Equipes de France jeunes

"Je savais depuis la veille qu’on allait gagner"

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La dernière marche est parfois trop haute. Six finales. Cinq défaites pour l’Equipe de France U18. Dont trois revers contre l’Espagne. Si les générations changent chaque année, un petit blocage mental n’est pas pour autant à écarter. "La superstition joue quand tu arrives en finale. Alors quand tu rejoues l’Espagne, on se dit : putain, mais ça va s’arrêter !" Pour Arnaud Guppillotte, qui avait vécu trois de ces déceptions, la série noire a pris à l’été 2016, à Sopron, en Hongrie au cours d’un Euro où la seule frayeur aura eu lieu lors d’un huitième de finale arraché 53-51 face à la Lituanie.

Les Bleuettes avaient pourtant survolé leur phase de poule, atomisant notamment la Croatie (+51) et la Slovénie (+42). La Lituanie, de son côté, n’a gagné aucun match. Et pointe un temps à -13, victime expiatoire face aux favorites. "Leur meilleure joueuse se pète la cheville en plus", se souvient Arnaud Guppillotte. "Ils font rentrer une petite qui ne ressemble à rien avec un bandeau dans les cheveux. Je dis à mon assistant, c’est qui elle ? Je ne sais même pas, elle a joué 2 minutes en 3 matches. En l’espace de trois minutes elle avait mis 11 points !" Les Baltes grignotent petit à petit leur retard et vont finalement mourir à deux longueurs, stoppées par une Alexia Chartereau décisives (16 pts, 10 rbds).

La sueur froide est passée. La France reprend sa marche en avant, écarte l’Italie et la Lettonie et attend le résultat d’Espagne-Russie pour connaître l’identité de son adversaire. Le 31 juillet, lorsque la finale débute, Arnaud Guppillotte pénètre dans la salle avec la certitude qu’une médaille d’or l’attend. "Je savais depuis la veille qu’on allait gagner. Et facilement en plus." Une fanfaronnade qui n’en est en fait pas une. "Après notre victoire en demi-finale nous sommes restés regarder Espagne-Russie. L’Espagne gagne. J’avais expliqué que la bascule mentale se faisait dans les 30 minutes après un match. Et plus tu joues tard, plus tu as le risque de ne pas basculer. Pendant 15 minutes nos filles avaient fêté ça, vu leurs parents. Et là Alexia Chartereau est arrivée pour renvoyer tout le monde aux vestiaires puis à l’hôtel. Quand les Espagnoles gagnent j’ai mis mon chrono et j’ai dit à mes assistants, si ça dépasse 20 minutes, demain soir on leur met une branlée. 20, 30, 40, 45 minutes. Et le lendemain on gagne de 30."

Le choc final n’en est effectivement pas un. Les Espagnoles sont étouffées, ne parviennent qu’à inscrire 19 points en première mi-temps et explosent totalement dans le dernier quart-temps (-19). Tima Pouye flirte avec un triple-double (12 points, 8 rebonds, 7 passes) mais c’est une nouvelle fois Chartereau qui montre la voie : 19 points et 12 rebonds. La jeune femme, qui vient de disputer l’Euro U20 quelques jours plus tôt, ne le sait pas encore mais elle a disputé pour l’occasion son dernier match chez les jeunes. Au mois de mai 2017, alors qu’elle n’a encore que 18 ans, elle est appelée pour la première fois chez les A.

Surtitre: 
ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Vendredi, 3. Juillet 2020
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Catégorie 2: 
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En 2016, pour la deuxième fois les U18 féminines sont championnes d’Europe de la catégorie en venant enfin à bout de leur ennemi intime, l’Espagne.
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FIBA
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"Je voulais qu’on soit confiné, j’étais précurseur"

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Des kilomètres et des kilomètres en bus. Des heures et des heures. Ensemble. Pas le choix. De la campagne serbe à Bucarest, en Roumanie. Un road trip de huit heures qui peut terminer en crêpage de chignon ou en union sacrée. "8 heures dans un bus, ça crée des souvenirs, on a vraiment traversé des paysages idylliques. Mais c’est ce que je voulais, qu’on soit un peu confiné, j’étais précurseur", sourit Jérôme Fournier, l’entraîneur des U18 féminines en 2012. C’est sa deuxième campagne avec la catégorie. La précédente, trois ans plus tôt, s’est conclue sur une médaille d’argent à l’issue d’une finale perdue contre l’Espagne. "Je fais ce métier pour plein de raisons. Une des raisons qui m’amine c’est la compétition. Et la compétition pour moi n’a de sens qu’à partir du moment où il y a victoire. Je ne sais pas qui a inventé les podiums en se disant que ça serait bien de récompenser le deuxième, le troisième. Une compétition soit tu la gagnes soit tu la perds."

Et en U18, la France a plutôt l’habitude la perdre. En 1981, 2002, 2009 et 2011 elle trébuche sur la dernière marche. Alors, en 2012, faute d’une connaissance précise de la génération 94-95, Jérôme Fournier mise sur une longue préparation à l’étranger et une vie en communauté qui doit permettre aux talents tricolores de performer le jour J. La méthode fonctionne et le 26 juillet l’Equipe de France débute son Euro par une victoire sur l’Espagne. Elle enchaîne sur trois nouveaux succès, cale contre la Russie, avant de reprendre sa marche terminant première de sa poule. La Croatie et les Pays-Bas sont écartés en quart et en demi-finale pour s’offrir une deuxième chance contre la Russie, "la meilleure équipe du tournoi" selon Jérôme Fournier.

Les Bleues s’appuient dans le tournoi sur une rotation assez limitée et sur le talent de deux futures internationales chez les A, Olivia Epoupa et Valériane Ayayi. L’ailière est la meilleure scoreuse du groupe mais va vivre une mauvaise soirée en finale. 1/6 aux tirs et un passage par l’infirmerie en cours de rencontre : "Elle fait son plus mauvais match de la compétition. Mais à sa décharge elle se fait péter la lèvre, part dans le vestiaire se faire recoudre et revient finir le match. Valériane est souvent considérée comme une princesse mais les gens ne la connaissent pas vraiment." Le dernier acte est particulièrement tendu. A 10 minutes du buzzer, la Russie mène encore 44-46. Mais une puce d’1,64 m va faire basculer la rencontre. Olivia Epoupa se démultiplie. Elle se fend de 20 points, 12 rebonds, 5 passes décisives et 2 interceptions pour ponctuer une phase finale de rêve et faire main basse sur le titre de MVP, deux ans après avoir obtenu pareil honneur dans la catégorie U16. "Olivia surprend en permanence. Quand elle était jeune elle était même à se surprendre elle-même. En 2010 à l’Euro U16 elle avait raté un lay-up à 1 contre 0 face aux Russes en demi-finale qui avait sans doute coûté le match à l’équipe. Elle avait fini en pleurs. Et sa force c’est qu’elle ne fait jamais deux fois la même erreur."

