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EuroBasket 2015

Nos meilleurs ennemis

Bellenger/IS/FFBB
Julien Guérineau, service de presse - 17/09/2015
Jeudi soir à 21h00 (en direct sur Canal + Sport et France 3), l’Equipe de France retrouve l’Espagne en demi-finale de l’EuroBasket. Une rivalité devenue un classique avec, en jeu, une place en finale et un billet direct pour les Jeux Olympiques de Rio.
"Cela aurait été bizarre de ne pas avoir un France-Espagne à cet EuroBasket". Tony Parker en sourit. Jeudi soir, il verra, comme bien souvent ces dernières années, se dresser la Roja sur la route pour la gloire des Bleus. En conférence de presse, les joueurs français ont évoqué la "rivalité", "l’histoire d’amour" mais aussi "le respect" entre les deux formations. "Je n’ai jamais eu de haine contre eux. Simplement je voulais être à leur place. Ils m’ont poussé à revenir chaque été avec l’Equipe de France", glisse Parker. Moins poétiques, dans ce qui aurait pu rester dans l’intimité d’un regroupement de fin de match mais que les caméras de télévision ont capté, les Espagnols ont exprimé une motivation claire "nous sommes venus ici pour battre la France". Une bravade destinée sans aucun doute à un public qui ne les a pas épargnés depuis leur arrivée à Lille.
 
Des fans qui n’ont pas oublié que les troupes de Sergio Scariolo ont souvent brisé les rêves de grandeur des Bleus. En 2009 (quart de finale, EuroBasket), 2011 (finale, EuroBasket) et 2012 (quart de finale, Jeux Olympiques), la balance a systématiquement penché en faveur d’une équipe qui a longtemps dominé le basket européen. "Si on jouait notre meilleur basket et qu’eux jouaient leur meilleur basket, ils gagnaient. Et on le savait", résume Boris Diaw. Mais en 2013 (demi-finale, EuroBasket) et 2014 (quart de finale, Coupe du Monde) la France a repris l’avantage et marqué les esprits l’an passé, à Madrid, lors d’une compétition qui devait couronner une génération. "On a vu la déception du public, la tête des joueurs. On ne veut surtout pas vivre ça", souffle Nicolas Batum. Même handicapée par les absences de Marc Gasol, Ricky Rubio, Jose-Manuel Calderon et Juan-Carlos Navarro, l’Espagne n’en demeure pas moins une bête dangereuse du fait de la présence de Pau Gasol.
 
A 35 ans le pivot des Bulls règne sur l’EuroBasket : 23,6 points à 58,9%, 8,0 rebonds, 3,0 passes décisives, 2,1 contres. Des chiffres de MVP. "Gasol a tout gagné avec l’équipe nationale. Il est revenu cette année pour une raison : nous battre", prévient Vincent Collet. Avec moins de rotations que par le passé, Sergio Scariolo, de retour aux affaires après la parenthèse Orenga, a ralenti le jeu, tout entier construit autour de sa tour de contrôle qu’il protège également contre les fautes en envoyant ses arrières appliquer une pression constante sur les porteurs de ballon adverses. Grâce à sa maîtrise unique du pick n’roll, à la grinta du duo du Real Madrid Sergio Rodriguez-Sergio Llull et à la montée en puissance de Nikola Mirotic l’Espagne est toujours en vie dans et dispute sa 9e demi-finale consécutive dans un EuroBasket ! "Il est important de les craindre mais pas d’avoir peur", conclut Vincent Collet. Le classico reprend, jeudi soir, 21h00.