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20 ANS SYDNEY

"Quand je jouais à 2k, je prenais Steve Nash"

Nicolas Basle - 28/09/2020
Bellenger/IS/FFBB
Après une phase de poule en dents-de-scie, les Bleus se retrouvent en quarts de finale. Et surprise… pas de Yougoslavie en face, mais une surprenante équipe du Canada et son maître à jouer, un certain Steve Nash.

A l’entame des JO, deux équipes se partagent les pronostics pour la victoire finale : les Etats-Unis, évidemment, mais aussi la Yougoslavie. En étant dans des poules différentes, la voie vers un affrontement en finale est toute tracée. Mais en phase de groupe, c’est bien l’équipe du Canada qui crée la surprise et termine à la première place de la poule. 4e, les Bleus, qui se voyaient déjà jouer contre l’ogre européen, poussent un ouf de soulagement : "Quand on arrive en Australie pour faire des matchs amicaux contre des équipes comme la Yougoslavie et l’Italie, on ne prend que des valises", nous raconte Makan Dioumassi. "Au moment de leur défaite, tout change, on est soulagé car on avait peur d’être une démonstration en live. Des taureaux dans une arène. En jouant le Canada, on s’est dit, au moins, on a plus de chance."

Ce sera donc le Canada, une équipe qui convient mieux aux Français : "Il y avait deux joueurs que l’on connaissait qui ont joué en France : Michael Meeks et Rowan Barrett", avec un homme comme principal danger : le meneur Steve Nash. Dans le groupe France grâce à ses qualités défensives, Makan Dioumassi est prévenu très rapidement par Jean-Pierre De Vincenzi, il aura un rôle à jouer dans ce quart, malgré un temps de jeu réduit en première phase. "Lors de la préparation du match contre le Canada, le coach me dit : tiens-toi prêt, c’est Steve Nash en face, tu risques de jouer."

Et c’est ce qu’il va se passer. En début de match, coup dur pour les Bleus, Yann Bonato se blesse, rupture du tendon d’Achille, le coach se tourne alors vers Dioumassi. "Dans ma tête je me dis : enfin, enfin je vais jouer." S’en suit une démonstration défensive de la part de l’arrière français. Magnifique face aux Yougoslaves quelques jours plus tôt (26 points, 8 rebonds, 8 passes décisives), le meneur est cette fois-ci pris dans les filets français et déjoue complètement. Le secret de Dioumassi ? Un jeu vidéo. "Je n’ai pas eu de mérite, quand je jouais à NBA 2k à chaque fois je prenais Steve Nash, donc je connaissais tous ses trucs." Une anecdote certes, mais sur le terrain, le Canadien vit un enfer et finit avec 9 balles perdues. Elu MVP du match, Dioumassi a répondu présent au bon moment. "Pendant des années, j’ai travaillé la défense et j’en ai fait un art. Un art dans l’observation et l’anticipation sur les mouvements. Avec Steve Nash j’ai mis en application ce que j’ai fait pendant des années. Je regardais le positionnement de son bassin, de ses pieds… si je regardais le ballon ou ses yeux j’étais mort. Ma plus grande fierté, ce n’est pas d’avoir stoppé Nash, c’est d’avoir répondu présent à l’instant T."

Au-delà de ce duel, les Français jouent relâché face à des Nord-Américains peut être plus tendus par l’enjeu. "On a joué libéré, eux ne s’attendaient pas à finir premiers du groupe donc ils sont passés du statut d’outsider au statut de favori." En attaque, Laurent Sciarra montre la voie avec 17 points, mais dans le Super Dome de Sydney, c’est bien la défense qui fait triompher les Bleus (63 points encaissés seulement) et qui les propulsent en demi-finale, face aux Australiens.