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Interview - Basketball Magazine

Sarah Yvanna Keboum-Biamou : "Revenir plus forte"

Par Antoine Lessard|6 mars 2025
Interview Sarah Yvanna Keboum
© Doriane Michalak / AS Aulnoye Basket
L'intérieure des Félines (1,86 m, 18 ans) s’est rompu un ligament croisé du genou en janvier. Un coup d’arrêt pour la jeune internationale, jusqu’alors en pleine ascension avec sa nouvelle équipe d’Aulnoye.

11 janvier dernier. L’AS Aulnoye reçoit Alençon. Les Félines sont sous pression. La série de cinq défaites enregistrées avant la trêve a provoqué le départ du coach Olivier Hirsch, remplacé par Charles Cairon. La victoire est impérative. Seulement, les Normandes sont menées de dix points à la pause. Comme la plupart de ses coéquipières, Sarah Yvanna Keboum-Biamou est passée à côté de sa première mi-temps. Elle raconte la suite : "Au retour des vestiaires, sur la deuxième action du troisième quart-temps, une fille me rentre dedans. L’arbitre siffle "charge" et, au moment d’essayer de me réceptionner, mon pied droit se dérobe. Mon genou fait un aller-retour et je m’écroule. Je n’avais jamais eu de douleur au genou, jamais eu de blessure sérieuse. Cela fait tout drôle." Sarah ne participera pas à la remontée des Félines, qui s’imposeront après prolongation. Le verdict est sans appel : rupture du ligament croisé du genou. Fin de saison pour la jeune intérieure, qui avait pris une nouvelle dimension cette saison.

Formée à Saran, près d’Orléans, Sarah Yvanna Keboum-Biamou a passé trois ans à l’USO Mondeville. Dans cette usine à championnes, elle s’est forgée un beau palmarès : double championne de France U18 en 2022 et 2023, vainqueur de la Coupe de France U18 en 2022 – et a commencé à se montrer en Ligue 2. En parallèle, elle est devenue une joueuse cadre des Équipes de France jeunes avec la talentueuse génération des 2006 : championne d’Europe U16, vice-championne d’Europe U18, championne d’Europe U18 en 2024. "Ce deuxième titre n’a peut-être pas été aussi marquant qu’en U16 parce que c’était ma première fois en Équipe de France, mais cela a été une expérience incroyable, avec des filles que j’aime."

L’été dernier, la néo-bachelière décide de rejoindre Aulnoye, séduite par le projet et le discours d’Olivier Hirsch de continuer à la développer en lui confiant des responsabilités. Pour la première fois, elle peut se focaliser à 100 % sur le basket. De fait, son début de saison témoigne d’une belle progression - près de 10 points et 7 rebonds par match en 25 minutes – juste ternie par les mauvais résultats de son équipe. "Plus les matchs avançaient, plus je montrais au coach qu’il pouvait avoir confiance en moi", souligne-t-elle. Malheureusement, sa blessure l’a stoppée en pleine ascension. "J’ai reçu des messages d’un peu tout le monde, des autres équipes, des filles des Équipes de France, de ma coach Aurélie Bonnan. Cela m’a fait plaisir de recevoir du soutien."

Depuis le 11 janvier, les journées de Sarah ne sont plus rythmées par le basket. En attendant son opération, programmée fin février, elle meublait son temps libre par des exercices de kiné, quelques activités comme du vélo, du gainage et de la mobilité. "C’est pesant de ne rien faire", dit-elle. "Après l’opération, tout va s’enchaîner. Je vais commencer ma rééducation puis j’irai dans un centre de rééducation. Il faut compter à peu près sept mois pour revenir d’une telle blessure." Repartie à Orléans, près des siens, elle avoue suivre de loin le parcours de son équipe, enfoncée en bas du classement après une nouvelle série de quatre défaites. Sarah manquera la Coupe du Monde U19 en République tchèque (du 12 au 20 juillet). Un crève-cœur. On peut lui faire confiance pour retrouver le maillot bleu lors des prochaines échéances internationales : "Je reste focus. J’espère revenir plus forte".

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