Équipe de France masculine

Gobert, l’obsession dorée

Par Julien Guérineau|Aujourd'hui
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A 34 ans, Rudy Gobert demeure affamé. Le double médaille d’argent olympique veut croire qu’une ultime opportunité de décrocher l’or est au bout du chemin.

L’importance d’être constant. Rudy Gobert pourrait pleinement faire sienne le titre d’une pièce d’Oscar Wilde. Ou d’une autre des fulgurances de l’auteur britannique : "la sagesse c’est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit." Le pivot des Bleus n’a jamais dévié dans ses déclarations. Et jeudi soir, dans les entrailles de l’Accor Arena, il a de nouveau, et sans ciller, déroulé ses objectifs : médaille d’or Coupe du Monde, médaille d’or olympique et champion NBA.

Le quadruple défenseur de l’année en NBA a beau avoir remporté six médailles internationales avec l’Équipe de France, son appétit n’est pas rassasié. Et l’émergence d’une nouvelle génération, loin de le pousser vers la sortie, lui donne de nouvelles idées de grandeur. Et sans se projeter vers le Qatar et Los Angeles, Gobert a encore prouvé face à la Slovénie à quel point il peut impacter le jeu intérieur. Avec 9 points, 7 rebonds et 2 contres, il a pesé sur la rencontre et retrouvé du temps de jeu en association avec Victor Wembanyama. Un alignement qu’il appelle fréquemment de ses vœux. "Ça peut être une force qu’aucune autre équipe au monde ne peut avoir", insistait-il à Orléans en début de préparation. "Mais les grandes choses ne se font pas en une nuit. Pour Victor surtout, cela demande plus d’adaptation. Parfois ça peut être inconfortable. Mais on sait qu’à la fin ça peut être incroyable."

A l’Accor Arena, Frédéric Fauthoux a aligné ses tours jumelles en début de deuxième et de quatrième quart-temps face à une Slovénie loin d’avoir le répondant des Serbes dans la peinture. "C’était stratégique et c’était l’occasion de les associer sur différentes choses qu’on a travaillées entre les deux matches", a précisé un entraîneur qui réclame du temps pour pleinement exploiter les possibilités du duo. "On rêve tous que tout marche toujours bien, mais dans les rêves il y a du travail et du temps de jeu. C’est un binôme qui peut, sur des périodes, faire très mal aux adversaires." Particulièrement agressif en début de match, Victor Wembanyama a dominé (22 points, 9 rebonds) et son aîné a visiblement apprécié de pouvoir rester à ses côtés pendant de longues minutes : "Il y a eu de très bons passages. On a pu les impacter. Quand on est tous les deux en synergie, c’est unique. Chaque match est une opportunité de construire une bonne alchimie."

Après avoir fait l’impasse sur l’EuroBasket l’été dernier, Rudy Gobert a donc de nouveau enfilé un maillot qu’il a désormais défendu à 117 reprises depuis 2013, avec une remarquable fidélité : "Ça montre notre dévouement pour accomplir quelque chose de grand. C’est un message que je voulais envoyer. C’est important d’être là et de montrer l’exemple. C’est sûr que le travail qu’on fait aujourd’hui va payer l’année prochaine." Après son passage en juillet ponctué par deux succès sur la Belgique et la Finlande, la Slovénie est tombée et la Suède est la prochaine sur la liste. Pour s’assurer de retraverser l’Atlantique en ayant laissé les Bleus avec un passeport pour le Qatar quasiment validé.