Au bout du suspense, la France s’impose 65-61 pour monter sur la plus haute marche du podium. Jérôme Fournier retrouvera cette génération en 2014 en U20 pour une nouvelle médaille d’or et un nouveau titre de MVP pour Epoupa, la seule joueuse européenne à avoir été élu meilleure joueuse dans trois catégories d’âge différentes. De quoi recevoir les louanges de son entraîneur : "Personne dans notre histoire ne fait ces choses-là… C’est une championne. Et qui n’a pas besoin des autres. Qui n’a pas besoin du système pour la porter."

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ÉQUIPES DE FRANCE JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Jeudi, 2. Juillet 2020
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Catégorie 2: 
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En 2012, l’Equipe de France U18 remporte la première médaille d’or de la catégorie dans le sillage de la MVP de la compétition, Olivia Epoupa.
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FIBA
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Entre interrogations et promesses

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Cet été, Aimé Toupane aurait disputé sa 12e campagne consécutive chez les U20. Un véritable sacerdoce compte tenu des particularités de la catégorie. Depuis des années, l’entraîneur du Pôle France doit gérer une réalité incontournable. A 19 ou 20 ans, les meilleurs joueurs français sont souvent lancés dans une démarche qui doit leur permettre de se positionner au mieux dans l’optique de la draft NBA. Mais les défections se sont faites sans cesse plus nombreuses, culminant en 2016 sur une 13e place qui faillit envoyer la France en division B européenne. La gestion des ambitions individuelles et des besoins collectifs est un exercice particulièrement délicat à gérer mais depuis trois campagnes, les U20 ont systématiquement rallié le dernier carré de l’Euro.

En 2020, Aimé Toupane pouvait travailler sur une double génération et notamment les 2001, champions d’Europe U16 et vice-champions du Monde U17. Un groupe particulièrement talentueux et au sein duquel les deux principaux leaders sont déjà tournés vers d’autres objectifs. Théo Malédon et Killian Hayes sont attendus très haut dans la draft qui s’annonce. Même si le processus habituel a été bousculé par la pandémie mondiale du CoVid19, les scouts NBA n’ont jamais cessé de glaner des informations sur les prospects tricolores. Exilé à Ulm, en Allemagne, Hayes pourrait devenir le Français le plus haut drafté de l’histoire (Ntilikina 8e). Maledon a connu une saison délicate mais impossible d’oublier que le Normand évoluait, à 18 ans, en Euroleague et avait déjà pris pied en Equipe de France. Dernier élément concerné par la draft, Joël Ayayi s’est laissé une porte de sortie pour réintégrer son université de Gonzaga.

Même sans eux, les 2001 proposent des profils taillés pour le très haut niveau au premier rang desquels Ismaël Kamagate. Le longiligne intérieur du Paris Basketball a totalement explosé, profitant également d’une double licence qui lui a permis de disputer 11 matches supplémentaires avec le Pôle France en NM1. Le club de la capitale s’est largement reposé sur la jeunesse puisque Juhann Bégarin et Milan Barbitch figuraient également dans la rotation. "Ils ont fait le bon choix", positive Aimé Toupane. "Jean-Christophe Prat les a mis sur le terrain. On a particulièrement suivi Ismaël Kamagate et je pense que l’objectif est d’en faire un titulaire la saison prochaine." Redoutable rebondeur-contreur, efficace à la finition, le jeune homme possède une marge de progression évidente et tournait à 7,5 points, 4,7 rebonds et 1,8 contre lors des 10 derniers matches avant l’interruption de la saison.



Son utilisation et celle de Barbitch (3,5 pts en 11’) démontrent que l’antichambre de l’élite est un point de chute pertinent pour les jeunes français. "C’est une étape qui peut être intéressante", remarque Aimé Toupane. "La marche entre les niveaux est importante. Et les gamins mettent beaucoup en avant les parcours d’Evan Fournier, Edwin Jackson ou Adrien Moerman. Il y a une réflexion collective des joueurs, des parents et des entourages sur les possibilités qu’offrent cette étape intermédiaire." Cette destination, d’autres joueurs l’ont suivie avec une certaine réussite. Barré à Gravelines-Dunkerque, Lucas Bourhis était un deuxième meneur très à l’aise chez le leader de la division (5,3 pts en 17’). Son coéquipier au centre de formation du BCM, Louis Marnette a quitté le championnat espoirs en cours de saison et l’espace de 10 rencontres en Alsace a fait apprécier ses remarquables qualités d’adresse (7,2 pts en 16’ à 40,4% à trois-points). Gros potentiel dont l’envergure et la dimension défensive avait tapé dans l’œil des scouts NBA, Kenny Baptiste a lancé sa carrière à Quimper (3,6 pts en 11’) tandis que le puissant Mathis Dossou-Yovo a rallié Evreux (4,7 pts, 3,3 rbds en 14’).

Un rôle c’est ce que recherche désespérément l’un des talents les plus prometteurs du basket français mais qui s’est quelque peu perdu depuis quelques mois. Depuis son départ de l’ASVEL, Malcolm Cazalon a rejoint Bourg. Déçu de son temps de jeu il a rallié la Belgique sans y trouver son bonheur. Puis la Serbie, sans avoir encore l’occasion d’y évoluer. Le club de Mega Leks est une vitrine pour exposer les talents de l’agent Misko Raznatovic et Cazalon a désormais toutes les cartes en main pour reprendre son envol en espérant ne pas avoir perdu trop de temps. Aimé Toupane était également curieux des possibilités de Tom Digbeu, ancien élève du Barça mis en couveuse par le Zalgiris Kaunas dans l’équipe de Preinai et dont l’évolution est un mystère.

D’autres membres des U20 ont eu l’occasion d’effectuer quelques incursions en Jeep®Elite. C’est le cas principalement de Yohan Choupas à Pau, Timothé Crusol à Limoges et Karlton Dimanche à Cholet. La porte s’est moins ouverte pour Matthieu Gauzin au Mans ou Essome Miyem à Strasbourg mais tous ces joueurs avaient démontré leur compétitivité dans le concert européen de jeunes. "L’équipe était complète avec des possibilités défensives et offensives. Une équipe équilibrée avec de la polyvalence et de la taille. J’étais confiant pour aller chercher le podium", regrette Aimé Toupane. "Pour beaucoup cela marquait la fin de l’équipe nationale mais aussi le début d’autre chose. Cela pouvait donner un capital confiance qui servait à lancer leur carrière. Et cela va bien au-delà du résultat des compétitions. Se retrouver tous les étés vaut tout l’or du monde dans les moments difficiles."

