Équipe de France masculine

Preview Hongrie – France : imposer sa loi

Par Julien Guérineau|Aujourd'hui
Edf M Février 2026607
© Thomas Puentes/FFBB
Les Bleus affrontent la Hongrie vendredi soir à Szombathely (18h, en direct sur BeIN Sports 1) avec l’objectif de rattraper leur adversaire en tête du groupe G en faisant parler leur physique et leurs rotations.

Vincent Collet était un spécialiste de l’annonce de traquenards potentiels lors de ses déplacements vers l’est de l’Europe. Parfois à propos, parfois de manière quelque peu exagérée. Mais la mise en garde était souvent nécessaire pour maintenir ses troupes sous pression et ne pas tomber dans la facilité. La salle de Szombathely, une ville de 75 000 habitants pas très loin de la frontière autrichienne, a le profil type du piège.

C’est ici que les Bleus ont essuyé leur dernière défaite contre les Hongrois. C’était en 2002 et Boris Diaw et Joseph Gomis, présents dans le staff aujourd’hui, avaient été du voyage. Celui de leurs successeurs s’est déroulé sans heurts malgré l’absence d’un aéroport à proximité. Après un dernier entraînement nanterrien, la délégation tricolore a ainsi rallié, depuis Le Bourget, Heviz-Balaton avant d’enchaîner sur un trajet en bus de deux heures vers sa destination finale.

Jeudi matin, l’Équipe de France a retrouvé Sylvain Francisco, logiquement fatigué après un match contre Olympiakos conclu en double prolongation et un vol matinal pour la Hongrie, mais récompensé de ses efforts par le brassard de capitaine. Un renfort de poids pour affronter une équipe qui a déjoué les pronostics et remporté ses deux premières rencontres en novembre dernier, en déplacement en Belgique et, plus surprenant encore, à domicile contre la Finlande. Les demi-finalistes du dernier EuroBasket présentaient pourtant, à l’exception de Lauri Markkanen (Utah Jazz), leur équipe type et ne s’étaient pas relevés d’une première mi-temps catastrophique, cueillis à froid par des locaux incandescents (60 points inscrits). "C’est une équipe invaincue qui a battu la Finlande chez elle", souligne Frédéric Fauthoux. "Et qui a surtout l’avantage de jouer depuis de nombreuses années ensemble. Leur vraie force c'est leur collectif, le fait que leur équipe ne change très peu, voire jamais."

Tout l’inverse des Bleus donc, qui "jonglent" avec les disponibilités des membres du Team France et les circonstances. "On a essayé de faire une équipe avec pas mal de joueurs qui étaient là en novembre. On aurait aimé avoir Lionel Gaudoux et Mathis Dossou-Yovo qui se sont blessés. Mais ceux qui les remplacent sont des joueurs de valeur, sauf qu’ils n’ont pas joué depuis longtemps avec les autres. C’est toujours la difficulté. Maintenant, je pense qu'on a les qualités pour pouvoir s'imposer sur les deux matches. En tout cas c'est ce que l'on voudra. On connaît notre mission."

Le long entraînement programmé à la veille de la rencontre, et suivi par Francisco depuis une table de massage pour s’imprégner des systèmes, a permis de procéder aux derniers réglages dans une salle de 3 500 places annoncée pleine mais qui ne verra pas évoluer l’Américain naturalisé Nate Reuvers (Valencia), meilleur marqueur de l’équipe en novembre. Reste malgré tout une armée de shooteurs qui dégainent près de 30 fois par match au-delà de la ligne à trois-points. "Le danger c’est de les laisser s’installer", prévient Sylvain Francisco. "Le plus important sera d’être physiques. Ils ne pourront pas placer leur jeu si c’est le cas. A nous d’être intelligents et faire les choses bien dès le début du match."