerciales ou privées et très peu d’équipes nationales. Comment analyses-tu cette situation ?
Cela va notamment dépendre du dernier résultat d’une autre équipe commerciale japonaise, Mitsubishi Electric. Nous connaissions les règles. Il y a un avantage accordé aux équipes commerciales, qui peuvent prétendre à participer à davantage de tournois. C’est ce que l’on constate lorsque l’on regarde les premières équipes : Oulan-Bator, Amazon, Pékin — qui est une équipe commerciale — ou encore Neptun Soccer sont toutes à plus de dix, voire douze ou treize tournois, alors que nous en sommes à huit. Et nous avons en plus essuyé un certain nombre de refus alors que nous pouvions prétendre à participer à ces étapes. Forcément, cela fait la différence. Cela signifie aussi que certaines équipes nationales ne vont pas se qualifier : l’Australie, qui est vice-championne du monde, l’Espagne ou encore les États-Unis, qui sont champions du monde. Nous savons donc que cet avantage accordé aux équipes commerciales a un impact.
Une autre Française, Hortense, s’est également qualifiée avec son équipe. Est-ce quelque chose que tu suis ? Échangez-vous avec elle, puisqu’elle fait également partie du groupe France dans cette perspective de qualification olympique ?
Oui, bien sûr. Pour commencer, nous avions reçu une invitation à laquelle nous avions répondu favorablement. Nous étions début juillet en stage à Bucarest, avant le Women’s Series organisé par son club, le Rapid. Nous avions donc pu échanger directement à ce moment-là. Elle fait toujours partie de notre groupe de joueuses. Elle est même remplaçante actuellement sur la Coupe d’Europe. J’avais annoncé aux joueuses qu’au vu de l’enchaînement des échéances en fin d’année, entre les finales des World Series et la Coupe d’Europe, nous n’aurions très certainement pas de stage de préparation supplémentaire, avec notamment une sélection qui serait annoncée après ce stage. Ce sont donc surtout les performances réalisées sur la saison de 3x3 et les Women’s Series qui allaient nous permettre de prendre notre décision et d’arrêter la sélection. C’est ce que nous avons fait en début de semaine. Nous suivons forcément de très près toutes les joueuses engagées, que ce soit celles des trois équipes soutenues par la Fédération — les U25, Paris et France — mais aussi certaines U23, puisqu’une équipe s’est qualifiée pour les finales mondiales de la Coupe du monde, et bien sûr le Rapid. Nous avions annoncé que le choix serait sportif, en recherchant avant tout la complémentarité de l’équipe qui, selon nous, nous permettrait d’aller chercher une médaille à la Coupe d’Europe. Nous pensons avoir une équipe capable d’aller chercher cette médaille à la Coupe d’Europe.