Equipe de France féminine

Coupe du Monde féminine 2026

« Je sais qu’on en est capable »

Par Kevin Bosi|Aujourd'hui
Toupane
Les Bleues courent après une médaille mondiale depuis 1953, et la première édition de la Coupe du Monde au Chili. Une disette que souhaite stopper Jean-Aimé Toupane, l’entraîneur des Bleues, conscient du challenge qui l’attend deux ans après l’argent aux Jeux Olympiques de Paris 2024.

La préparation à cette Coupe du Monde 2026 est unique. Vous l’avez en quelque sorte commencé cet été en vous déplaçant pendant plus d’un mois aux États-Unis pour rencontrer les joueuses WNBA et les franchises. À quel point était-ce important ?
L’objet de mon déplacement aux États-Unis était d’essayer de rattraper en quelque sorte le temps qu’on n’allait pas avoir ensemble cet été. Toutes les nations, à des échelles différentes bien sûr, connaissent la même chose que nous. L’ambition de notre équipe reste néanmoins élevée. Il y a eu beaucoup d’échanges avec les filles, pour faire en sorte que quand elles arrivent à quelques jours de la Coupe du Monde, ça soit comme si on ne s’était jamais vraiment quitté. On essaie de construire une équipe avec les meilleures joueuses du moment. On a la chance, grâce à notre formation notamment, d’avoir des joueuses de très grande qualité. Je sais la chance qui est la mienne en tant que sélectionneur d’avoir ce vivier. On a des joueuses qui vivent des expériences extraordinaires, on est content de ce qu’elles vivent là-bas, mais la réalité du basket international est totalement différente. C’est pour ça que d’y aller et d’échanger avec elles c’est important. Et leur dire quand vous allez descendre de l’avion, chacun oublie sa vie aux États-Unis pour s’impliquer totalement dans le projet de l’Équipe de France.

Vous avez d’abord annoncé une liste de huit joueuses WNBA qui participeront à cette Coupe du Monde, que vous avez ensuite complété par des joueuses ayant participé au stage à l’INSEP fin août. Comment avez-vous construit votre effectif ?
C’est un tout. On construit l’équipe par rapport à des complémentarités, à des postes de jeu. On a aussi voulu prévenir celles qui étaient en WNBA, dans un souci logistique et aussi de respect par rapport à leurs saisons avec leurs franchises. 

Comment gérez-vous l’arrivée tardive des joueuses WNBA dans cette préparation ?
Il y a plusieurs points à gérer : physique, tactique, mental. Ce qui est important c’est de voir comment elles vont se regénérer, voyager, se remettre du décalage horaire. On a toute une planification autour de cet aspect. Physiquement, elles sont en pleine saison. Notre logique c’est de dire que quand elles vont arriver là, elles sont dans la continuité de leur championnat. Elles ont compris qu’il faut switcher mentalement et rapidement, et être prête. 

Deux ans après la finale olympique à Paris 2024, quel est l’objectif de cette Coupe du Monde ? 
C’est d’essayer de terminer le plus haut possible. Notre ambition c’est d’arriver dans le dernier carré et d’aller chercher une médaille. Mais ça reste totalement différent de ce qu’on a vécu en 2024, où on avait eu deux mois de travail, une dynamique... Là c’est différent. Tout le monde est prêt à relever ce défi. C’est excitant pour ma part de vivre ces moments. Quand j’entends que la France n’a pas gagné de médaille à la Coupe du Monde depuis 1953, c’est une motivation pour nous. On ne va pas en terrain conquis, loin de là. Je sais qu’on en est capable, mais rien n’est gagné.