Ligue Féminine

8 clubs LFB engagés en coupe d'Europe

Corps: 

Euroligue Féminine

- LDLC ASVEL Féminin
- Bourges Basket
- Basket Landes (certainement tour préliminaire)


Eurocoupe féminine

- Charleville-Mézières
- Roche Vendée BC
- Landerneau BB
- ESB Villeneuve d’Ascq-LM
- Saint-Amand

Catégorie: 
Surtitre: 
Coupes d'Europe féminines
Auteur: 
Fabrice Canet / FFBB
Date d’écriture: 
Vendredi, 3. Juillet 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Le Bureau Fédéral de la Fédération Française de BasketBall a décidé, ce jour, de proposer à la FIBA Europe l’engagement de huit clubs de LFB en Euroligue et Eurocoupe Féminine pour la saison 2020-2021.
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L'ascenseur tarbais

Corps: 

C'est une anecdote encore présente dans la mémoire de l'une des actrices principales, Isis Arrondo. Au cours d'un 1/16è de finale de Coupe de France largement dominé par le pensionnaire de LFB face à Colomiers (NF1), la meneuse tarbaise se trouve sous le cercle, encadrée par Isabelle Yacoubou et Liz Moeggenberg, alors que son équipe effectue une remise en jeu en ligne de fond. "Je n'ai pas un grand souvenir de la rencontre mis à part cette petite touche qu'on avait répétée dans la semaine. Je ne sais plus d'où c'est parti mais c'est sûrement Isa (Yacoubou) et François Gomez. On s'était entraînés et j'ai dû être choisie parce que j'étais la plus légère" plaisante Arrondo.

"Flore Perotto (passée par Lattes Montpellier), qui jouait à Colomiers, m'avait dit que ça n'était pas possible, que je ne pouvais pas sauter aussi haut". Mais que s'est-il passé au juste ? Rien de moins qu'un hommage du TGB à la culture rugbystique locale puisque, soulevée par ses acolytes Yacoubou et Moeggenberg, Isis Arrondo se saisit du ballon en haute altitude et tente de conclure une action jamais réalisée sur un parquet. Devant une foule médusée, les hommes en gris mettent rapidement fin à la tentative bigourdane : "Ils ont sifflé avant même que j'ai eu le temps de tirer" se rappelle celle qui n'avait jamais vu le cercle d'aussi près. "On leur a demandé ce qu'ils sifflaient. Ils nous ont dit « on ne sait pas mais ce n'est pas du basket ». Même eux étaient dépassés. Ca avait fait rigoler tout le monde. C'était sympa".

Eric Sans, qui officiait ce soir-là, s'en souvient comme si c'était hier : "Pour moi c'était un match important car je n'avais pas l'habitude de siffler à ce niveau. C'était déjà déstabilisant. (Sur l'action) On reste figé l'espace d'une seconde avec mon collègue, la salle est figée, un silence se fait. Tout le monde est sidéré par ce qui vient de se passer, la meneuse de jeu est morte de rire et mon collègue prend la décision tout de suite d'annuler. Je suis à côté de François Gomez et très théâtralement, avec un sourire complice, il me dit : alors il se passe quoi maintenant ?". Les hommes en gris doivent se justifier : "J'ai cru bon de lui répondre qu'il y avait un vide réglementaire mais que si mon collègue a annulé, c'est qu'il a une bonne raison. Je n'avais aucun argument à lui opposer. François Gomez nous a eus, on a subi sa malice de plein fouet". "Ce qui était cool, c'est qu'elles n'ont pas pris ça comme un manque de respect" indique Arrondo. Une version confirmée par l'homme au sifflet : "Tout ça s'est déroulé dans une ambiance très bon enfant".

Le pire dans l'histoire, c'est qu'Isis Arrondo a raté sa tentative. "J'étais trop loin et je n'ai pas pu m'approcher. J'ai dû faire un petit tir à la con. Quel dommage ! Bon les arbitres avaient sifflé avant mais j'aurais trop aimé m'approcher, rester accrochée et leur dire que j'avais marqué" s'enflamme la meneuse. Une chose est sûre, la joueuse comme l'arbitre sont encore dans le flou. "Je ne sais pas si c'est autorisé et si ça ne l'est pas, pourquoi. Je suis curieuse de savoir la violation exacte" pour Arrondo; "si ça devait se reproduire, je pense que les arbitres refuseraient le panier mais pourquoi..." s'interroge Sans. Bruno Vauthier, responsable de la formation des officiels à la FFBB, siffle la fin avec un code de jeu à la main : "A la suite de cette action et d'une autre similaire en NM3, nous avons alerté la FIBA. Si à l'époque il n'y avait rien, la règle a évolué. L'article 25-7 du règlement indique qu'il est interdit de soulever un partenaire pour jouer le ballon".

