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EQUIPE DE FRANCE MASCULINE - TQO DE MANILLE 2016

A 40 minutes de Rio

FIBA
par Julien Guérineau, à Manille - 09/07/2016
Il ne reste qu’une marche à franchir. Hormis cinq premières minutes ratées, l’Equipe de France a contrôlé les débats et dominé la Turquie 75-63 pour se qualifier en finale du TQO, face au Canada, dimanche à 15h00.
Avec un tournoi à six équipes, les matches couperets n’ont pas tardé à arriver. Une perspective sans doute plus stressante que jamais pour les fans tricolores, la perspective d’une possible défaite étant synonyme de la fin du rêve olympique et de la retraite internationale d’une génération de qui a porté le basket français tout en haut de la hiérarchie mondiale.
 
Pour le remake du huitième de finale de l’EuroBasket 2015, Ergin Ataman a choisi d’aligner ses tours jumelles dans le cinq, Omer Asik et Semih Erden. Une nouveauté dans ce TQO, qui va rapidement payer, les deux baobabs fermant totalement l’accès au cercle en défense et se trouvant parfaitement en attaque pour des paniers faciles. En quatre minutes la Turquie fait souffler un léger vent de panique dans le clan français (3-13), confirmant une fâcheuse tendance à débuter les rencontres avec une agressivité en berne. Un temps mort de Vincent Collet va cependant vite remettre ses troupes dans le sens de la marche. Boris Diaw durcit le ton et les Bleus s’attachent à écarter le jeu. Avec plus de mouvement et de rythme, ils parviennent à trouver des tirs ouverts et à provoquer des fautes. Nando De Colo se régale et en un éclair la France se fend d’un 13-0 autoritaire. 
 
Seule ombre au tableau les fautes rapides qui tombent sur le duo Joffrey Lauvergne-Kim Tillie. Une situation qui forcent les Bleus à jouer petit. Très petit… Pendant quelques minutes, Florent Pietrus et Mickaël Gélabale vont tenir la raquette. Avec une certaine réussite puisque le manque de centimètres s’accompagne d’une mobilité accrue qui perturbe les Turcs. Hormis un léger coup de chaud de Bobby Dixon, a.k.a. Ali Muhammed, l’Equipe de France est parfaitement en place défensivement et, comme c’est désormais une habitude, trouve sur son banc des éléments capables de faire la différence. Thomas Heurtel et Antoine Diot frappent à longue distance au cœur du deuxième quart-temps et au moment de rejoindre les vestiaires l’écart est monté à 7 unités avec dix marqueurs différents ayant contribué au tableau de marque.
 
La bonne série va se poursuivre au troisième quart-temps avec un Tony Parker déterminé à stopper Dixon et en mode distributeur de l’autre côté du terrain. Lauvergne, limité à deux minutes de temps de jeu en première mi-temps, évacue sa frustration en faisant fructifier ces caviars près du cercle. La Turquie est au bord du gouffre mais un léger moment de flottement marqué par quelques balles perdues lui permet encore d’y croire quand approche le money-time, même si un tir primé d’Antoine Diot au buzzer les laisse à distance respectable (53-43).
 
La digue va cependant rapidement céder. Thomas Heurtel, sans doute inspiré de retrouver quelques acteurs des meilleurs derbies stambouliotes, fait le show et s’envole même au dunk en contre-attaque (66-50, 34e). Une action rare qui démontre à quel point le meneur de l’Anadolu Efes Istanbul est affûté cet été. La Turquie a beau se lancer dans un dernier rush désespéré, Heurtel règne sur le dernier quart-temps (12 pts, 3 pds). Dans son sillage, l’Equipe de France file vers la finale du TQO face au Canada. Les Jeux Olympiques sont à portée de main.