Équipe de France masculine

France-Serbie : une soirée d'enseignements

Par Julien Guérineau|Aujourd'hui
260820 Ed F Game Al 66
Dominée à l'intérieur par le duo Jokic-Milutinov, trahie par son adresse extérieure et ses balles perdues, l'Équipe de France a été battue par la Serbie (90-87), à Belgrade, malgré un séduisant rush final.

Frédéric Fauthoux a de bons souvenirs de la Belgrade Arena. La gigantesque salle de la capitale serbe, inaugurée en 2004, devait servir d’écrin pour sacrer la sélection nationale à l’EuroBasket 2005. L’Équipe de France avait ruiné ce script en éliminant les Serbes avant même les quarts de finale, en barrages à Novi Sad. Le sélectionneur faisait partie de cette équipe qui avait conclu son parcours sur une médaille de bronze, la première pour les Bleus depuis 1949. 21 ans plus tard les Tricolores ont pris leurs quartiers dans le même hôtel qu’à l’époque. Et les deux protagonistes figurent toujours parmi les gros bras du continent.

L’affiche avait donc une saveur spéciale même si elle ne constituait qu’une mise en jambes en prévision des rencontres de qualification à la Coupe du Monde 2027, la semaine prochaine. Et l’occasion de retrouver pour la première fois depuis les Jeux de Paris l’association des tours jumelles Rudy Gobert-Victor Wembanyama. C’est cependant l’ancien binôme monégasque Strazel-Tarpey qui alimentait en premier la marque, les Bleus éprouvant bien des difficultés à servir leur nouveau capitaine. Deux fautes offensives rapides de Gobert mettaient un terme prématuré à l’expérimentation.

Les six balles perdues tricolores en six minutes symbolisaient un collectif encore en gestation alors qu’en face Nikola Jokic, plutôt maladroit, éclairait cependant le jeu de son sens de la passe. Les Serbes faisaient la course en tête jusqu’au début du deuxième quart-temps (19-22) et une association intérieure Noua-Wembanyama produisant immédiatement des effets positifs. Les deux hommes connectaient sur un alley-oop arrière monumental du pivot des Spurs, avant que la nouvelle recrue de Malaga ne fasse mouche à deux reprises à trois-points. Une séquence récompensée d’un 15-7 qui replaçait la France aux commandes (34-29). Les débats s’équilibraient par la suite avec un festival improbable de Nikola Milutinov, contré par un bon passage de Gobert (45-46).

Entre les deux ambitieux, pas de contentieux mais pas de bouquet de roses. Tarpey sonné sur une tentative de passage en force payait pour le comprendre. Plombés par leurs pertes de balle et leur maladresse longue distance, les Bleus manquaient totalement leur sortie de vestiaire, punis en transition par une Serbie où la virtuosité de Nikola Jokic s’exprime tout aussi bien dans le contexte FIBA qu’en NBA. Son impact, ajouté à un arbitrage plutôt clément pour les locaux, l'écart enflait irrémédiablement (+13 à deux reprises).

Le staff technique a fait de l'identité défensive de son groupe la clé de sa réussite future. Jeudi soir, à Belgrade, il n'est que très rarement parvenu à dérégler une machine bien huilée autour de sa superstar, déjà présente en juillet dernier et possédant donc un temps d'avance sur sa construction collective.

Les Bleus ne lâchaient rien cependant, à l'image d'Amine Noua, et forçaient Alimpijevic à relancer Jokic pour les dernières minutes. Pas assez toutefois pour briser le momentum tricolore. Les bras actifs, les mains voleuses, les hommes de Freddy Fauthoux revenaient à deux longueurs à 13 secondes du buzzer (86-88). Insuffisant au final pour arracher la victoire mais prometteur pour la suite des opérations.