Trophée Coupe de France Féminin
Pour commencer, quelle est la sensation après avoir décroché votre qualification pour l’Accor Arena ?
Pour nous, c'est vraiment un rêve. On est sur un petit nuage, comme on dit souvent, parce qu’on ne s’imaginait vraiment pas là. On va dire qu'au début, on en rigolait plus qu’autre chose, de se qualifier à Bercy, puis au fur et à mesure, on a vu le truc arriver, on a joué notre chance et au final, c'est vraiment un exploit et un rêve.
Pour revenir là-dessus, petit rappel sur la qualification : vous inscrivez, à 1,4 seconde de la fin du match, le tir de la gagne pour vous qualifier. On doit vous en parler tous les jours, de ce tir, de cette fin de match un peu miraculeuse qui vous envoie à Paris ?
C'est sûr qu'on en parle souvent, surtout ici, parce qu’il y a un engouement autour du basket, vu que c'est un village. Mais après, on parle surtout de la performance d'équipe, parce que je pense que c'est ce qui a fait la différence. On est restées accrochées jusqu'à la fin, on a même mené pendant un moment. Donc je pense que c'est avant tout une performance globale et qu’il n’y a pas que mon tir. Toute la fin de match était assez incroyable.
Souvent, les équipes qui arrivent à ce niveau de la compétition figurent dans le haut de tableau de NF1. Vous êtes actuellement 6e de votre poule. Est-ce que c’était un objectif de début de saison ?
Non, ce n’était pas un objectif réel de début de saison, parce que nous, on jouait avant tout le maintien. Cela étant, on se l’était fixé un peu en annexe, parce qu’on prenait cette compétition comme notre truc à nous, avec la volonté d’aller le plus loin possible. Entre nous, on se le disait depuis le début, mais ce n’était pas un objectif affiché comme pour certaines équipes. En revanche, ça l’est devenu au fur et à mesure, notamment à l’approche du dernier plateau.
Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de ce parcours en Coupe de France, notamment sur la fin, et comment vous l’avez vécu ?
On est passées tour après tour. En huitièmes, on joue contre Limoges et là, déjà, on gagne vraiment à l'arrache, d’un point en prolongation. C'était le premier grand moment. Ensuite, on s'est dit qu'on devait bien préparer le plateau. On avait un peu d'appréhension face au Stade Français, parce qu'on avait perdu moins d’un mois avant en championnat. Du coup, on a vraiment beaucoup préparé le match, comme on ne l’avait jamais fait de l'année, d’après moi. On s'est toutes mises à fond dedans. Au final, même si le début de match n'était pas au top, on s'est vite rendu compte que le travail avait payé et je pense que nos appréhensions se sont vite envolées, parce qu'on a assez bien maîtrisé le quart de finale.
Ensuite, on a eu droit à un autre défi, car on jouait le Basket Club Nord Alsace (1er de la poule B de NF1). L’idée générale, c’était de se dire que si on les jouait dix fois, ça ne passerait peut-être pas la moitié du temps, mais que là, sur un match sec, il fallait jouer notre chance à fond. À la mi-temps, on a vu qu’on n’était pas loin, mais on ne jouait pas notre meilleur basket, surtout en défense. On s’est dit qu’il ne fallait surtout pas avoir de regrets. On ne parlait pas encore de victoire à ce moment-là. Il fallait montrer ce qu'on fait toute l'année, c’est-à-dire défendre fort. Et finalement, c’est ce qui a payé. Donc, on n’a pas de regrets et, en plus, on décroche la qualification.
Est-ce que vous pouvez nous présenter un peu votre équipe ? Comment vous vous définissez ? Qu’est-ce qui vous caractérise ?
Déjà, c’est une équipe qui vient de monter de Nationale Féminine 2 et qui, en l’espace de dix ans, est passée du niveau départemental à la NF1, il me semble. C’est déjà une très belle histoire. C’est un club chargé d’histoire. Il y a beaucoup de joueuses qui étaient là l'année dernière, qui ont fait la montée et qui sont devenues des joueuses importantes dans l'équipe, en s’adaptant bien à la division.
La majorité de l'équipe n’est pas à temps plein dans le basket : beaucoup travaillent à côté. On n’est que deux à ne faire que ça, donc je voulais vraiment souligner ce qu’elles font. Elles travaillent beaucoup à côté, elles donnent énormément d’elles-mêmes. Je pense que c’est aussi une équipe avec du cœur et beaucoup d’envie, qui joue vraiment par passion.
Sur le terrain, on est une équipe très défensive, qui ne lâche rien, qui joue à l’euphorie avec beaucoup de cœur. Je pense que ce qui fait notre force, c’est le collectif. Et tout cela a été emmené par le coach, Thomas Belot, qui a conduit l’équipe jusque-là. Au-delà d’une équipe, il a réussi à forger un groupe. Et je pense que c’est ce fonctionnement qui fait notre force.
Comment prépare-t-on une échéance comme celle-ci de votre côté ? À la fois sur le terrain, mais aussi au niveau du club. Quand on regarde les réseaux sociaux et la presse, on sent une vraie effervescence sur le territoire.
Déjà, au niveau sportif, pour l’instant, on est encore concentrées sur le championnat, parce qu’on ne veut pas brûler les étapes. On commence à préparer petit à petit. On s’est laissé une petite semaine après le plateau pour souffler, parce qu’on en avait besoin. Maintenant, on reprend progressivement et on va faire comme pour le plateau : intensifier sur les dernières semaines et prendre les matchs comme des tests. On ne veut pas non plus trop se mettre de pression pour ne pas déjouer.
Au sein du club, je sais qu’il y a un très gros travail qui est fait. Je ne peux pas entrer dans les détails, mais de ce que je vois et entends, il y a un vrai investissement sur la communication et l’organisation, notamment pour les supporters. Il y a déjà une quinzaine de bus remplis, je crois. Ça prend énormément de temps en ce moment. Je pense qu’il y aura une grosse ferveur à Bercy, puisque le club vise les 1 200 supporters.
Pour parler de votre adversaire, Saint-Delphin, qui va arriver avec plusieurs joueuses ayant déjà connu ce type d’événement, que ce soit chez les jeunes ou lors du Trophée Coupe de France : pour vous, ce sera une découverte. Comment percevez-vous cela ?
Ça peut être un désavantage comme un avantage. On peut peut-être avoir plus d’euphorie, parce que c’est un rêve pour tout le monde. De notre côté, tout le monde va découvrir, donc si on arrive à transformer cette pression en quelque chose de positif — et je pense que c’est ce qui va se passer —, on pourra rivaliser, même si certaines, en face, ont plus d’expérience.
C’est vrai que ça peut être impressionnant, mais on essaie de ne pas trop y penser. Au final, peu de joueuses ont la chance de vivre ça à Bercy. Il vaut mieux profiter que stresser, pour ne pas avoir de regrets.
On sait que c’est une très bonne équipe, qui joue le top 3. Elles sont en haut du tableau, avec de très bonnes joueuses et un très bon collectif. Il y a beaucoup de respect de notre côté, mais justement, ce respect ne doit pas nous empêcher de jouer les yeux dans les yeux. En Coupe de France, sur un seul match, tout est possible. On sait que ça va être une très belle opposition.
La Finale du Trophée Coupe de France Féminine 2026 opposant Lamboisières-Martin et Saint-Delphin sera à suivre en direct à partir de 18H00 sur la chaîne YouTube de la Fédération Française de Basketball.