Désormais en LF2 à Angers, "une équipe qui a beaucoup d'ambition", Isis Arrondo ne regarde pas ses années en Ligue Féminine avec nostalgie. "La LFB ne me manque pas, j'ai eu des supers années à Tarbes et Nantes. Je prends beaucoup de plaisir avec Angers pour chercher cette montée. J'ai vécu une descente avec Mourenx à l'époque, il faut que j'équilibre mon ratio donc j'aimerais bien vivre une montée et je pourrais partir à la retraite le coeur léger". Une autre histoire d'ascenseur...

Catégorie: 
Surtitre: 
La petite histoire de...
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Vendredi, 3. Juillet 2020
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Catégorie 2: 
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Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. Le 18 février 2009 à Colomiers, la malice du coach de Tarbes François Gomez avait décontenancé arbitres, adversaires et spectateurs. Récit d'une soirée entrée dans l'Histoire et remise au goût du jour pendant le confinement par le TGB.
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"Revoir l'équipe de la génération 85-86"

Corps: 

Bonjour Aurélie, que deviens-tu ?
Lors de ma dernière saison de joueuse j'ai passé mon DE (Diplôme d'État) pour entraîner, préparer ma reconversion. Depuis j'entraîne, je reste au bord des parquets mais de l'autre côté de la ligne. Quand j'ai arrêté, je suis partie au club de Vichy-Clermont, chez les garçons. J'ai fait trois ans là-bas avec la prénationale, les U18 Élite et un peu la Pro B avec Guillaume Vizade. Maintenant je suis salariée du club de Beaumont, à côté de Clermont-Ferrand. J'entraîne l'équipe première qui est en NF3 et aussi des équipes jeunes.

Sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau suis-tu encore le championnat de Ligue Féminine ?
Je suis, j'ai encore des amies qui y jouent. Je ne suis pas au top du top, notamment en début de saison sur les transferts, mais une fois que le championnat est lancé je dirais 7/10. Je regarde les résultats de Calais sur la LF2, Lyon parce que c'est pas loin de chez moi et que mon amie Paoline Salagnac y jouait jusqu'à cette année. Je me tiens au courant de qui performe ou pas.

Quelle est l'adversaire la plus coriace que tu as rencontrée ?
Il y en a eu pleins. Sur mon poste de jeu il y a forcément Céline Dumerc, il n'y a pas mieux en France. Et si je remonte un peu plus il y a Ana Belen Alvaro (internationale espagnole passée par Valenciennes) et Ticha Penicheiro (internationale portugaise aux 15 saisons WNBA, vue à Valenciennes). J'étais jeune donc je pense que je les regardais avec des étoiles dans les yeux.

La coéquipière la plus fantasque...
Lauren Neaves. Sur le terrain une énorme battante et en-dehors, qu'est-ce qu'on a pu rigoler.

Quel match aimerais-tu rejouer ?
Je vais prendre un match qu'on a perdu, avec l'Équipe de France U20. C'est la finale du championnat d'Europe, en France (2004), on joue contre la Russie qu'on a battue en poule de 1 point. En finale on se fait ramasser (64-80) et c'est dommage car c'était chez nous. On aurait voulu finir mieux que ça. Pour les émotions il y a la première médaille au championnat d'Europe avec la génération 85/86 (Euro U16 en 2001), coachée par Francis Denis. C'était un match extraordinaire, on gagne de je ne sais plus combien (68-66 contre la Russie). Les émotions que l'on a eues sur ce match là sont tellement énormes.

Et celui que tu ne voudrais pas rejouer ?
Quand je me suis blessée à l'épaule mais je ne sais plus contre qui. C'est toujours des mauvais souvenirs. Je crois que c'était à Calais contre Saint-Amand, je veux passer un écran et mon épaule reste dans Tiffany Stansbury, un beau bébé. Je ne voudrais pas revivre ça. J'étais out un moment, c'était pas cool.

Quelle coéquipière aimerais-tu revoir ?
J'aimerais revoir celles avec qui j'ai eu ma première médaille à l'Euro, on pourrait se réunir toutes ensemble, l'équipe. Pour reparler de tout ça, être dans la nostalgie mais sympa. On vit toutes un peu à 200 à l'heure, on bouge en permanence. J'en ai pas une en particulier.

Quelle personne a marqué ta carrière ?
Je dirais Alicia Lopez Verdu qui a joué avec moi à Saint-Amand. J'avais une vingtaine d'années et elle était déjà expérimentée, elle avait vécu des campagnes internationales avec l'Espagne. Je pense qu'elle m'a beaucoup appris dans la maturité, la gestion de certaines choses. Ca m'a marquée. On se contacte parfois brièvement pour savoir comme ça va. Au niveau de ma carrière elle m'a aidée à passer un cap.

