Les favoris ont répondu aux attentes en ce début d’EuroBasket. L’Allemagne comme la Serbie font figure d’épouvantails et les deux finalistes de la dernière Coupe du Monde ont fait honneur à leur réputation. L’Équipe de France, elle, est rentrée pour de bon dans l’EuroBasket dans une ambiance cette fois plus conforme de ce qu’on attend d’une compétition continentale. Une salle pleine, une superstar en face et une adversité sans comparaison avec celle proposée par la Belgique. Autant de données que la jeunesse bleue a su maîtriser pour continuer à tenir son objectif de terminer en tête de sa poule.
Luka Doncic est un phénomène. Aussi génial qu’insupportable. Après 13 secondes de jeu, il incendiait déjà son pivot, coupable d’une rotation tardive sur un drive de Bilal Coulibaly que lui-même n’avait pu contenir. 10 secondes plus tard, il se lançait dans un monologue avec l’arbitre suite à une première interception de Coulibaly, encore. Impossible de faire taire le Laker. Mais impossible également de le contenir. En un quart-temps, il avait déjà signé 15 points et 3 passes décisives sans souffler une seule seconde ! La démonstration était attendue. Elle n’a pas déçu. Les Bleus, de leur côté, exploitaient leur banc et leurs qualités de un-contre-un pour créer des décalages et trouver des tirs ouverts qu’ils avaient, cette fois, le bon goût de rentrer avec une plus grande régularité (25-23, 9’).
L’affrontement tournait vite à un duel Doncic face au reste du monde. Il ne jouissait pourtant d’aucune liberté, Freddy Fauthoux multipliant les défenseurs sur sa personne, sans parvenir pour autant à le ralentir. Coulibaly, Risacher, Luwawu-Cabarrot, s’essayaient en vain à l’exercice. Les Tricolores étaient, en outre, lourdement sanctionnés par les fautes, concédant 31 lancers-francs dans le premier acte. Impossible dès lors de contrôler l’attaque slovène et son guide, qui rentrait aux vestiaires sous les chants de MVP, MVP et une ligne de stats ahurissante : 24 points, 4 rebonds et 6 passes décisives (47-54).
Le bateau français tanguait fortement. Une défense plus connectée, des ballons touchés sur les lignes de passes lui permettait cependant de rester à flot avec, en prime, un Sylvain Francisco supersonique. Le meneur de Kaunas a agressé sans relâche la raquette, ses vis-à-vis ne parvenant pas à contenir sa vitesse. Ses pénétrations puis un excellent passage de loin de Zaccharie Risacher ramenaient les Bleus à hauteur (68-68) alors que se profilait le money-time. Les quatre fautes en dix minutes de l’ailier des Hawks le reléguaient cependant sur le banc et le vice de Klemen Prepelic continuait à provoquer la colère d’un Freddy Fauthoux peu convaincu par certains coups de sifflets et qui échangeait quelques réflexions avec Doncic.
Francisco, lui, continuait son festival. De près, de loin, au rebond offensif, le meneur battait son record de points en sélection au meilleur des moments et trouvait en Alexandre Sarr un relais dominateur sous le cercle. Intimidateur, rebondeur, le pivot des Wizards a sorti un dernier acte XXL et sur un de ses contres suivi par un tir primé de Guerschon Yabusele, la France respirait un peu mieux (89-83). Elie Okobo plantait les dernières banderilles dans un quatrième quart-temps époustouflant et qui permet à l'Équipe de France de compter deux victoires en deux matches en tête du groupe D.