 

Joueur Taille Poste Club
Joël Ayayi 1,96 2 Gonzaga (NCAA)
Kenny Baptiste 1,98 3 UJAP Quimper (Pro B)
Lucas Bourhis 1,78 1 ADA Blois (Pro B)
Maxime Carene 2,09 5 CSP Limoges
Yohan Choupas 1,90 1-2 Pau Lacq Orthez
Marko Coudreau 2,04 4 North Dakota
Karlton Dimanche 1,92 1 Cholet Basket
Mathis Dossou Yovo 2,05 5 ALM Evreux (Pro B)
Jacques Eyoum 1,95 3-4 Le Mans SB
Sydney Hawmmond 2,13 5 CSP Limoges
Calvin Hippolyte 1,98 3 La Havre (NM1)
Florian Leopold 2,03 4-5 Cholet Basket
Yoann Makoundou 2,06 4-5 Cholet Basket
Babacar Niasse 1,92 2 Denain (Pro B)
Johan Randriamananjara 1,99 3 JL Bourg
Théo Rey 1,91 1 JL Bourg
Hugo Robineau 1,96 2 Cholet Basket
Génération 2001    
Joueur Taille Poste Club
Gerald Ayayi 1,88 1 Pau Lacq Orthez
Milan Barbitch 1,96 1-2 Paris Basketball (Pro B)
Hugo Besson 1,91 2 Elan Chalon
Malcolm Cazalon 1,98 3 Mega Leks (Serbie)
Timothé Crusol 1,9 1-2 CSP Limoges
Hugo Benitez 1,87 1 JL Bourg
Léo Billon 1,97 1-2 Boulazac
Anthony Da Silva 1,86 1-2 Nanterre 92
Tom Digbeu 1,96 2 Prienai (Lituanie)
Melvyn Ebonkoli 2,01 4 Putnam Academy
Samuel Eyango Dingo 2,07 4-5 Nanterre 92
Matthieu Gauzin 1,91 1-2 Le Mans
Killian Hayes 1,96 1 Ulm (Allemagne)
Ismaël Kamagate 2,11 5 Paris Basketball (Pro B)
Théo Malédon 1,92 1 LDLC ASVEL
Louis Marnette 1,91 2 Souffelweyersheim (Pro B)
Essome Miyem 2,08 5 Strasbourg IG
Sya Plaucoste 1,92 2 ADA Blois (Pro B)
Shawn Tanner 1,97 2-3 Sharks Antibes (Pro B)
Lorenzo Thirouard 1,97 2-3 Metropolitans

 

Surtitre: 
EDF JEUNES
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Mardi, 16. Juin 2020
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C’est à Klaipeda, en Lituanie, que l’Equipe de France U20 masculine devait disputer son Championnat d’Europe, du 11 au 19 juillet. Dans une catégorie où les absences dictent souvent les choix du sélectionneur, la cuvée 2020 aurait pu permettre de viser haut.
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FIBA
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Générations complémentaires

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"C’est pour moi une très belle génération", estime Jérôme Fournier, l’entraîneur des U20 féminines. "Dans la continuité de l’été dernier cela aurait permis de solliciter les 2000 qui ont déjà participé à l’Euro 2019, associées à cette formidable génération 2001 qui a fait la démonstration, avec des effectifs à géométrie variable, qu’elle pouvait toujours performer."

Il y a un an, à Klatsvy, en République Tchèque, la France avait décroché une médaille de bronze et s’était appuyée sur 4 éléments nées en 2000, toujours éligibles aujourd’hui dans la catégorie U20. L’une d’elles, qui faisait ses débuts en compétition internationale, avait été une véritable révélation. A 19 ans, Serena Manala est un profil rare dans le basket féminin français. Ses 2,02 m et sa puissance en font potentiellement une arme fatale, à condition de s’adapter à ses caractéristiques. "Ce n’est pas une petite adaptation, c’est une grande adaptation", sourit Jérôme Fournier. "Tous les repères changent avec elle. Ce n’est pas qu’elle est mieux traitée, c’est qu’elle est traitée différemment. Le travail réalisé en 2019 était exceptionnel. On imaginait que ce serait encore mieux cet été. Je crois vraiment en Serena. Qu’en l’accompagnant on peut l’amener en Equipe de France."

A ses côtés, Océane Monpierre, Hélène Jakovljevic et Nabala Fofana avaient également posé un pied sur le podium. Du trio, Monpierre est celle qui a trouvé le plus large champ d’expression en Ligue Féminine. Avec Roche Vendée elle passe 18 minutes en moyenne sur les parquets de LFB pour 7,6 points et 3,4 rebonds de moyenne. Non retenue il y a un an, l’intérieure Sixtine Macquet semble avoir réalisé ces derniers mois d’immenses progrès. Le 19 janvier dernier elle s’est ainsi fendue de 22 points en 24 minutes face à Montpellier. Une efficacité que l’on retrouve dans son rendement impressionnant de 6,2 points en 11 minutes par match.

Elles sont rares cependant à pouvoir évoluer dans l’élite et comme chez les 1999 avant elles, nombre de joueuses avaient décidé de poursuivre leur aventure basket aux Etats-Unis. Les expatriés constituaient près de 50% de l’équipe en 2019 et si plusieurs étudiantes US figuraient encore dans le groupe élargi pensé par Jérôme Fournier, leur impact allait diminuant : "L’équipe reposait en partie sur les Américaines il y a un an. Leur apport aurait été plus marginal cette année."

Une situation liée notamment à la présence de la génération 2001, championne d’Europe U16 en 2017 et troisième du championnat d’Europe U18 2019 malgré les absences de Marine Fauthoux, Iliana Rupert, Zoé Wadoux et Kendra Chery. Un résultat qui démontre la richesse de cette génération. "Le vivier est très important et le mélange vraiment très intéressant, la complémentarité réelle." D’autant plus vrai qui si les grands gabarits figuraient majoritairement chez les plus âgées, les arrières pullulent chez les plus jeunes. "Il y a des joueuses qui aiment scorer, avec de l’agressivité dans le tir et le drive. J’ai toujours aimé avec un process défensif. Et c’est notre public en France. Mais pour le coup cette équipe avait bien plus de talent offensif." Pas épargnée par les blessures, Wadoux demeure une redoutable menace extérieure. A 19 ans Chery est déjà bien intégrée dans la rotation de Roche Vendée en LFB (16 minutes). Il en va de même pour Marie Pardon à Tarbes (4,5 points en 23 minutes) tandis que Janelle Salaun, élue dans le cinq idéal de l’Euro U18 l’été dernier, a été plus discrète dans une plus grosse cylindrée (10 minutes à Charleville).

Si la NCAA était la destination tendance il y a peu, c’est désormais la Ligue Féminine 2 qui a retenu les préférences des prospects. Elles sont nombreuses à y tenir un véritable rôle. De quoi répondre à une problématique qui avait pénalisé la catégorie depuis quelques années. Là où les U18 ont décroché 9 podiums en 10 ans, les U20 n’en ont obtenu que 3. "En France nos jeunes joueuses jouent peu, contrairement aux autres nations", pointe du doigt Jérôme Fournier. "L’avance que le système du Pôle France et des centres de formation nous offraient en U16 ou U18 se comblaient par la suite." Une analyse que l’entraîneur fédéral tempère cependant. "La catégorie U20 aujourd’hui encore plus qu’hier affronte un frein à la performance collective, c’est le fait qu’elle ne pouvait compter sur les meilleures joueuses. De Valériane Ayayi en 2014 et je peux prends toutes les années dans la foulée. Tant mieux pour notre système. Quand tu n’as pas une génération exceptionnelle, c’est plus difficile. Mais on ne va pas refaire l’histoire."