Son parcours
2000-2001 Centre Fédéral Toulouse
2002-2005 Clermont-Ferrand (LFB-NF1)
2005-2007 Saint-Amand-les-Eaux (LFB)
2007-2015 Calais (LFB-NF1)

Son palmarès
Championne d’Europe U20 en 2005
Médaillée d’argent à l’Euro U20 en 2004
Championne d’Europe U16 en 2001

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Surtitre: 
Que deviens-tu...Aurélie Cibert ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mardi, 30. Juin 2020
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Catégorie 2: 
Chapeau: 
Aurélie Cibert (9 saisons LFB, 235 matches joués) est liée pour toujours au COB Calais, club dont elle a porté le maillot jaune et bleu de 2007 à 2015. Naviguant entre LFB et LF2 au gré des résultats, la meneuse n'a jamais quitté la Côté d'Opale même si elle s'en est éloignée depuis sa retraite. Elle a retrouvé ses racines auvergnates et entraîne à côté de Clermont-Ferrand.
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Plus forte que les blessures

Corps: 

A 10 ans, Ornella Bankolé découvre le basket à Monéteau dans l'Yonne. Repérée pour ses qualités d'appuis et de vitesse, elle intègre le pôle espoirs de Dijon puis le Pôle France en 2012. A sa sortie, le club de Calais alors en LFB lui offre son premier contrat professionnel : "J'étais super contente de signer à Calais, dans un projet qui était intéressant pour moi". Membre de l'Équipe de France U18 durant l'été, elle se blesse au genou (ligament croisé) dès l'ouverture du tournoi face à l'Italie et voit ses rêves de Ligue Féminine s'eloigner. "Ca a été très dur mentalement, je me suis dit "tout mais pas maintenant", j'avais beaucoup d'appréhension de devoir revenir de blessure sur une première saison pro. J'étais très inquiète" se rappelle l'arrière.

Après une rééducation menée à un rythme effréné, elle retrouve le terrain et le maillot jaune et bleu du COB avec lequel elle dispute sept rencontres en fin de saison (6,0 points). "J'ai repris assez tôt, il fallait que je me remette en confiance pour faire quelques matches et être apte mentalement à démarrer la saison d'après. Ca m'a mis en confiance de voir que mon genou tenait, de pouvoir faire quelques minutes". Dans son malheur, elle peut compter sur le staff calaisien qui l'aide à remonter la pente : "Dans la rééducation, l'accompagnement, ils ont été au top. J'ai eu une prépa de ouf tout l'été. Ils m'ont remise sur pied". Relégué en LF2, Calais s'appuye sur une Ornella Bankolé à 100% de ses moyens (11,7 points) mais ne parvient pas à retrouver l'élite contrairement à leur jeune ailière qui tape dans l'oeil de Lattes Montpellier, finaliste des playoffs LFB. "Quand Rachid Meziane m'a proposé le projet j'étais très contente de retrouver un club de Ligue Féminine et en plus au BLMA qui a une belle image" confie-t-elle.

Mais le sort semble s'acharner sur l'Icaunaise qui, après sept matches, est touchée à l'autre genou. "La blessure est plus grave parce que les croisés sont touchés mais aussi un autre ligament et le ménisque. Comme j'avais déjà eu ça, je l'ai beaucoup mieux vécu et j'ai basculé tout de suite. Je savais ce qui allait se passer, ce qu'il fallait faire et ne pas perdre de temps. Mentalement j'étais prête". De nouveau sur pied, elle repart avec détermination sous les couleurs lattoises non sans appréhension : "J'étais un peu inquiète. Est-ce que ça va tenir ? Puis j'étais revenue dans un effectif XXL au BLMA, autour de joueuses fortes et expérimentées". Elle réalise pourtant la meilleure saison statistique de sa jeune carrière (7,5 points et 8,3 d'évaluation en 30 matches), obtient ses premières sélections en Équipe de France lors de l'été 2019 et décroche la médaille d'argent à l'Euro. Mesure-t-elle au chemin parcouru depuis sa blessure quatre ans plus tôt ? "J'y pense quand on m'en parle. C'est derrière moi mais je me dis que je suis passée par pas mal d'épreuves, je suis heureuse d'en être arrivée là même si ce n'est pas la fin".

En septembre, Bankolé intégrera une nouvelle équipe puisqu'elle s'est engagée en faveur de Roche Vendée. Avec le RVBC, celle qui porte le numéro 3 en hommage à ceux qui l'inspirent (LeBron James, Maya Moore, Drazen Petrovic) espère franchir un nouveau palier et devenir une joueuse majeure : "Je pars là-bas pour avoir un autre rôle que celui que j'avais à Montpellier, celui d'une remplaçante qui devait apporter. A Roche Vendée j'y vais pour être titulaire, avoir du temps de jeu et montrer de quoi je suis capable".

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Surtitre: 
La petite histoire de...Ornella Bankolé
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Jeudi, 25. Juin 2020
Vignette: 
Chapeau: 
Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. A sa sortie du Pôle France en 2015, Ornella Bankolé faisait partie des plus grands prospects du basket français. Deux graves blessures aux genoux n'ont pas entamé son ascension et sa soif de briller au plus haut niveau.
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"En pleurs à deux minutes de la fin"

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Bonjour Sandra, que deviens-tu ?
Depuis que j'ai arrêté ma carrière, je me suis formée. J'avais déjà préparé un petit peu ma reconversion. J'ai réussi mon DE JEPS et dans le même temps j'ai été embauchée au Comité Départemental du Calvados où je suis CTF (Cadre Technique Fédéral). J'ai énormément de missions : je m'occupe de la sélection départementale féminine U13, depuis deux ans j'ai lancé le championnat 3x3, j'entraîne la section scolaire départementale dans un collège à Caen, il y a la formation de cadres. Mes journées sont bien remplies.

Sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau suis-tu encore le championnat de Ligue Féminine ?
On va dire 8. J'essaye de suivre pratiquement tout le monde, filles ou garçons ça n'a pas d'importance. Aujourd'hui je suis coach d'une équipe garçons à Douvres en R2. Il n'y a pas plus la LFB, je suis la JeepELITE, la Pro B. Peu importe le sexe, la catégorie, je trouve toujours du plaisir à regarder le basket.

Quelle est l'adversaire la plus coriace que tu as rencontrée ?
En début de carrière c'est Malgorzata Dydek qui est malheureusement décédée. J'arrivais, j'étais toute nouvelle en sélection et voir quelqu'un a plus de 2m (2m18) c'était impressionnant. Et sur la fin de ma carrière c'est Brittney Griner contre qui j'ai pu jouer quand j'étais à Bourges lors de ma dernière année.

La coéquipière la plus fantasque
(Rires) Il y en a plein ! Il y a Virginie Brémont, Gaëlle Skrela, Fati Sacko... Il y en a eu une mutlitude.

Quel match aimerais-tu rejouer ?
La finale de 2001 du championnat d'Europe. J'étais la rookie de l'Équipe de France. Je me rappelle que j'étais en pleurs à deux minutes de la fin, la victoire était quasi acquise. J'aurais été incapable de jouer, j'étais vraiment en larmes. J'aimerais aussi rejouer une demi-finale du championnat de France avec Montpellier, si c'était à refaire je le rejouerais et changerais forcément le score.

Et celui que tu ne voudrais pas rejouer ?
Je pense que c'est celui qui a plus ou moins mis fin à ma carrière. C'est le dernier match de championnat de NF3 juste avant les playoffs pour la montée (avec Douvres), je me pète la cheville. C'est la première grosse blessure de ma carrière et qui a signé la fin totale. Malgré ça, j'ai quand même joué, strappée, le match de la montée. J'étais censée jouer 3 minutes et j'en ai joué 35 avec une douleur indescriptible. La passion a pris le dessus, je ne regrette pas.

Quelle coéquipière aimerais-tu revoir ?
J'ai perdu de vue Laure Savasta. J'aimerais bien la revoir parce que j'ai presque revu toutes celles qui ont fait partie de l'équipe en 2001, je garde le contact avec tout le monde.

Quelle personne a marqué ta carrière ?
C'est la coach d'Istres, Joëlle Belmonte. Je suis arrivée à Istres après une grossesse, hors de forme. Elle a toujours cru en moi et elle savait que j'allais réussir, devenir une basketteuse professionnelle. Elle m'a accompagnée, encouragée, engueulée comme une maman. Elle était un coach hors normes avec un tempérament terrible mais elle m'a transmis cette passion et cette combativité que j'ai eues sur le terrain dès le départ.

Son parcours (133 sélections en Équipe de France)
1992-1995 Effort du Morne Vert
1995-1998 Bourbaki Pau
1998-2001 Istres (NF1 puis LFB)
2001-2004 Bourges
2004-2006 Puig d'en Valls (Espagne)
Eté 2006 Shinshan (Corée du Sud, WKBL)
2006-2008 Lattes Montpellier
2008-2009 Cesis (Lettonie)
2009-2012 Lattes Montpellier
2012-2013 Arras
2013-2015 Mondeville
Oct-Nov 2015 Bourges

Son palmarès
Championne d'Europe en 2001
Championne de Lettonie en 2009
Vainqueur de la Coupe de France en 2011
Championne de France NF1 en 2000

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Que deviens-tu...Sandra Dijon ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Lundi, 22. Juin 2020
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Championne d'Europe avec les Bleues en 2001, Sandra Dijon a illuminé la Ligue Féminine de son sourire et son talent durant 13 saisons (327 matches). Istres, Bourges, Lattes Montpellier, Arras et Mondeville ont pu profiter de la combativité de la pivot martiniquaise sous les paniers. Installée en Normandie, elle forme désormais les joueuses de demain.
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Pro de la balle et du sifflet

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L'illustre Chantal Julien avait montré la voie, celle qui mène d'une carrière de joueuse professionnelle à celle d'arbitre au plus haut niveau français. Mais la réussite de cette pionnière s'étant déroulée avant la création de la Ligue Féminine de Basket en 1998, l'arrivée en 2005 de Carole Delauné David sur un parquet de LFB avec un sifflet est donc un événement. La Normande jouait encore à Mondeville quelques années auparavant.

