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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES

"Ça m’a marqué toute ma vie"

Julien Guérineau - 15/07/2020
FIBA
Malgré un roster clinquant, l’Equipe de France a peiné pendant l’Euro U20 2012. Si elle sort ensuite le grand jeu lors des phases finales, elle trébuche finalement sur l’ultime marche, par le plus petit des écarts.

"Mon souvenir ? L’importance du détail." Huit ans après la finale de l’Euro U20 2012 à Ljubljana, Jean-Aimé Toupane ne s’est pas complètement remis du dénouement de la rencontre face à la Lituanie. Après une bouillie de basket marquée par une adresse famélique (25,9%), la France est encore en mesure de gagner le titre. Elle est menée 49-50 à 14 secondes de la fin avec la balle en main. Temps-mort. Léo Westermann, futur MVP de la compétition, temporise en tête de raquette puis va s’enferrer entre trois défenseurs baltes après un semblant d’écran de Louis Labeyrie. Perte de balle. Edgaras Ulanovas s’échappe avec le ballon et le titre. "On n’a même pas pu prendre un tir. Et je ne sais toujours pas ce qui s’est passé. J’en parle encore aujourd’hui. Ça m’a marqué toute ma vie", se désole Toupane.

Pour les Bleuets, l’argent est une déception. La génération 92 est prometteuse et ambitieuse malgré l’absence de son fer de lance, Evan Fournier, drafté quelques semaines plus tôt par les Denver Nuggets. Rudy Gobert, Léo Westermann, Axel Toupane, Louis Labeyrie, Axel Julien et deux 93, Livio Jean-Charles et Hugo Invernizzi, deviendront tous internationaux chez les A. "C’était une équipe avec beaucoup de talents. Pour certains c’était joué d’avance, on irait au bout", admet Toupane.

Un trop plein de certitudes battu en brèche par l’Allemagne dès l’ouverture de l’Euro. Les Bleuets vont faire preuve d’une remarquable constance dans l’inconstance, cumulant trois défaites lors des six premiers matches de poule. "Cette équipe me faisait penser à celle de l’année précédente, à Bilbao. Nous n’avions perdu qu’un match, préparation et Euro compris, en arrivant en demi-finale. Les joueurs n’arrêtaient pas de répéter : t’inquiète coach, t’inquiète coach. Et en général quand on me dit ça, je m’inquiète." Qualifiés de justesse pour les quarts de finale après une fessée infligée par la Grèce (-17), ses protégés vont pourtant le rassurer en sortant le grand jeu contre la Slovénie, invaincue et soutenue par 6000 fans à la Stozice Arena. La France réalise une deuxième mi-temps de rêve (49-22) grâce au duo extérieur Westermann-Toupane (40 pts) et un Gobert dominateur sous les panneaux (16 pts, 12 rbds, 3 blks). Dans la foulée l’Espagne est écartée et contre une Lituanie qu’Aimé Toupane qualifie lui-même de "bonne équipe sans plus", les Tricolores sont nettement favoris. "Il faut être focus jusqu’au bout… mais quand tu te sens tellement fort", regrette un coach qui a quitté la Slovénie avec une leçon douloureusement retenue. "On a tous envie d’avoir les meilleurs. Mais s’il y a bien quelque chose que j’ai appris c’est que les autres peuvent aussi faire le travail."