En l'espace d'une dizaine de jours, tu as enchaîné la Nations League U23 puis deux étapes du circuit international Women's Series pour ta première sélection en Bleu. Comment se sent-on après une telle séquence ?
Physiquement, je suis un peu fatiguée parce qu'on a tout enchaîné. Mais mentalement, je ne suis pas du tout fatiguée. Au contraire, ça a été tellement intense pendant une semaine et demie que ça me manque déjà. Ça ne fait que deux jours qu'on a terminé mais j'ai presque l'impression qu'il manque quelque chose, qu'il n'y a plus d'enjeu.
Tu devais initialement disputer la Nations League U23 et tu as finalement été appelée avec l'Équipe de France A pour les Women's Series. Comment as-tu vécu cette annonce ?
J'étais super contente, mais aussi un peu stressée. Je n'ai pas énormément d'expérience en 3x3 donc la Nations League était déjà quelque chose de nouveau pour moi. Alors intégrer les A, ça faisait beaucoup d'un coup. Heureusement, les coachs m'ont beaucoup aidée et les filles m'ont super bien accueillie. Elles m'ont donné de la confiance, des responsabilités, tout en me guidant parce que je découvrais beaucoup de choses.
La particularité à Vienne, c'est que les U23 filles, les U23 garçons et l'Équipe de France féminine étaient réunis au même endroit. Est-ce que cela a créé une atmosphère particulière ?
Oui, complètement. On était vraiment comme une grande famille. Quand les unes jouaient, les autres venaient encourager dès qu'elles le pouvaient. On célébrait les victoires tous ensemble, avec les garçons aussi. On était vraiment soudés. Ça apporte beaucoup parce qu'on ne se sent jamais seul.
Tu as découvert à quelques jours d'intervalle la Nations League et le Women's Series. Quelles différences as-tu ressenties ?
Avec les A, on sent tout de suite que les équipes se connaissent parfaitement. Ça va plus vite, c'est plus impactant physiquement et surtout ça sanctionne très vite. En U23, il y a parfois un peu plus de marge. Sur le Women's Series, la moindre erreur se paie immédiatement.
Après Vienne, tu as découvert l'ambiance d'Orléans devant le public français. As-tu senti une différence ?
Oui, forcément. Sur la dernière journée, il y avait du monde et on sentait vraiment que ça nous poussait. Jouer à domicile, ça change un peu la donne. On ressent ce soutien et ça fait du bien.
Tu as partagé le terrain avec Marie-Ève Paget, Marie Mané et Myriam Djekoundade, toutes très expérimentées en 3x3. Qu'est-ce que cela t'a apporté ?
Elles ont été un peu comme mes mamans (rires). Elles m'ont vraiment guidée tout au long des tournois. Quand je faisais quelque chose de bien, elles me mettaient en confiance. Et quand je faisais une erreur, ce n'était jamais pour m'enfoncer, mais toujours avec bienveillance, pour m'aider à progresser. Elles ont énormément d'expérience et je me suis beaucoup appuyée sur elles.
Le 3x3 était-il un objectif pour toi ?
J'avais déjà découvert le 3x3 l'année dernière lors d'un stage avec les A et d'une compétition à Bonn. J'étais surtout concentrée sur le 5x5, mais ça m'a toujours intéressée parce que ça reste du basket. Et depuis que j'ai vraiment commencé, j'y prends énormément de plaisir.
Tu as aussi disputé plusieurs étapes du circuit national avec Brest 3x3. Comment est né ce projet ?
On est restées très proches avec les copines du Pôle Bretagne. Certaines jouaient déjà sur le circuit et on s'est dit que ce serait sympa de se retrouver sous les couleurs de Brest 3x3. C'est avant tout pour le plaisir de rejouer ensemble. On a un objectif d'Open de France mais je ne pourrai malheureusement pas y participer à cause de la Nations League. En revanche, j'ai hâte de jouer l'étape de Lorient, en Bretagne, à la maison.
Justement, la suite de l'été passera surtout par l'Équipe de France U23 ?
Oui. Je suis remplaçante avec les A, donc s'il y a un pépin je peux être appelée. Mais sinon, l'objectif principal sera les trois derniers stops de Nations League à Szolnok, en Hongrie. On veut aller chercher notre qualification pour la Coupe du Monde U23.
On sent une vraie complicité avec cette génération U23…
On se connaît quasiment toutes depuis qu'on a 14 ans. C'est presque fraternel. On est capables de se dire les choses, de se soutenir et c'est ce qui fait notre cohésion. Avec les garçons et le staff aussi, il y a une super ambiance. On prend du plaisir en performant et je pense que c'est le meilleur mélange.
Après cette première expérience avec les Bleues, est-ce que les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 ou les grandes compétitions internationales sont désormais dans un coin de ta tête ?
Avant d'aller avec les A, je n'y pensais pas forcément. Mais vu comment ça s'est passé, je me dis que peut-être… Alors oui, forcément, ça donne envie. En tout cas, je vais tout donner pour avoir ma chance.
Après une saison riche en enseignements avec Angers en 5x5, est-ce que le 3x3 t'apporte quelque chose de différent dans ta progression ?
Oui, vraiment. Cette saison n'a pas été simple collectivement. Retrouver du plaisir, gagner des matchs, reprendre confiance, ça me fait énormément de bien mentalement. Et sur le terrain, je développe des choses que je n'aurais peut-être jamais travaillées autrement. Défendre sur tous les profils, gérer des mismatchs en permanence… Je sens déjà que ça me fait progresser.