En civil à Anvers. Dans le cinq à Pau. Le grand écart de Sylvain Francisco pour cette fenêtre internationale. Une incongruité qui n’a nullement déstabilisé le meneur signataire pendant la semaine d’un contrat en or massif avec l’ASVEL. Et si club de Tony Parker a cassé sa tirelire pour le Francilien, c’est que Francisco est devenu cette saison la référence à son poste en EuroLeague. A Pau, il a repris avec aisance son rôle de directeur de jeu. "Je pensais que j’allais avoir un problème niveau cardio. Mais ça s’est bien passé", souriait-il en conférence de presse. "Dès que je suis sur le terrain mon but c’est d’être locked-in, gérer le tempo, trouver mes gars et me trouver moi." Mission accomplie : 14 points, 2 rebonds et 3 passes décisives en 22 minutes.
Un impact qui ne l’a pas empêché de saluer celui de ses coéquipiers : "Le banc a été très bon. Si on continue de jouer comme ça et qu’on conserve les mêmes relations entre nous, on peut aller très loin. A l’EuroBasket on construisait l’équipe. Le fait que tout le monde soit là aujourd’hui, en attendant Victor Wembanyama, cela a permis de créer une alchimie. C’est important. On a eu des blessés l’été dernier et ça change beaucoup de choses quand tu as des intérieurs en bonne santé." Le duo de pivots Gobert-Raynaud (24 pts à 10/13, 14 rbds) a marché sur ses homologues finlandais et la défense a détruit le collectif habituellement si bien huilé de Lassi Tuovi. "L’Équipe de France est reconnue pour ça", acquiesce Francisco. "C’est ce dont on avait besoin. Si on leur laisse leur rythme ils peuvent poser beaucoup de problèmes. On leur a rendu la vie dure. Et même si je n’étais pas là au match aller, je l’avais en travers de la gorge."
Alors que Nadir Hifi a livré une prestation aboutie en Belgique, Frédéric Fauthoux n’a pas hésité à bousculer son effectif, évoquant le luxe de pouvoir pianoter sur un groupe où Matthew Strazel a également brillé (7 passes décisives, son record en bleu) : "Je dois aussi penser à l’avenir et à ce qui peut arriver dans les différentes fenêtres. Les trois ont fait une très grande saison", développe le coach. "Il est difficile de partir avec trois extérieurs de cette taille. Il faut faire des choix. Chacun doit performer. Ce soir c’était Sylvain, la deuxième mi-temps de Mathew a été très bonne. Celui de Nadir était très bon en Belgique."
Si le problème de riches a été évoqué pour le secteur intérieur, les interrogations existent également chez les extérieurs, alors qu’un autre meneur de talent et âgé de 20 ans a réalisé une saison prometteuse en NBA avec les Nets. "C’est un casse-tête. Mais je vais d’abord apprécier et réfléchir après", a glissé Frédéric Fauthoux avant de rejoindre ses proches et fêter une soirée positive sur tous les plans pour l’Équipe de France.