Formée à l'Avant Garde Caennaise puis à Mondeville, elle découvre le monde professionnel lors de la saison 97-98. Entre 1998 et 2000, elle participe à 54 rencontres de LFB (4.5points/match en moyenne) sous les couleurs de l'USOM, vitrine du basket normand. "Igor Groudine était le coach", rappelle Delauné David. "On sortait de la Nationale 1A qui restait un peu amateur même si des joueuses étaient rémunérées. Le développement économique et de vision n'a plus rien à voir, la création de l'Open, la mise en avant des joueuses", se remémore-t-elle. "D'un point de vue basket, si je me donne 20 ans de moins, est-ce que je serais capable de jouer en Ligue Féminine ? Waouh ! Physiquement ça a pris de l'ampleur, de la vitesse. Je me sentirais dépassée".

A 24 ans, elle quitte le milieu pro et s'engage à Ifs, un autre club de la banlieue caennaise, en tant qu'entraîneur-joueuse en...pré-nationale. Elle mènera son équipe jusqu'en NF1 avant de prendre un poste de responsable technique de zone à la Fédération Française de Basket en septembre 2005. C'est pendant cette période ifoise que cette touche-à-tout de la balle orange a attrapé le virus de l'arbitrage : "J'ai toujours été attirée par toutes les facettes du basket, j'ai été joueuse pro, aujourd'hui je suis dirigeante, l'arbitrage faisait partie de tout ça. Je m'étais toujours dit que quand j'arrêterai de jouer en pro, je commencerai ma formation d'arbitre". Dès 2000, elle se lance et gravit rapidement les échelons sous la coupe de Pascal Dorizon, le patron de l'arbitrage français. Alors que la LFB inaugure, en octobre 2005, l'Open LFB à Coubertin, Carole Delauné David officie lors du match entre Clermont-Ferrand et Calais pour sa première en Ligue Féminine : "Je venais de commençer à travailler à la FFBB. J'étais avec avec Freddy Lepercq, mon nouveau collègue de l'époque, et surtout j'arbitrais Elena Nikipolskaia avec qui j'avais joué pendant deux ans à Mondeville. Je connaissais le niveau de jeu, les joueuses. C'était un sacré avantage".

Passée de l'autre côté de la barrière, elle avoue que les premières saisons ont été délicates à gérer notamment dans la relation avec d'anciennes coéquipières ou adversaires. "Il n'y avait pas de cadeau mais pas forcément de mon côté. Les filles étaient là pour jouer et pour gagner donc si elles avaient quelque chose à dire, elles me le disaient. C'était un peu compliqué, le protocole des arbitres, on fait super attention. Comme je commençais, j'avais encore des réflexes. La gestion humaine était faite à ma manière et qui n'était la plus adéquate pour le haut niveau", sourit-elle. Avec le temps et l'expérience, Carole Delauné David s'affirme, devient arbitre FIBA en 2007 et atteint le Graal en 2012 avec une nomination pour officier lors des Jeux Olympiques de Londres.

Seule femme à exercer au plus haut niveau français lorsque Chantal Julien s'est arrêtée, Carole Delauné David a dû se faire une place pendant plusieurs saisons dans un milieu essentiellement masculin. "L'activité d'arbitre n'est pas attirante, il faut le dire. On a beaucoup de pression, de contestations, on doit avoir un fort caractère. Je pense que ça peut faire peur". S'il est vrai que l'univers des refs s'est fortement féminisé depuis plusieurs années, très rares sont les anciennes joueuses pro à oser franchir le cap. "On n'en vit pas de l'arbitrage, c'est ça le problème. Nathalie Lesdema avait commencé l'arbitrage mais elle a vite arrêté...Son nom a pu la servir comme la desservir, elle n'a pas pu monter aussi vite qu'on l'aurait souhaité", regrette la Normande qui devra attendre encore un peu avant d'avoir à son tour une héritière.

Catégorie: 
Surtitre: 
La petite histoire de...Carole Delauné David
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Jeudi, 18. Juin 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. Joueuse professionnelle à Mondeville lors du lancement de la LFB, Carole Delauné David est la seule à avoir porté un maillot et une chemise d'arbitre en Ligue Féminine.
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"Je ne dormais pas deux jours avant"

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Bonjour Polina, que deviens-tu ?
J'habite toujours à Tarbes. Je travaille au Conservatoire, l'école de musique. Ca me plaît énormément, je vais entamer ma septième année. C'est comme le sport qui exige de la discipline, de la rigueur sauf qu'à la place d'avoir un ballon dans les mains, tu as un instrument. On a autour de 1000 élèves, le plus jeune a 4 ans. J'admire ce que font les gosses. On créé du lien avec eux, les parents.

