Équipe de France masculine

Francisco, one-man-chaud

Par Julien Guérineau|Aujourd'hui
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Le meneur de l’Équipe de France a pris feu samedi soir face à la Slovénie, signant une évaluation de 40 et un total de points rare dans une compétition internationale. 

Les chants sont descendus des tribunes comme à plusieurs reprises pendant la rencontre. "MVP, MVP, MVP." Mais cette fois ils n’étaient plus réservés à Luka Doncic, la superstar des Lakers mais bien à Sylvain Francisco, auteur d’une performance statistique rare contre la Slovénie : 32 points, 7 rebonds, 5 passes décisives et 40 d’évaluation. Le micro meneur du Zalgiris Kaunas est devenu samedi le 11e joueur français à atteindre la barre des 30 points lors d’une compétition internationale, le 9e à l’EuroBasket.

Le héros de la soirée, trophée de meilleur joueur du match en main, l’a joué profil bas tout en décortiquant ses raids assassins au cœur d’une défense dépassée. "Ce que la défense me donne, je prends", expose-t-il simplement. "32 points c’est incroyable. Les trois-points n’étaient pas là mais quand j’étais agressif soit j’avais un panier, une passe ou une faute. C’est ma force." Alors que sa place dans l’effectif final n’était pas une évidence en début de préparation, Francisco a rapidement convaincu Frédéric Fauthoux, satisfait de trouver un arrière avec sa capacité de perforation. "Moi je perce les trous", résume le principal intéressé dont le rôle a encore évolué après la blessure de Matthew Strazel. "Jusqu’à ce qu’ils m’arrêtent. Et quand ils m’arrêtent c’est un autre joueur qui finit." Sa capacité à servir ses coéquipiers avait déjà fait des dégâts en ouverture contre la Belgique (6 passes décisives) et c’est cette fois à la finition qu’il s’est le plus illustré. "Dans leur façon de défendre, les Slovènes autorisaient certains joueurs avec certaines qualités à avancer sur eux. C’est ce que Sylvain a merveilleusement fait", note son entraîneur. "Un joueur peut marquer autant sur pénétrations si les quatre autres sont dans les bons espaces pour lui laisser l’accès au panier. Je trouve que ses coéquipiers ont été très bien dans le jeu sans ballon."

Sept ans après avoir côtoyé à Levallois un jeune espoir tout juste revenu de trois saisons dans des prep-schools américaines, Freddy Fauthoux a retrouvé un homme de bientôt 28 ans de retour en sélection après une Coupe du Monde douloureuse et une absence aux Jeux Olympiques de Paris. "Revenir fait toujours autant de bien", sourit Francisco. "Bien sûr j’étais déçu de ne pas avoir été retenu pour les JO mais je ne pouvais pas le contrôler… Les critiques m’ont fait progresser et ces deux dernières années m’ont fait mûrir pour montrer que je savais gérer une équipe." Après des détours par Manresa (Espagne) et Peristeri (Grèce), le Francilien s’est imposé comme un meneur référence en EuroLeague avec le Bayern Munich et le Zalgiris Kaunas. Alors qu’il vient de signer une prolongation de contrat avec le club nation lituanien, Sylvain Francisco apparaît plus que jamais sûr de ses forces et de sa capacité à impacter le jeu en sortie de banc. "Que je reste sur le banc ou pas ça ne change rien, je peux faire la différence et rester une personne importante pour l’équipe", commente-t-il, tout juste frustré d’un certain déchet à longue distance (2/8 à trois-points). "Je ne vais pas perdre confiance. Je vais continuer, continuer, continuer tout en gardant le contrôle."

Il regrettera simplement le début d’échauffourée causé par son panier à une seconde du buzzer, alors que les Slovènes avaient cessé de jouer et que Luka Doncic venait de lui serrer la main. "J’aurais dû lui dire de défendre parce que j’allais jouer ! Mais il me check. Ensuite on me voit me retourner vers le banc qui m’appelle et j’ai un flash sur le point-average." La séquence entraînera l’exclusion de Nadir Hifi mais ne gâchera en rien une soirée historique pour Sylvain Francisco.