Valériane Ayayi, Alexia Chartereau, Marine Fauthoux, Iliana Rupert, le basket français n’a eu de cesse de se renouveler depuis plusieurs années, assurant un maintien constant au sein du gratin mondial. La génération 2000, si elle ne comptait pas dans ses rangs des talents de cette dimension, laissera malgré tout une marque dans l’histoire. "Je voulais faire en sorte qu’elles puissent faire le deuil d’une équipe nationale sur une bonne note", conclut Jérôme Fournier. "Au-delà de la médaille de bronze de l’année dernière, l’état d’esprit dans lequel elles se sont investies et leur mentalité étaient extraordinaires. C’est une génération qui aime l’Equipe de France et il y avait beaucoup de tristesse de leur part à ne pas terminer sur une compétition."

Génération 2000

Joueuse Taille Poste Club
Coralie Chabrier 1,69 1 LDLC Asvel Féminin
Margot De Freitas 1,88 4-5 Toulouse MB (LF2)
Nabala Fofana 1,86 5 Nantes Rezé
Caroline Germond 1,70 1 South Plains College (JuCo)
Maria Guramare 1,88 4 Harvard (NCAA)
Hélène Jakovljevic 1,77 2 Landernau Basket
Diaba Konate 1,70 1 Idaho State (NCAA)
Sixtine Macquet 1,96 5 Charnay Basket
Serena Manala 2,02 5 Basket Lattes Montpellier
Jessica Mavambou 1,84 4 As Aulnoye (LF2)
Sirine Mehadji 1,90 4-5 Basket Landes
Océane Monpierre 1,70 1 Roche Vendée BC
Kenza Salgues 1,75 2 Miami (NCAA)


Génération 2001

Joueuse Taille Poste Club
Kendra Chery 1,85 3-4 Roche Vendée Basket
Yohanna Ewodo 1,82 3 C' Chartes BF (LF2)
Ewl Guennoc 1,74 1 USO Mondeville Basket (LF2)
Camille Hillotte 1,81 2-3 C' Chartes BF (LF2)
Jade Hamaoui 1,81 2 Bourges Basket
Anaia Hoard 1,78 2 Wake Forest (NCAA)
Tenin Magassa 1,90 5 COB Calais (LF2)
Eve Mahoutou 1,82 3-4 Reims BF (LF2)
Marie Pardon 1,78 1 Tarbes GB
Janelle Salaun 1,88 3-4 Flammes Carolo 
Zoé Wadoux 1,78 2 ESB Villeneuve D'Ascq 
Eve Wembanyama 1,82 5 LDLC ASVEL Féminin
Olivia Yale 1,78 2-3 Reims BF (LF2)

 

Surtitre: 
EDF Jeunes
Auteur: 
Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Lundi, 8. Juin 2020
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Catégorie 2: 
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C’est à Sopron, en Hongrie, que l’Equipe de France U20 féminine devait disputer son Championnat d’Europe, du 8 au 16 août. Cet été leur entraîneur, Jérôme Fournier, pouvait travailler sur deux années d’âge (2000 et 2001), une possibilité qui offrait de réelles perspectives aux Bleuettes.
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FIBA
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L’avenir en grand

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Alors que les différents championnats sont à l’arrêt pour lutter contre le COVID 19, la FFBB vous propose de découvrir quelques-uns des meilleurs prospects français. On termine aujourd’hui notre tour d'horizon avec le phénomène Victor Wembanyama, international U16 l’été dernier.

Quand on atteint 1,80 m sous la toise à 10 ans, passer inaperçu est compliqué… Quand six ans plus tard on culmine à 2,18 m et qu’on laisse l’Europe du basket pantois lors de sa première compétition internationale d’envergure, se cacher n’est plus au programme. Sa famille et le club de Nanterre 92 font pourtant tout pour protéger Victor Wembanyama d’une attention qui ne fera que croître dans les années à venir. Inutile de prendre des gants, le basket français n’a jamais élevé en son sein un potentiel comme celui de ce jeune homme de 16 ans. Le jeu des comparaisons est vain. Même en élargissant le spectre au basket mondial. Nombreux sont ceux qui évoqueront le cas Kristaps Porzingis. Le Letton de 2,21 m présente lui aussi une combinaison de taille, d’adresse et de mobilité totalement hors normes. "Mais ce n’est pas le meilleur exemple", glisse dans un sourire le principal intéressé. "Il y a des aspects offensifs qui sont absents de son jeu et que je voudrais atteindre. C’est difficile de trouver un joueur auquel s’identifier. Je me dis que c’est à moi de devenir le point de comparaison des autres." Une sortie qui pourrait passer pour de la prétention adolescente si elle n’était pas tout simplement le constat implacable d’une réalité incontournable : Victor Wembanyama est un modèle unique

Une organisation spéciale

Son développement requiert donc une mobilisation inédite pour son club. C’est une véritable cellule Wembanyama qui s’est mise en place pour organiser les semaines de la pépite, élève (avec un an d’avance) en première au lycée. "De par son potentiel, son profil, ses caractéristiques, on ne peut pas le traiter comme un espoir lambda. Il y a toute une organisation à mettre en place autour de son développement", admet aisément Pascal Donnadieu. Un entraîneur des pros qui a suivi avec attention l’évolution du joueur dans les catégories de jeunes. Lorsque celui-ci a quitté Le Chesnay Versailles pour les Hauts-de-Seine, c’est son frère, Frédéric, aujourd’hui General Manager, qui a dirigé Wembanyama lors de ses premiers entraînements en U11. C’est dans cette catégorie que Michael Allard, alors entraîneur à Nanterre, avait découvert celui qu’il avait pris pour un assistant coach avant de le voir s’aligner sur le parquet. Avec l’accord de ses parents, ce gabarit exceptionnel avait rejoint Nanterre pour y poursuivre sa formation. U11, U13, U15, U18, espoirs il continue de grandir, au propre comme au figuré, et est même rentré en jeu en EuroCup, alors qu’il n’avait pas encore fêté son 16e anniversaire.



