Interview - Trophées LF2
Félicitations pour votre trophée. Que représente cette récompense à vos yeux ?
C’est une récompense assez perturbante, car elle vient récompenser pour moi individuellement le travail de toute une équipe. Il y a beaucoup de fierté mais être mis en avant seul au milieu d’un collectif, d’un staff de 7 personnes et de toute une équipe de 14 joueuses c’est ça qui est assez perturbant, c’est une récompense collective pour moi.
Etant encore en formation DES cette année, cela m’a contraint à être plusieurs fois absent au cours de la saison et l’équipe a effectué un travail remarquable pour garder une continuité pendant ces périodes. Je souhaite mettre en avant leur engagement dans l’équipe et particulièrement celui d’Yvan QUILLARD qui m’a suppléé pendant ces absences. C’est aussi pour moi la mise en lumière du BCTM.
Enfin j’aimerais dédier particulièrement ce trophée à Jean-Claude PIC, président pendant près de 30 ans au BCTM, qui nous a quitté en novembre dernier, au début de cette saison. Il a été celui qui aura cru en moi depuis trois saisons pour me donner l’opportunité de reprendre la Ligue Féminine 2 malgré les doutes qu’ont pu comporter ce choix. Je ne le remercierai jamais assez pour cela
Pour la première de son histoire en huit saisons dans la division, le BC La Tronche Meylan est leader de la saison régulière de Ligue Féminine 2. Pouvez-vous revenir sur cette saison exceptionnelle pour votre club ? Quelle est la recette pour arriver à ce résultat ?
C’est vrai que c’est une première et on s’en est rendu compte une fois que c’est arrivé. On a pris les matchs les uns après les autres au cours d’une saison avec un groupe très sain et travailleur. C’est un collectif qui s’exprime cette année avec des joueuses sérieuses et engagées tout au long de la saison avec un staff engagé dans la progression. C’est aussi ça, l’addition de tous ces facteurs qui a fait qu’on en est là aujourd’hui. Du travail, de la patience et surtout un groupe qui a permis cette belle évolution.
Cela fait désormais trois saisons que vous êtes aux commandes de l'effectif professionnel du BCTM. Quel regard avez-vous sur la progression du club ? Et sur la vôtre ?
Cela fait trois saisons que je suis avec l’équipe première, mais c’est ma 10e au sein du club donc je l’ai vu évoluer de la NF1 jusqu’à la place de leader de Ligue Féminine 2. C’est un club toujours dans une dynamique de progression avec une vraie volonté d’avancer avec ses joueuses. Il nourrit ses ambitions par beaucoup d’engagement de la part de ses bénévoles qui dirigent dans un esprit de travail collectif et un esprit familial qui donne une stabilité d’année en année.
Pour ma progression personnelle, c’est pour moi un cadre personnel favorisant qui me permet d’être là où je suis aujourd’hui. J’ai la chance d’avoir beaucoup de soutien de ma famille et amis et surtout un conjoint présent au quotidien pour me soutenir dans les moments de doutes et je souhaite le remercier infiniment pour ça.
Quand je suis arrivée il y a 10 ans, c’était la plus belle opportunité à ce moment-là, même si je n’aurais jamais imaginé être là où j’en suis aujourd’hui. C’est beaucoup d’engagement et de passion mis au service du club pour pouvoir progresser avec lui et être à la tête de l’équipe.
C'est quoi la 'touche" Clément Sanchez ?
C’est difficile de répondre à cette question, je ne suis pas sûr qu’il y ait une touche différente de beaucoup mais je sais que s’il y quelque chose pour lequel j’essaie d’apporter beaucoup d’attention, c’est la bienveillance et la relation humaine. L’humain au centre du projet. C’est un choix de vie d’être entraineur, avant cela j’étais ingénieur chercheur. Si j’avais voulu mettre l’humain de côté, je serais resté derrière un ordinateur dans un bureau. Au moment où j’ai fait ce choix du basket en tant que métier, c’était par passion et aucune autre motivation. Je me suis toujours dis de transmettre cette passion et d’apporter un cadre sain pour mes joueuses et mon staff.
Vous arrivez en favori sur ces prochains playoffs après avoir échouer deux saisons de suite en quarts de finale contre Chartres et Montbrison, futurs finalistes. Comment vous appréhendez ce nouveau championnat ?
En effet, j’appréhendais énormément car quand on est leader, on a la cible dans le dos et on est l’équipe à battre. C’est toujours une pression supplémentaire, les cartes sont redistribuées et tout est remis à zéro. On va essayer de continuer à être dans la lignée de travail menée au long de la saison, garder l’équipe concernée et manager la charge de leur état santé physique et mentale. Les playoffs, c’est que des ajustements tactiques et beaucoup de management pour que tout le monde reste frais pour donner la meilleure version de soi-même chaque week-end et chaque match.
En 2022, le club avait atteint pour la première fois de son histoire les finales de playoffs. Quel est l'objectif cette saison ?
L’objectif d’être premier n’était pas forcément fixé par le club, donc c’est plutôt au-dessus des attentes. Quand on a cette place, on aimerait retourner à ce stade là de la compétition mais le chemin est encore très long. L’objectif de finales est forcément dans les têtes quand on est premiers de la saison régulière et je sais que joueuses et staff donneront tout pour l’atteindre, mais on sait aussi que la place sera très disputée cette année avec beaucoup d’équipes qui pourront y prétendre.