7 points et 2 interceptions en 16 minutes, +20 lorsqu’il est sur le terrain. Les chiffres ne mentent pas. Joël Ayayi aura été décisif pour rapprocher l’Équipe de France de la Coupe du Monde 2027. Personne, pourtant, n’attendait l’arrière du Paris Basketball à pareille fête. Appelé de dernière minute pour suppléer Elie Okobo, parvenir à gagner sa place dans les 12 constituait déjà une première victoire pour un joueur de 26 ans qui avait goûté une première fois à la sélection à l’été 2023, le temps de 4 petites minutes contre la Lituanie en préparation à la Coupe du Monde. Trois ans plus tard, le coaching staff a visiblement apprécié sa complémentarité avec la paire de meneurs Strazel-Francisco et Ayayi n’a eu de cesse de grimper dans la hiérarchie des rotations. "Dommage que ça s’arrête", souriait-il en quittant l’Aviici Arena. "Il n’y a pas encore un match dans trois jours ?"
Alors que son frère, Gérald, était rappelé définitivement sur le banc après un choix offensif ayant déplu à Frédéric Fauthoux, c’est l’aîné de la fratrie qui a eu l’occasion inattendue de briller : "C’est comme ça… Au final l’avantage c’est qu’il suffit qu’un de nous deux fasse un bon match pour qu’on soit super heureux. On a deux fois plus de chance de rentrer heureux que tout le monde", philosophe-t-il. "Quand le coach appelle ton nom, tu sautes du banc et tu vas en courant jusqu’à la table de marque. Tu essayes de dépenser toute ton énergie de manière intelligente. C’est du bonus. Prendre ce qu’il y a à prendre. Le coach m’a fait confiance aujourd’hui et je suis content de lui avoir rendu de la meilleure des manières."
Envoyé en mission sur Pelle Larsson, Joël Ayayi aura également profité des largesses laissées par la défense suédoise, peu préoccupée par son cas, à l’image d’un premier lay-up sur un coast-to-coast où lui-même aura été tout surpris d’être à ce point abandonné ou d’un trois-points dans le coin sans l’ombre d’un adversaire en vue. "Ils avaient un game-plan assez bizarre", développe-t-il. "Ils avaient décidé de défendre sur nos scoreurs et Wemby et donner plus d’opportunités sur les joueurs moins en vue. Ils nous ont embêté 35 minutes. Je respecte. Sur mon tir on nous avait dit d’être agressif sur les close-out pour ne pas faire que shooter. Mais le mec était dans la raquette… C’est un défi presque. Tu préférerais qu’ils mettent un peu plus d’énergie dans la défense."
En ne fuyant pas ses responsabilités, Joël Ayayi aura conclu de la plus belle des manières deux semaines qui lui ont fait oublier un futur incertain avec son club. "Je suis sous contrat donc demain je vais à Paris", glissait-il avant de monter dans le bus pour l’hôtel des joueurs. "Ici c’était une bulle. Je ne pensais à rien. Je ne me souciais de rien. Ce sont des moments super cools. Demain c’est retour à la réalité."