Concilier ambition et patience, développement et efficacité est un exercice délicat pour le club et pour tous les entraîneurs mobilisés autour du phénomène, qui évolue dans un cocon familier et protecteur : "Mon frère Frédéric a un lien très fort avec lui et une proximité avec ses parents", explique Pascal Donnadieu. "Il fait régulièrement des points avec eux pour gérer toutes les sollicitations qui l’entourent. Vincent Dziagwa, notre préparateur physique, s’en occupe tout le temps. Il a des entraînements personnalisés avec Michael Bur, coach des espoirs, Jessy Valet coach des U18 et Philippe Da Silva, assistant coach avec les pros." Avec l’élimination en Coupe d’Europe, Wembanyama devrait commencer à participer à quelques entraînements avec le groupe de JeepElite même si plusieurs obstacles demeurent. "La priorité numéro un c’est l’école", prévient ainsi Michael Bur. "Ensuite l’objectif c’est de le développer physiquement. En fonction de ses cours on place trois séances de musculation par semaine." En dépit de sa taille, le joueur demeure un adolescent encore frêle. Pas question de risquer une blessure en le jetant trop tôt en pâtures à des hommes aguerris aux combats dans la raquette. "Il est forcément hors normes. Ce qui rend les choses complexes c’est sa technicité avec les jeunes et son physique lorsqu’il évolue avec les professionnels", note Pascal Donnadieu.

Un profil unique

En 2018/19, Wembanyama, né en 2004 et donc U15, a évolué avec les U18 du club qui ont atteint le Final Four. Cette saison, s’il a participé à deux rencontres U18 lors de la première phase, c’est avec les espoirs qu’il s’exprime. Face à des éléments parfois plus âgés de 5 ans ! Il y bénéficie de 20 minutes de temps de jeu par match pour 10,2 points, 4,5 rebonds et 3,3 contres de moyenne. Meilleur contreur du championnat il a également tenté sa chance à 27 reprises à trois-points lors des 11 premières rencontres, un rappel de son profil totalement inédit. "C’est un phénomène du fait de sa taille, de son envergure et de sa technique", relève Pascal Donnadieu. "Je n’ai jamais vu un joueur avec un profil physique pareil avoir des mains et une dextérité aussi au-dessus de la moyenne. Il a cette faculté à s’écarter du panier et il ne faut pas le faire jouer contre nature. Il faut trouver le bon alliage entre le fait qu’il se retrouve près du panier offensivement comme défensivement, sans lui interdire d’aller jouer à l’extérieur."

L’été dernier, à Udine en Italie, c’est sur le plan défensif que Wembanyama avait marqué l’Euro U16 de son empreinte. La France avait atteint la finale de la compétition dans le sillage de son sémaphore, élu dans le cinq idéal. 7 contres face à la Serbie, 21 rebonds et 8 contres face à la Croatie, sa vitesse de déplacement, son agilité et son timing constituaient une combinaison mortelle pour les adversaires des Bleuets. Un impact de ce côté du terrain loin d’être attendu par le staff comme par le joueur lui-même. "J’ai toujours fait des contres parce que j’étais grand et coordonnée", analyse-t-il. "Mais jamais par la lecture du jeu comme avec l’Equipe de France. C’est devenu un plaisir." Un plaisir résultat d’une prise de conscience, alors que ses premiers pas avec les U16, lors du tournoi de Bellegarde quatre mois avant l’Euro, avaient été plus que compliqués. Au point que Bernard Faure envisageait un instant de ne pas emmener son géant en Italie. "C’est vrai que cette  idée  m’a  traversé l’esprit une seconde", rappelait-il à son retour d’Udine. "Il était là pour apporter sa taille et on le voyait vraiment souffrir  face  à  des  adversaires  qui  avaient  un  physique  complètement  différent. À partir de ce moment, on a essayé de le mettre dans des  conditions  optimales pour avancer. Il est revenu au mois de juin avec une toute autre approche qui montre que c’est un garçon intelligent, qui sait s’adapter. Au fur et à mesure de la  préparation, vu ses progrès il n’y avait plus de questions à se poser, sa présence était une évidence.  Maintenant avec quel statut ? On était tous loin de penser qu’il allait nous changer l’équipe et  bousculer la hiérarchie comme il l’a fait."

Liberté et cadrage

Une performance qui ne fait qu’amplifier les attentes pour un joueur déjà courtisé par le FC Barcelone (il avait participé à la Mini Copa Endesa en février 2018 sous les couleurs catalanes), mis en avant sur le géant des médias américains ESPN et suivi par les scouts NBA en prévision de la draft. Et pourtant, avec un naturel désarmant, Victor Wembanyama estime que ceux qui l’ont découvert l’été dernier "n’ont vu que 50% de mon jeu". Une analyse partagée par Michael Bur. "A l’Euro U16 j’ai beaucoup aimé la dimension dissuasion. On a découvert un Victor avec de la gnaque, de l’énergie, de l’intensité. Mais offensivement on n’a pas vu son potentiel." Une perspective effrayante sur laquelle il travaille avec application, continuant de développer des savoir-faire habituellement étrangers à des joueurs de sa taille. "On ne m’a jamais bridé", précise-t-il. "J’ai eu la chance de toujours avoir des entraîneurs bienveillants qui ne me fermaient aucune voie." Celle qui doit l’amener à devenir un joueur qui n’existe pas. "Il peut réaliser des choses dignes d’un poste 1 ou 2. Ça me sidère", souffle Pascal Donnadieu. "Il réalise des prouesses techniques avec une facilité... Après on essaye de temps en temps de le freiner parce qu’il s’enflamme un peu." "Victor tente des passes venues d’un autre monde parfois", sourit Michael Bur. "Des trucs que personne n’a vu. Parfois ça passe, parfois non. C’est un joueur à part à qui il faut laisser une certaine liberté. Il faut jongler entre la liberté et le cadrage."



En dépit de ses interminables segments, Victor Wembanyama possède une aisance balle en main, une vista et une stabilité sur son tir extérieur que ses formateurs ne peuvent ignorer. "Ce n’est pas un intérieur, ce n’est pas un extérieur", avance Michael Bur. "Avec Victor tout va plus vite. Il faut constamment s’adapter, trouver des exercices. C’est une éponge et il faut se creuser la tête. Il fonctionne à base de challenges. Quand on lui en fixe un et qu’il l’atteint, il faut passer à autre chose." Au-delà d’un physique à renforcer pour tenir le choc chez les professionnels, le Nanterrien doit également se concentrer sur son niveau d’intensité et d’investissement. Une détermination qui lui avait permis de briller à l’Euro U16 et qu’il doit afficher quotidiennement à Nanterre. "Il demande à ce que l’on soit plus exigeant. Et quand on le pique au vif, il réagit", positive Michael Bur. "Ce qui est impressionnant c’est que Victor adore le basket. Pour lui c’est un plaisir avant tout. Il a toujours la banane quand il vient aux entraînements. Mais il sait se faire mal, demande des conseils et veut toujours en faire plus."

Les Jeux dès 2024 ?