Suis-tu toujours la Ligue Féminine ?
Oui bien sûr. Quand je peux je vais voir des matches. C'est dommage que ça se soit fini comme ça cette année. Peut-être que c'est bien aussi pour Tarbes parce qu'elles étaient un peu en difficulté. Je vais régulièrement aux matches puisque j'ai décidé d'arrêter le basket. J'entraînais une équipe séniors garçons en pré-nationale, j'ai pris du recul. Je me suis rendue compte que je m'investis à 100% sans avoir le même retour. Peut-être qu'avec mon passage au haut-niveau, le mot "amuser" n'existe pas trop. Pour moi c'est la compétition. Le samedi je peux donc aller aux matches du TGB, de l'Union (Tarbes-Lourdes, club évoluant en NM1). J'ai du temps libre.

Quelle est l'adversaire la plus coriace que tu as rencontrée ?
Je n'aimais pas, avec mon plus grand respect, jouer contre Isabelle Fijalkowski. C'est une très bonne joueuse, avec son petit shoot, le jeu dos au panier et ses coudes qui faisaient mal. Elle les plaçait au bon moment, les arbitres ne le voyait pas et c'était ça le plus énervant. J'ai adoré les matches contre Isabelle et en même temps j'avais peur.

La coéquipière la plus fantasque...
Il y en a une qui nous faisait rire c'était Gunta Basko, à l'époque. Sinon l'Américaine Katryna Gaither (joueuse de Tarbes de 2003 à 2006), elle était malade, avec la fièvre, elle toussait, elle avait le rhume, elle avait mal. Elle était toujours à l'entraînement, elle ne cherchait pas d'excuse. Elle ne se la "pétait" pas comme on dit. Un jour je lui ai dit "toi, tu n'es pas une Américaine". On l'appelait Maya l'abeille, elle était partout, elle faisait un boulot monstre.

Quel match aimerais-tu rejouer ?
Les matches que j'adorais, pour revivre l'adrénaline, l'ambiance, le public, c'était contre Bourges et Valenciennes au Quai de l'Adour. Tout le monde attendait ces matches avec impatience. Ca frittait, c'était physique, je ne dormais pas deux jours avant, tu sentais cette boule à l'estomac. J'aimerais revivre ça pour une journée.

Et celui que tu ne voudrais pas rejouer ?
Un match m'a beaucoup marquée à l'époque contre Strasbourg, qui était dernier et qui n'avait pas gagné un match. On a perdu de 20 poins à la maison. C'était une déception pas possible, à ce moment-là j'avais honte, je n'ai pas dormi de la nuit. Et bien sûr on a eu entraînement le dimanche matin à 8 heures. On a été bien secouées par l'entraîneur, le Président.

Quelle coéquipière aimerais-tu revoir ?
Toutes ! J'ai partagé quelque chose avec chacune.

Quelle personne a marqué ta carrière ?
Tout le monde a marqué ma carrière. Chacun m'a enseigné un petit quelque chose même s'il y avait des choses contradictoires, entre un entraîneur une année et un autre l'année d'après par exemple. Tout ça a été un bagage qui a rempli mon expérience.

Son parcours en LFB
1995-1998 Tarbes (NF1A)
1998-2005 Tarbes
2005-2008 Mourenx
2008-2009 Tarbes

Son palmarès
Championne WNBA en 1999
Vainqueur de la Coupe Ronchetti en 1996
Vainqueur de la Coupe de France en 1996, 1997 et 1998
MVP étrangère de LFB en 1999 et 2000

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Surtitre: 
Que deviens-tu...Polina Tzekova ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mardi, 16. Juin 2020
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Catégorie 2: 
Chapeau: 
Polina Tzekova est arrivée dans l'hexagone en 1995 à Tarbes. A l'exception d'un intermède de trois saisons à Mourenx, la pivot franco-bulgare, double MVP étrangère du championnat, n'a porté que le maillot du TGB durant sa carrière en LFB (10 saisons, 248 matches joués). Un endroit qui lui plaît puisqu'elle vit et travaille toujours au pied des Pyrénées.
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L'art de rebondir

Corps: 

Née en 1987 à Nouméa, Soana Lucet découvre le basket sur le tard : "J'avais 15 ans. Ca a commencé lors de ma première année de lycée, on allait jouer lors des intercours. Quand je suis rentrée, j'ai dit à ma mère que j'aimerais bien aller dans un club. Le club près de chez moi s'appelle l'AS 6ème donc j'ai commencé là-bas". Pour continuer à vivre son rêve, elle doit quitter son île mais très peu de basketteurs néo-calédoniens ont franchi ce cap et encore moins chez les filles. "Ça ne se faisait pas. On m'avait dit que je pouvais peut-être aller en N3 mais il n'y avait rien de concret. Je devais prendre mes valises, aller en France où je ne connaissais personne et partir à l'aventure", raconte l'ailière.

