L’Équipe de France a croisé à trois reprises la route de Luka Doncic. En 2017, le jeune prodige de 18 ans avait signé 15 points et 9 rebonds lors d’une victoire de son pays en phase de poule. La première étape vers un inattendu titre de champion d’Europe. Deux ans plus tard, à Tokyo, un contre légendaire de Nicolas Batum avait propulsé la France en finale olympique malgré le triple-double du phénomène (16 points, 10 rebonds, 18 passes décisives mais 5/18 aux tirs). En 2022, enfin, à l’EuroBasket, l’idole de tout un pays avait écœuré à lui seul les hommes de Vincent Collet avec une performance pour l’histoire : 47 points à 15/23 ! "C’est un des matches les plus fous que j’ai vu", souffle d’ailleurs Zaccharie Risacher à l’évocation du chef d’œuvre.
Samedi après-midi, l’ailier des Hawks sera passé de la télévision au parquet et constituera potentiellement une des solutions à la problématique Doncic, qui apparaît plus esseulé que par le passé au sein de sa sélection. "On va se baser sur nos forces. 12 joueurs qui peuvent jouer. Plusieurs joueurs pourront se relayer sur lui pour lui rendre la vie le plus difficile", a déjà indiqué Isaïa Cordinier. Après la première journée, Doncic est déjà le meilleur marqueur (34 points) et le meilleur passeur (9 passes décisives) du tournoi. Mais sa performance aura été insuffisante face à la Pologne, les Slovènes ayant encaissé 105 points.
Le contraste est évident entre une équipe qui tire beaucoup sur ses titulaires et des Bleus qui se partagent le temps de jeu afin de maintenir une intensité défensive de tous les instants. "Notre objectif à chaque fois c’est d’épuiser nos adversaires pour qu’ils fassent des erreurs et avoir des paniers faciles", insiste Elie Okobo. Avec ses partenaires, l’arrière monégasque a commencé à suivre le Pologne-Slovénie sur les téléphones, au dîner, et a travaillé sur les formes de jeu adverses lors de l’entraînement programmé dans l’après-midi à la Spodek Arena.
L’occasion pour Frédéric Fauthoux de donner ses dernières directives et d’affiner une stratégie défensive qu’il n’a bien évidemment pas partagé avec la presse française, curieuse de savoir si le staff technique avait prévu de se concentrer sur Doncic ou de limiter l’apport de ses coéquipiers. "On a notre idée… on va la tester demain", a-t-il souri. "C’est une équipe qui a l’habitude jouer ensemble, avec des gars expérimentés, qui connaissent très bien leur basket, portés sur l’attaque mais qui encaissent beaucoup de points. Autour de Luka Doncic, ils savent très bien exploiter les espaces qu’il crée."
Dans une salle dépeuplée et contre une Belgique dépassée, les Bleus ont tranquillement lancé leur EuroBasket. Samedi après-midi, c’est un tout autre environnement et une toute autre adversité qui les attend.