Autour de lui, tout un club est mobilisé. Le Palais des Sports Maurice Thorez lui est ouvert quand son emploi du temps le permet, le secteur médical est concerné pour éviter les blessures et une attention toute particulière est portée à la nutrition. Une individualisation du suivi qui pourrait susciter quelques tensions auprès des autres pensionnaires du centre de formation. "Je suis toujours dans la communication et l’explication", désamorce Michael Bur. "Aujourd’hui Victor a prouvé des choses, lors de l’Euro U16 notamment. Mais si je dois le suspendre pour l’école je le ferai. Il n’y a pas de jalousie à Nanterre. Notre cri c’est Nanterre tous des frères. Le club se mobilise et c’est normal. Il le mérite. C’est une bonne personne au-delà de son talent. Les autres joueurs le comprennent d’autant plus que certains ont été ses coéquipiers depuis U11 ou U13. Et ils réalisent que si nous sommes par exemple invités au tournoi juniors de l’Euroleague, c’est grâce à lui."

Du 7 au 9 février, les U18 de Nanterre étaient à Kaunas en compagnie du Zalgiris, de la Joventut Badalone ou du Fenerbahçe Istanbul. Une nouvelle occasion pour les scouts d’évaluer le potentiel d’un joueur qui suscite convoitises et curiosités. Mais qui reste pour le moment à l’écart de toute forme d’agitation : "On me protège et ça me va très bien. C’est ce que je préfère", sourit-il. "Nanterre dit non à beaucoup de choses… à tout en fait. En temps voulu, et avec les personnes que l’on souhaite, on acceptera." En attendant, Wembanyama se projette vers sa fin de saison et la Coupe du Monde U17 qui se déroulera à Sofia du 4 au 12 juillet. Avec l’envie de poursuivre son entreprise de démolition débutée en U16 : "J’avais l’envie de dominer l’adversaire. Et je suis toujours comme ça aujourd’hui."

Un état d’esprit conquérant qui doit le mener loin. Très loin. Car un tel potentiel suscite bien évidemment des attentes immenses. Le joueur en a conscience et semble gérer plutôt bien l’étiquette de licorne qui lui colle désormais à la peau. "Il est resté le même et ses parents lui gardent les pieds sur terre", estime Pascal Donnadieu. "Au-delà de son potentiel immense, Victor a le plaisir de jouer. Et pour un garçon de 16 ans c’est capital de garder cette joie, cet enthousiasme." Si Nanterre a servi de tremplin à des internationaux comme Edwin Jackson, Adrien Moerman ou Evan Fournier par le passé, la réussite d’un enfant du club aurait une saveur encore plus particulière. "Son avenir ? Une grande carrière NBA bien évidemment", se lance Donnadieu qui n’oublie pas sa casquette d’assistant coach de l’équipe nationale. "S’il pouvait être le leader de l’Equipe de France à moyen ou long terme… Paris 2024 ? On ne peut rien s’interdire. Même s’il est jeune et que ça paraît fou…" Avec Victor Wembanyama tout est forcément géant.

Surtitre: 
Prospects
Auteur: 
Par Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Dimanche, 12. Avril 2020
Vignette: 
Chapeau: 
A 16 ans, Victor Wembanyama (2,18 m) est le plus grand espoir du basket français. Dans tous les sens du terme. Ses prestations à l’Euro U16 l’été dernier n’ont fait que nourrir fantasmes et attentes autour d’un joueur au profil unique, couvé par son club de Nanterre 92.
crédit: 
Bellenger/IS/FFBB

Moussa d’Amérique

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Alors que les différents championnats sont à l’arrêt pour lutter contre le COVID 19, la FFBB vous propose de découvrir quelques-uns des meilleurs prospects français. On poursuit notre tour d’horizon avec Moussa Diabate, international U18 l’été dernier.

A l’été 2018, Bernard Faure, l’entraîneur de l’Equipe de France U16, attendait avec curiosité le retour sur nos rivages de Moussa Diabate, exilé depuis deux ans aux Etats-Unis, pour l’Euro U16. Avec les Bleuets, le jeune homme marque les esprits : 11,1 points et 10,3 rebonds de moyenne dont une partition monumentale en quarts de finale face à la Serbie avec 16 points et 17 rebonds. A l’été 2019, Lamine Kébé, l’entraîneur de l’Equipe de France U18, attendait avec curiosité le retour sur nos rivages de Moussa Diabate exilé depuis trois ans aux Etats-Unis, pour l’Euro U18. Avec les Bleuets, le jeune homme marque les esprits : 13,1 points, 11,1 rebonds de moyenne et un découpage en règle de la Grèce en phase de poule avec 14 points et 20 rebonds.

La fuite

En deux compétitions internationales, Moussa Diabate a balayé les doutes concernant son évolution loin des structures de formation du basket français. L’ancien joueur de la Saint-Charles Charenton fait partie des tous meilleurs prospects mondiaux de sa classe d’âge. Ses qualités athlétiques sont époustouflantes, son niveau d’intensité spectaculaire et sa marge de progression encore bien réelle, lui qui compte à peine plus de six ans de basket dans les jambes. "S’il n’a pas de pépins, il sera drafté, j’en suis persuadé", tranche sans hésitation Lamine Kébé. Son départ en novembre 2016 avait beaucoup fait parler dans le tout petit monde des formateurs du basket francilien. Diabate a alors 14 ans et débute sa deuxième saison en U15 France avec la Saint-Charles Charenton. Son duo avec Daniel Batcho fait saliver les spécialistes. L’équipe du Val de Marne enchaîne les victoires mais après cinq journées et alors qu’il est attendu avec l’Ile de France au Camp Inter Zones au Temple sur Lot, le Parisien disparaît. Les dirigeants de Charenton n’auront plus de nouvelles de leur pépite, orientée par un intermédiaire vers le lycée de Montverde en Floride. Un dépaysement total pour un joueur aussi jeune. Et si la destination est prestigieuse, l’établissement ayant vu passer des stars comme Ben Simmons ou D’Angelo Russell, l’adaptation s’avère particulièrement ardue. "J’ai eu des moments de prise de conscience qui ont été très importants dans ce que je fais aujourd’hui", estime Moussa Diabate. "A Montverde, après deux mois c’était terriblement difficile. Je devais m’habituer à un nouveau jeu. Je ne comprenais rien, je ne parlais pas anglais. Je n’étais même pas dans l’équipe 1. J’étais loin. Je me demandais ce que je faisais là."

Malgré l’envie de trouver rapidement un billet retour, Diabate s’appuie sur sa foi et son talent pour s’accrocher et gravir les échelons. Depuis, il a changé chaque année d’institution et figure désormais dans le top 10 des joueurs de high school du pays. Michigan, Kentucky ou Florida sont sur les rangs pour l’accueillir. Théoriquement en 2021. Mais le prospect pourrait choisir de "reclassifier" pour débuter sa carrière universitaire dès la rentrée prochaine plutôt que de faire une ultime année de high school, où le niveau d’opposition et d’exigence collective est à géométrie variable. "Lors de ma deuxième saison je tombais parfois contre des petits qui ne savaient pas sauter et à peine jouer. C’est pour cela que j’ai changé." A DME Academy puis IMG Academy, Diabate s’impose et en impose, intégrant tous les codes d’un basket centré sur l’individu. "C’est un vrai business. Les qualités individuelles priment sur le basket d’équipe. Surtout en AAU (ndlr : circuit parallèle au championnat disputé l’été). C’est du cirque parfois. En France si tu es le plus fort de ton équipe et que tu perds tous les matches, personne ne te regardera. Les Européens ont une meilleure approche. Ce qui compte c’est ce que tu montres sur le terrain, pas les vidéos sur Youtube."



