Quelle valeur accordez-vous au fait que vous soyez en course pour le titre de meilleur marqueur en EuroLeague comme en ACB ?
Ce n’était pas du tout l’objectif du début de saison. Je suis venu à Baskonia en 2024 parce que je voulais montrer ce que je sais faire, aider une équipe d’EuroLeague qui ne jouait pas forcément le très haut de tableau. Cela me donnait une opportunité, plus de responsabilités avec plus de temps de jeu. Cela me permet d’avoir le volume de jeu que j’ai en ce moment. Ce que je recherchais ce n’est pas forcément le scoring mais être dans les All-Euroleague Teams. Cette deuxième année je l’ai prise très au sérieux, personnellement. J’entendais les commentaires disant que j’étais inconstant, qu’on ne savait jamais avec moi. Donc je voulais montrer que je pouvais être régulier et le leader d’une équipe, des deux côtés du terrain. Et l’été en Équipe de France m’a beaucoup aidé par rapport à ça. Le fait d’être avec des mecs plus jeunes, de parler beaucoup, de conseiller. C’était génial et primordial. Une super transition.
Estimez-vous être en ce moment le joueur que vous vouliez être en revenant en Europe en 2022 ?
Exactement. Depuis que je suis arrivé en EuroLeague je n’ai jamais été complètement dans mon rôle. A Milan il y avait beaucoup de blessés donc j’ai joué poste 2, poste 1, poste 3. Dans un système un peu particulier. Pareil à l’ASVEL. Idem l’an passé. Donc je n’avais jamais été complètement sur mon poste 3. Dans mon rôle, avec les choses que je sais faire très bien. C’est le cas cette saison. Et le coach ne veut pas que je change. C’est ce que je voulais être.
Comment décririez-vous votre état d’esprit après un tel début de saison ?
La confiance appelle la confiance. J’ai l’impression d’avoir la confiance de mon coach, de mes coéquipiers, des fans. Quand on parle du travail que tu fais dans l’ombre et du fait qu’on jour ça finit par se voir, c’est exactement ça. Tous les tirs que je mets, ça ne vient pas de nulle part. Ce qui m’impressionne c’est ma régularité dans les moments clés ou dans les matches ACB qui ont moins d’importance dans la tête de certains. Moi je prends tous les matches de la même manière, j’ai envie de tuer l’adversaire, de montrer à chaque match. Il n’y a pas de jour off. Avec la confiance que j’ai en ce moment, c’est un combo fatal.
Diriez-vous que vous aviez toujours en vous cette dimension de scoreur mais que vous n’aviez pas eu le cadre pour l’exprimer ?
C’est une question d’opportunités, de moments. Ce que je fais cette année, ça ne veut pas dire que je vais le faire l’année prochaine. J’ai les idées claires. Je sais que je l’ai en moi et que si un coach me le demande, je suis capable de le faire, dans n’importe quelle équipe. Je l’ai toujours pensé. Mais tu ne fais pas toujours ce que tu as envie. Il faut être professionnel et comprendre quelle est ta place et ton rôle dans une équipe. Comme en Équipe de France l’été dernier. Mon rôle c’était 10e, 11e, 12 homme. Et je l’ai pris. En anglais on dirait "embraced". Et à 30 ans on n’a pas le même regard qu’à 25 ou 20 ans.
Repensez-vous aux tirs ouverts manqués face à la Géorgie en huitièmes de finale alors qu’aujourd’hui vous êtes d’une régularité métronomique sur ce même type de tirs ?
Les situations sont différentes. En Équipe de France je ne rentrais pas pour être un scoreur ou mettre des tirs en sortie d’écran pour débloquer des situations. Je rentrais pour être efficace en défense, apporter de l’énergie. J’ai eu ces deux tirs et je les ai ratés. On ne peut pas toujours mettre les tirs et il faut en retirer une leçon. Aujourd’hui, si j’étais dans la même situation, je les mettrais. Mais c’est comme ça.