Finalement repérée par un coach américain lors d'un tournoi en Nouvelle-Zélande, Soana Lucet fait le grand saut pour les États-Unis où elle intègre le College of Southern Idaho en 2007. Elle y passe deux ans et demi, notamment pour y apprendre l'anglais, et découvre la vie universaire au pays de l'Oncle Sam : "J'arrivais de mon île où l'on joue sur du goudron. Quand il pleut on ne peut pas s'entraîner. J'avais déjà joué sur des terrains en parquet mais quand je vois la machine à shoots, le campus... C'est le rêve américain, grandiose" , se souvient Lucet. Elle rejoint ensuite l'Université d'Arizona où elle compile 12,9 points et 6,1 rebonds lors de ses deux saisons sous le mailot des Wildcats.

Non draftée en WNBA, elle lance sa carrière professionnelle en France, à Arras en 2011. "C'était le premier truc concret que j'ai eu donc j'ai dit ok".  L'aventure chez les Demoiselles tourne court et après seulement huit matches (2,3 points), elle doit déjà faire ses valises. "Ça a été très dur, je ne savais pas comment ça se passait, le business. Je l'ai vécu comme un échec, il faut aussi savoir que j'étais blessée. En plus j'étais loin de tout, seule". Elle prend la direction de Braine (Belgique) où elle donne satisfaction et reste une saison supplémentaire. Elle retente sa chance en Ligue Féminine, à Angers, en 2013.

Les choses ne se passent pas comme prévu puisqu'elle ne joue que 13 matches et doit à nouveau s'éloigner du championnat français : "Je pense qu'on ne se convenait pas mutuellement. Comme le basket est une passion, je me suis toujours dit que si je n'étais pas heureuse, je ne resterais pas dans une telle situation". Elle se relance en Allemagne, à Fribourg puis Wasserburg, décroche des titres (deux championnats et deux coupes nationales) et joue l'Eurocoupe. Dans un championnat "qui est l'équivalent du haut de tableau de la LF2", Soana Lucet retrouve ses sensations. Angers, qui entre-temps a été relégué et a changé d'entraîneur, lui donne une nouvelle chance : "Je ne m'attendais pas à ce qu'on me rappelle même si les dirigeants m'ont toujours appréciée. Le projet sportif m'intéressait et j'avais deux amies, Isis Arrondo et Camille Aubert, qui y étaient. Je n'ai pas hésité même si c'était en Ligue 2".

Ses performances attirent l'oeil du voisin Roche Vendée qui a réussi son baptême en LFB (10e). Elle s'engage en faveur des Tigresses à la rentrée 2018 pour une troisième tentative en Ligue Féminine. Cette fois c'est la bonne, la Néo-Calédonienne trouve sa place dans l'effectif vendéen (10,8 points et 5,1 rebonds) et participe activement à la belle saison du RVBC (5e) qui se qualifie pour l'Eurocoupe. Lors de l'exercice 2019-2020, ses statistiques ont peu bougé (9,0 points et 5,4 rebonds), signe d'une stabilité enfin trouvée en France. "L'environnement n'était pas favorable pour moi à l'époque. Là je me retrouve bien dans ce que Manu (Body) et Jacky (Moreau) proposent, c'est pour ça que ça fonctionne" , analyse celle qui jouera sa troisième saison consécutive en Vendée en septembre prochain. De là à finir sa carrière sur les rives de l'Yon ? "Je me sens bien ici, je suis bien entourée, on a bon petit groupe. Pour l'avenir je ne sais pas, j'ai appris vite dans mes premières années que c'est du business. Si la saison prochaine je ne fais pas le taf, le RVBC ne sera pas favorable à ce que je resigne. C'est comme ça, c'est le business et maintenant j'en suis consciente, je sais comment ça se passe".

Installée dans une équipe de Ligue Féminine, Soana Lucet a atteint son rêve de devenir une basketteuse professionnelle, la première issue de Nouvelle-Calédonie. Quand elle retrouve son île, une fois par an l'été, elle fait forcément la fierté des jeunes filles qui ont désormais un modèle à suivre : "Je suis beaucoup sollicitée par mon club, l'AS 6ème. Il m'a toujours soutenue, c'est une famille. Je fais les entraînements des filles, elles me posent plein de questions, j'essaye de partager le peu de savoir que j'ai". Et beaucoup de persévérance.

Catégorie: 
Surtitre: 
La petite histoire de...Soana Lucet
Auteur: 
Par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mercredi, 10. Juin 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Découvrez les petites histoires qui font la grande histoire de la Ligue Féminine de Basket depuis 1998. Soana Lucet, seule basketteuse néo-calédonienne à avoir percé dans le milieu professionnel, s'est relevée de deux échecs en LFB en 2011 et 2013 pour devenir un pilier de Roche Vendée.
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"Nous étions comme dans une famille"

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Comment vas-tu Ana?
D'abord un bonjour de Croatie à tous les fans français de basket. Je suis donc en Croatie, je prends du bon temps avec ma famille. Ca a été une période incensée partout dans le monde donc on apprécie d'autant plus ce que l'on a et de prendre soin de sa famille et de ses amis. Je vais bien, ma vie a complètement changé maitenant avec des enfants. C'est le meilleur sentiment au monde que d'être maman et j'adore ce role.