Un sentiment de revanche

Pour Diabate, la question ne se pose plus. Tous les regards des scouts sont portés sur son physique longiligne de 4/3. Et ses prestations lors des deux Euros jeunes qu’il a disputés ont confirmé son immense talent dans un contexte très éloigné de sa réalité américaine. "Les compétitions internationales m’ont vraiment aidé sur mon jeu", estime-t-il. "Mais si j’étais resté aux Etats-Unis j’aurais aussi développé mon basket. C’était surtout une question personnelle. J’aime la compétition. Quand on me parlait d’Ousmane Garuba (ndlr : pivot de l’Espagne U18 déjà vu en Euroleague avec le Real Madrid), je voulais voir par moi-même. Et puis faire la préparation à l’INSEP ça voulait dire vraiment quelque chose. Je trouve qu’on m’a regardé de haut. On m’a sous-estimé."

"Celui qui n’avait pu intégrer le pôle espoirs d’Ile de France en a gardé un souvenir amer qui a sans doute guidé ses envies d’ailleurs. "Au début je ne voulais plus revenir en France. Je voulais couper les ponts. Pour grandir… et par vengeance.Désormais apaisé et remarquablement lucide sur son environnement, Diabate a puisé dans deux univers pour devenir un monstre de polyvalence. "J’étais très curieux quand il est arrivé au stage. Et sans a priori", note Lamine Kébé. "Au bout de 15 minutes d’entraînement on a su qu’il serait dans l’équipe et avec un rôle important. Il dégageait un énorme enthousiasme et une grande motivation. Il est vite devenu un leader vocal malgré le fait qu’il avait un an de moins et qu’il évoluait avec des joueurs qu’il ne connaissait pas forcément. Il a eu des difficultés pour se mettre à niveau tactiquement. Mais il a fait beaucoup d’efforts, il posait énormément de questions et était en demande régulièrement de l’évaluation de ses performances. Je n’ai pas ressenti cette idée de revanche chez lui mais une détermination constante. L’envie de montrer qu’il est le plus fort. Mais pas contre les autres, une motivation très positive."

Leader naturel, Diabate, qui vient de fêter ses 18 ans, s’est vu fixer deux axes de développement par son entraîneur en Equipe de France. Son tir extérieur tout d’abord, avec la volonté de développer un tir à trois-points indispensable dans le basket moderne. Son sens du jeu ensuite avec une attention particulière portée au spacing et aux placements sur le terrain. Parti sur un coup de tête, le jeune homme a eu la volonté et la chance de ne pas sombrer loin de chez lui, alors que de nombreux autres succombent aux sirènes américaines pour revenir en manque de repères et de débouchés. Les siens sont plus clairs et se résument en trois lettres : NBA.

Surtitre: 
Prospects
Auteur: 
par Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Vendredi, 27. Mars 2020
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Chapeau: 
Après avoir quitté la France à 14 ans, Moussa Diabate (2,08 m, 18 ans) est devenu un des meilleurs joueurs de high-school aux Etats-Unis. Courtisé par les plus prestigieuses universités américaines, l’ancien de la Saint-Charles Charenton ne devrait pas attendre longtemps avant de se présenter à la draft.
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FIBA

La tête et les jambes

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Alors que les différents championnats sont à l’arrêt pour lutter contre le COVID 19, la FFBB vous propose de découvrir quelques-uns des meilleurs prospects français. On poursuit notre tour d’horizon avec Maxime Raynaud, international U16 l’été dernier.

Astrophysicien ou joueur NBA. Maxime Raynaud hésite encore. "Je ne veux me fermer aucune porte", acquiescet-il dans un sourire. "Les deux sont des rêves et je travaille à pouvoir conserver ce choix le plus longtemps possible." L’échange peut paraître lunaire mais prend tout son sens avec ce jeune homme de 16 ans, aussi à l’aise sur les parquets que sur les bancs de l’école. Une situation qui fait de Raynaud un cas à part dans le concert des meilleurs prospects français.

À l’heure où tous ses partenaires de jeu en Équipe de France ont rejoint le Pôle France ou un centre de formation, il a choisi de rester fidèle à son club de la Saint-Charles Charenton en U18 France. Une différence qui pourrait pénaliser Raynaud, médaillé d’argent l’été dernier avec les U16, conscient du challenge à relever. "Je me suis dit qu’un fossé énorme allait se creuser et que je ne serais pas en mesure de le combler", remarque-t-il en évoquant ses trois entraînements hebdomadaires là ou d’autres s’entraînent une à deux fois par jour. "Mais avec Charenton nous avons mis au point une organisation qui me permet de progresser tout en poursuivant dans mon lycée. Aujourd’hui j’en suis très content." Dominateur dans le championnat de France U18 (17,5 pts de moyenne) il sait toutefois que le niveau d’opposition est très éloigné de celui qu’il a pu observer lors du stage de l’Équipe de France U17 à l’INSEP début janvier.

Face à Victor Wembanyama (2,18 m) et Naoll Balfourier (2,15 m), le Parisien a dû s’adapter. "Quand quelqu’un te met deux têtes tu ne peux pas être mou", souffle-t-il, lui qui avait vécu des moments parfois compliqués dans un rôle secondaire avec les U16 à l’Euro (7 minutes de temps de jeu). "Quand tu n’es pas mis en avant comme c’est le cas à Charenton, sur le coup ça fait bizarre. Mais c’est très enrichissant d’apprendre à trouver sa place. Ça a été dur. Avec le recul je suis plus content que malheureux de cette campagne." Un niveau d’analyse remarquable pour un joueur de cet âge, désireux de ne pas se conformer à un cadre bien défini. "D’un point de vue social, pouvoir mêler les deux univers, basket et études, est très intéressant pour mon développement personnel." Car Henri IV n’est pas un lycée comme les autres. Situé dans le 5e arrondissement de Paris l’établissement est connu pour son élitisme et n’avait encore jamais vu passer un OVNI comme Maxime Raynaud au moment de gérer sa demande d’une fin anticipée des cours pour rejoindre la préparation de l’Équipe de France. "Habituellement il s’agit plutôt de demandes qui concernent les arts ou la musique. Pour le sport c’est une première. Mais le lycée est emballé."

À la fin de la saison, le joueur devra à nouveau se pencher sur son mode de fonctionnement et la nécessité de multiplier les entraînements pour continuer à exploiter une mobilité et une vision du jeu assez rares pour un tel gabarit.

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Prospects
Auteur: 
par Julien Guérineau
Date d’écriture: 
Samedi, 21. Mars 2020
Vignette: 
Chapeau: 
C’est un profil totalement atypique dans le basket français de jeunes. Maxime Raynaud (2,12 m, 16 ans) a fait le choix de ne pas intégrer un centre de formation ou le Pôle France pour poursuivre sa scolarité au prestigieux Lycée Henri IV, à Paris.
crédit: 
Bellenger/IS/FFBB

Les U17 masculins également avec le pays hôte

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La Coupe du Monde U17 masculine se déroulera du 4 au 12 juillet à Sofia en Bulgarie.

Groupe A : Canada, Australie, Italie, Egypte
Groupe B : Chine, République Dominicaine, France, Bulgarie
Groupe C : Turquie, Corée, Argentine, Espagne
Groupe D : Russie, Etats-Unis, Mali, Japon ou Nouvelle-Zélande

La génération 2003 emmenée par Bernard Faure avait réalisé un brillant parcours l'été dernier à l'Euro, se hissant jusqu'en finale et ramenant la médaille d'argent. Une performance qui peut laisser espérer des chances de médaille mondiale dans quelques mois en Bulgarie.

Surtitre: 
Equipes de France jeunes
Auteur: 
Kévin Bosi (FFBB)
Date d’écriture: 
Vendredi, 6. Mars 2020
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Chapeau: 
Egalement placée dans le groupe du pays hôte de la Coupe du Monde U17 (4 au 12 juillet en Bulgarie) tout comme les U17 féminines hier, l'Equipe de France U17 masculine a hérité d'un groupe composé de la Bulgarie, de la Chine et la République Dominicaine.
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(Crédit : FIBA)

Les U17 féminines avec le pays hôte

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La Coupe du Monde U17 féminine se déroulera du 15 au 23 août à Cluj-Napoca en Roumanie. 

Groupe A: Italie, Canada, Corée, Egypte
Groupe B: Mali, Etats-Unis, Australie, Espagne
Groupe C: Lituanie, Russie, Japon, Chili
Groupe D: Roumanie, France, Chine, Porto Rico

La génération 2003, coachée par Julien Egloff, est arrivée 4ème place de l'Euro U16 2019, et se place en outsider dans la course à la médaille mondiale. 

Surtitre: 
Equipes de France jeunes
Auteur: 
Kévin Bosi (FFBB)
Date d’écriture: 
Mercredi, 4. Mars 2020
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Catégorie 2: 
Chapeau: 
Le tirage au sort de la Coupe du Monde U17 féminine a eu lieu ce mercredi à Cluj-Napoca (Roumanie). L'Equipe de France U17F a été placée dans le groupe D avec la Roumanie, la Chine et Porto Rico.
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(Crédit : FIBA)

U20 Féminine : 20 joueuses convoquées en stage

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"Les joueuses arriveront le lundi au Temple-sur-Lot et repartiront le vendredi matin. Pendant ces 3 jours pleins, nous n’aurons pas beaucoup de temps. Donc, je vais surtout m’attarder à bien évaluer les joueuses, à la fois sur le terrain mais aussi en dehors, à m’entretenir avec elles pour évaluer leurs motivations par rapport au projet d’équipe nationale. Je vais le faire en prenant le plus de précaution pour faire une évaluation la plus bienveillante et la plus pertinente possible" confie Jérôme Fournier, l’entraîneur.

L’année passée, plusieurs joueuses convoquées évoluaient – et évoluent toujours – au sein du championnat universitaire américain (NCAA). "Cette année, sur ce premier regroupement, il n’y a pas de joueuses issues des universités américaines car elles sont en plein dans leur saison et ne peuvent donc pas venir nous rejoindre. Je vais lister ces joueuses dans le cadre d’un deuxième rassemblement qui aura lieu en mai car, à cette période-là, elles auront terminé leur saison."

Composition de l'équipe :

 

NOM

Prénom

Taille 
(en mètres)

Club

1

CHABRIER

Coralie

1,69

LDLC Asvel Féminin

2

CHERY

Kendra

1,85

Roche Vendée Basket

3

DE FREITAS

Margot

1,88

Toulouse Métropole Basket

4

EWODO

Yohanna

1,82

C' Chartres Basket Féminin

5

FOFANA

Nabala

1,92

Nantes Reze Basket

6

GUENNOC

Ewl

1,74

USO Mondeville Basket

7

HAMAOUI

Jade

1,81

Bourges Basket

8

HILLOTTE

Camille

1,81

C' Chartres Basket Féminin

9

JAKOVLJEVIC

Hélène

1,77

Landerneau Bretagne Basket

10

MACQUET

Sixtine

1,96

Charnay Basket Bourgogne Sud

11

MAHOUTOU

Eve

1,82

Reims Basket Féminin

12

MANALA

Serena

2,02

Basket Lattes Montpellier Association

13

MAVAMBOU

Jessica

1,84

As Aulnoye

14

MEHADJI

Sirine

1,90

Basket Landes

15

MONPIERRE

Océane

1,70

Roche Vendée BC

16

PARDON

Marie

1,78

Tarbes GB

17

SALAUN

Janelle

1,88

Flammes Carolo Basket Ardennes

18

WADOUX

Zoé

1,78

Villeneuve D'Ascq ESB

19

WEMBANYAMA

Eve

1,82

LDLC Asvel Féminin

20

YALE

Olivia

1,78

Reims Basket Féminin

Entraineur : Jérôme Fournier
Adjoints : Virgile Abel et Damien Leroux
 
On retrouve ici des joueuses expérimentées qui ont remporté la médaille de bronze au Championnat d’Europe U18 Féminin en juillet dernier : Ewl Guennoc, Marie Pardon, Yohanna Ewodo, Camille Hillotte, Jade Hamaoui, Janelle Salaun et Eve Mahoutou ; et d’autres qui ont gagné la même médaille au Championnat d’Europe U20 Féminin en août dernier : Nabala Fofana, Serena Manala, Hélène Jakovjlevic et Océane Monpierre.
 
"La particularité de ce groupe est qu’il va se construire autour de deux générations : les joueuses qui sont nées en 2000 et celles qui sont nées en 2001. Donc, on peut imaginer qu’elles vont s’appuyer sur une histoire commune et c’est important" estime Jérôme Fournier. "Je compte sur elles pour qu’elles confirment tout le bien que l’on peut penser d’elles lors de ce stage" ajoute-t-il.
Surtitre: 
Equipe de France Jeune Féminine
Auteur: 
Christina Ly/FFBB
Date d’écriture: 
Vendredi, 17. Janvier 2020
Vignette: 
Chapeau: 
Jérôme Fournier a appelé 20 joueuses à participer au premier stage de préparation et d’évaluation qui se déroulera au Temple-sur-Lot du 3 au 7 février prochain. Ce stage marque le début du processus de sélection pour composer l’équipe qui participera au Championnat d’Europe U20 Féminin à Sopron (en Hongrie) en août prochain.

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