Que deviens-tu ?
Depuis que j'ai quitté la France (en 2013), beaucoup de choses se sont passées. J'ai perdu mon père et ça a été la période la plus dur de ma vie. C'est pour ça que j'avais décidé de ne pas revenir en France. J'ai attendu des offres et j'en ai reçu une de Turquie en octobre. Ca m'a permis de rester plus longtemps auprès de ma maman. J'ai joué deux saisons en Turquie (2013-2015), j'ai vraiment apprécié le basket et la vie là-bas même si c'est bien différent de la France où tout est planifié, organisé. J'ai ensuite eu une blessure et j'ai eu une offre de Salamanque mais pour quelques mois seulement et après Noël j'ai signé à Sopron. C'est à cette période que j'ai commencé à penser à ma vie après le basket. J'ai décidé d'étudier et j'ai eu un diplôme de préparateur physique en 2018. Je suis rentrée en Croatie pour ma dernière saison de basket. J'ai aidé une équipe avec des jeunes (ZKK Novi Zagreb) pour laquelle j'avais déjà jouée à 16 ans quand j'ai quitté Split pour Zagreb. Je pense que c'était la meilleure façon de finir. Ca m'a rappelé ma jeunesse quand je ne connaissais rien à l'argent, aux contrats, aux managers... Avec ces jeunes c'était rafraîchissant, les voir jouer, leur donner des conseils, elles m'appellaient "mama". Je les regardais comme mes enfants et j'ai adoré chaque seconde. J'ai donc arrêté ma carrière en mai 2017, je me suis mariée en 2018 puis j'ai eu une fille, Petra. Il y a 4 mois, j'ai eu un garçon, Toma Srecko. Et aujourd'hui je suis la plus heureuse d'avoir ma famille à mes côtés.

Suis-tu toujours la Ligue Féminine ou les résultats d'un club en particulier ?
Je suis autant que je peux mais je dois avouer que ma vie a complètement changé et donc je n'ai pas beaucoup de temps libre. Je suis plus le BLMA (Lattes Montpellier).

Quel est ton meilleur souvenir en Ligue Féminine ?
On pense toujours aux championnats ou aux médailles que l'on a gagnés et bien sûr que ce sont de bons souvenirs. Mais je dirais aussi que l'une de mes meilleures années, là où j'ai adoré jouer au basket, c'était à Mourenx. Cette petite salle, pleine de fans, nous étions comme une famille. Chacun essayait de faire de son mieux pour l'équipe et le club. J'ai ressenti ça aussi à Montpellier. Je pense qu'à la fin d'une carrière, les fans sont ceux qui te montrent réellement combien ils t'apprécient et se rappellent de ton jeu.

Et le pire ?
C'est quand je me suis déchiré le ligament croisé lors de ma première saison à Tarbes. J'ai été opérée, je n'avais que 20 ans et dans cette situation j'ai décidé de signer à Aix-en-Provence pour la saison d'après ce qui a déçu les gens de Tarbes. Donc jusqu'à la fin de la saison on a eu quelques problèmes mais aujourd'hui, je ne pense pas qu'il y ait de mauvais sentiments. Ca s'est fait pour certaines raisons et on apprend tous de nos erreurs. Les fans me le rappelaient chaque saison quand je jouait contre Tarbes, qu'ils n'avait pas aimé que je parte.

As-tu encore des amies qui jouent en LFB ?
J'ai des amies qui jouent dans la ligue française et c'est une des meilleures choses qui reste après avoir joué au basket. Avec certaines tu parles plus, avec d'autres moins et je pense que les réseaux sociaux sont coupables de ça parce qu'on sait tout ce qui se passe dans la vie des autres. Parfois c'est plus facile de ne pas appeler ou envoyer un message parce que tu sais déjà. Je mentionne une personne spéciale pour moi, Ana Maria Filip. Elle est venue à mon mariage, je l'ai connue jeune à Bourges et je peux dire qu'elle a bien grandi. C'est une femme et une joueuse forte. Elle n'abandonne jamais.

Son parcours en LFB
2003-2004 Tarbes
2004-2005 Aix-en-Provence
2006-2008 Mourenx
2008-2010 Bourges
2010-2013 Lattes Montpellier

Son palmarès en LFB
Championne de France LFB en 2009
Vainqueur de la Coupe de France en 2009, 2010, 2011 et 2013

Catégorie: 
Surtitre: 
Que deviens-tu...Ana Lelas ?
Auteur: 
Propos recueillis par Arnaud Dunikowski
Date d’écriture: 
Mercredi, 10. Juin 2020
Vignette: 
Catégorie 2: 
Chapeau: 
Découverte à Tarbes en 2003, Ana Lelas a joué pendant neuf saisons en Ligué Féminine et porté les maillots du TGB, Aix-en-Provence, Mourenx, Bourges et Lattes Montpellier (216 matches joués). Après une carrière bien remplie qui s'est terminée en 2017, l'ailière est retournée vivre en Croatie où elle a fondé une famille.
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